Edito

Oyez, oyez bonnes gens, la triste et véridique complainte des supporters de l’ASM.

Ils ont le cœur enflammé et la foi chevillée au corps. Une vraie passion qui se remarque, un amour exclusif qui se partage. Rien de discret, en effet, dans cette « supporter attitude ». Leur préférence les amène à se vêtir de jaune et de bleu, enfiler des écharpes bicolores, brandir des calicots, disposer des drapeaux à leurs fenêtres ou témoigner de leur obsession sur les vitres de leurs voitures. Ils ne chérissent qu’un club et ne fréquentent assidûment qu’un temple : le Stade Marcel-Michelin, ancré dans l’ancienne entre-deux-villes, près d’une avenue qu’un ancien maire qualifiait de « Champs Élysée Clermontois ». Ah bon…Une quinzaine de fois par an, ils s’y retrouvent, applaudissant à tours de bras leurs « héros » musclés, hurlant leur enthousiasme, sifflant les adversaires dans une ambiance néanmoins bon enfant et sous les airs d’une banda joyeuse. Aux beaux jours, certains d’entre eux n’hésitent pas à parcourir les routes pour de longues migrations vers le sud ou l’ouest. Leur but ? Assister aux matchs-couperet et soutenir leurs « idoles » dans la quête du graal. Avec le succès que l’on connaît…

Aux abords du poteau

L’ASM, en effet, est une perle rare, une exception dans le monde du sport. Il est ce club qui brille de mille feux durant la saison, quand les résultats comptent pour du beurre, et qui échoue toujours lorsque les choses deviennent sérieuses. Souvent d’un rien, aux abords du poteau, parfois à la dernière minute dans des scénarii improbables… Et l’histoire se termine toujours de la même façon pour ces supporters que les journalistes sportifs, amateurs de clichés, qualifient de « yellow army ». A la fin, donc, les sourires se figent et ce sont les larmes qui coulent : l’« armée jaune » a des bleus à l’âme. « Perdu, encore perdu »…Pourtant, pour ces irréductibles, l’automne ramènera les beaux jours. L’espoir demeure, en effet, quand l’amour rend aveugle.

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