Edito

Demain matin, je n’irai pas au bureau. Le temps est venu de goûter aux saveurs de la pause estivale.

Les vacances, finalement, c’est comme un week-end. Un long week-end. Une pause au beau milieu de ce qui constitue le quotidien ordinaire et banal: boulot, dodo, tramway, télé…Une rupture nette des habitudes. Un changement de décor et de rythme. Ce capital-temps est gagné à force de semaines, de rendez-vous, de réveil qui sonne, d’ordinateur qui s’ouvre, de mails qui interpellent, de SMS qui dérangent. De repas précipités, de jours gris et humides. C’est un temps à part, donc, un temps bien-venu, aussi, qui a le mérite de casser le train-train et d’apporter davantage de répit que de repos. Les bienfaits de cette parenthèse estivale sont tout autant dans la perspective que dans la concrétisation. Les vacances, en effet, s’inscrivent dans nos têtes bien avant le jour J. Elles se dessinent, se profilent, nourrissent les envies, peuplent les conversations, animent les projets. Elles fonctionnent comme un horizon vers lequel on avance semaine après semaine avec un mélange d’impatience et de satisfaction. Si les vacances n’existaient pas, sans doute conviendrait-il de les inventer…

Inévitablement

Mais il serait erroné de prétendre que les vacances transforment radicalement nos contemporains. Plus exactement, ce temps à part génère chez l’humanus modernus d’autres habitudes et parfois d’autres servitudes dans une époque qui a horreur du vide, rejette l’improvisation, exècre l’esprit d’indépendance, la vraie liberté. Alors, le « vacancier » se précipite vers les autoroutes, bouchonne en bougonnant devant les péages, s’allonge sur la plage comme une sardine jetée dans une boîte de conserve, fréquente assidûment les usines à touristes et n’oublie pas, au passage, les objets connectés pour demeurer en prise avec un quotidien ordinaire qui, tantôt, l’exaspère, tantôt, le rassure…
Les vacances représentent, à coup sûr, une parenthèse mais elles sont rarement le début d’une histoire…

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