Charade monte les watts

Charade monte les watts
Lors de Charade Heroes, le pilote Nathanaël berthon avait pu tester une Formule E sur le circuit. L’induction permettra, à terme, d’organiser des compétitions d’endurance sur le site.

Pas de court-circuit pour Charade qui va entamer sa mue vers l’électrique et l’hydrogène. Collectivités publiques et partenaires privés réfléchissent sur les meilleures modalités pour y arriver. Une société par actions simplifiées va être constituée. Les premiers travaux débutent cette année.

Plus qu’une évolution, ce sera une vraie révolution. Et quelque part, une sorte de renaissance pour Charade. Si rien n’avait été fait, le célèbre circuit aurait certainement sombré dans l’oubli au fil des années. Le Département du Puy-de-Dôme, propriétaire du site, vient de lancer un vaste projet de développement axé sur la mobilité de demain : l’électrique, l’hydrogène, les véhicules autonomes… Mais il faut aller vite, « être dans les premiers pour gagner ce challenge », estime Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil départemental, qui a présenté le 14 mars les grandes lignes d’un futur dont on commence à entrevoir les contours.

Les prochains mois seront consacrés au montage juridique du projet. Le Département va ainsi déclasser le circuit en le faisant passer du domaine public au domaine privé, tout en en conservant la propriété. En septembre, une SAS (Société par actions simplifiées) sera constituée. Celle-ci rassemblera les collectivités locales (Département, Métropole et Région) et une majorité de partenaires privés. Michelin, Total, Alstom ou encore EDF devraient en faire partie. Après la signature d’un bail emphytéotique (de longue durée NDLR) avec le Département, la société sera chargée, à partir du 1er janvier 2020, d’exploiter le circuit et de porter le projet de développement du E-circuit.

Jean-Yves Gouttebel a donc demandé à l’un de ses conseillers départementaux, Jean-Paul Cuzin, – « un homme qui a toute ma confiance » – de piloter l’ensemble. L’ancien haut cadre Michelin observe que depuis plus d’un an « le monde de la mobilité connaît une révolution ». Pour lui, Charade doit donc s’orienter dans un premier temps vers la mobilité électrique, avant d’envisager ensuite l’hydrogène. Bien conscient qu’une fenêtre de tir est aujourd’hui ouverte : « mais il ne faut pas qu’on loupe le coche. »

Charade monte les watts
Jean-Paul Cuzin, Jean-Yves Gouttebel et Romain Sellier, le jour de la conférence de presse.

DEUX BORNES DE RECHARGE 

Dès cette année, le Conseil départemental a programmé près de 700.000 € de travaux sur le site. « Nous allons installer 800 m² de panneaux photovoltaïques sur les toits des stands. Deux bornes de recharge rapide supplémentaires pour véhicules électriques seront implantées sur la ligne droite des stands. Nous en avons déjà deux de 22 Kw mais elles ne sont pas suffisantes. Les nouvelles offriront entre 200 et 250 Kw de puissance. Enfin, nous allons effectuer la réfection complète de la 3ème partie du paddock. 1,3 hectare sera asphalté afin de pouvoir accueillir des clients intéressés par les activités de sécurité routière », détaille Romain Sellier, le directeur du circuit.

A plus long terme, Charade a pour ambition de devenir une véritable « ferme photovoltaïque », s’étendant sur 15 hectares. Tout ceci afin de rendre le circuit autonome en énergie. Un système de recharge des véhicules par induction, une technologie directement intégrée à l’asphalte, sera également déployé. « Elle sera placée dans les lignes droites du circuit, sur deux couloirs permettant de pouvoir recharger les véhicules même en phase de dépassement. » Le coût potentiel d’installation de cette technologie est chiffré à 5 millions d’€. 

Un nouveau bâtiment de 600 m² devrait aussi sortir de terre. Le « Paddock 1 » permettra d’héberger des starst-ups, PME et autres acteurs engagés sur la mobilité de demain. Un nouvel espace réceptif accueillera dans d’excellentes conditions les lancements de nouveaux produits, adossé à une terrasse à 360°.  

Jean-Yves Gouttebel a souligné que Charade pouvait devenir dans les prochaines années « l’un des pôles importants et attractifs du territoire. » Mais à l’image du projet de classement de la Chaîne des puys/Faille de Limagne, le chef de l’exécutif a rappelé que ce projet d’envergure ne pourra aboutir que si toutes les forces vives sont rassemblées.

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