Didier Veillault : « chaque soirée est riche de plusieurs esthétiques musicales »

Didier Veillault : « chaque soirée est riche de plusieurs esthétiques musicales »

« On reste avant tout un festival grand public », affirme Didier Veillault.

Avec François Missonnier, il dirige le festival Europavox, dont la nouvelle édition a lieu du 27 au 30 juin. Tour d’horizon d’un évènement très attendu cette année encore.

Info – La programmation est un savant dosage entre des artistes connus et d’autres qui le sont moins. C’est toujours un pari pour vous de miser sur quelqu’un, n’est-ce-pas ?  

Didier Veillault – Il arrive parfois que l’on se trompe comme l’an dernier, où l’on programme Eddy de Pretto sur la petite scène du festival et où tout le monde voulait le voir. Je lui ai d’ailleurs dit dès la fin de son concert que nous souhaitions le programmer en 2019 sur la grande scène. Cela reste toujours un pari. Nous avons une dizaine de groupes de connus et une trentaine peu ou pas connus du tout. Sur cette édition, quelques-uns feront parler d’eux. Par exemple, c’est le cas de la Belge Blue Samu programmée le 27 juin. A travers notre nouvelle formule, proposant une seule entrée mais trois scènes, le public peut se balader et découvrir plein de choses. Dans le lot, nous sommes sûrs qu’il y aura des artistes dont on entendra beaucoup parler demain.      

I. – Êtes-vous satisfait justement de cette nouvelle formule instaurée l’an dernier ?

D. V. – Nous sommes très contents. Nous avons eu de supers bon retours de la part de tout le monde. Cela fait vraiment festival. Avant, à l’image de la scène du forum, pas forcément bien adaptée à la musique, les gens venaient pour un concert. Aujourd’hui, le public vient pour voir une tête d’affiche bien sûr mais aussi pour d’autres artistes comme Roméo Elvis, Balthazar et d’autres moins connus. Il y a un mélange des esthétiques également. Des adolescents de 15 ans viendront voir Georgio mais n’iront pas voir Franz Ferdinand ou Morcheeba. Ce qui est intéressant à Europavox, c’est ce brassage des générations.  

I. – Repartez-vous sur la même configuration que l’an dernier avec une place du 1er Mai entièrement fermée ?

D. V. – Oui bien sûr. Nous allons simplement améliorer le système en ayant une scène un peu plus grande. Globalement, le site va être plus accueillant encore. Mais nous sommes contents de la formule. Le jeudi soir, l’entrée sera gratuite pour tous avec des découvertes européennes sur la scène Factory devant la Coopé, puis nous enchaînerons sur les trois soirées payantes où le public pourra retrouver les artistes sur les différentes scènes du festival. 

Didier Veillault : « chaque soirée est riche de plusieurs esthétiques musicales »

I. – Plusieurs artistes présents sur le festival 2019 sortent des albums en ce printemps, c’est une bonne chose pour vous non ?

D. V. – Je le répète, il s’agit de paris que l’on fait. Pour Nekfeu, il y a une grosse attente de la part du public. Mais c’est aussi vrai pour The Avener ou Mome. Nous prenons bien sûr des risques. Nous sommes un festival de taille moyenne, il faut faire avec ça. Plus largement, je trouve que chaque soirée est riche de plusieurs esthétiques musicales. Nous sommes très attentifs à toucher les adolescents car l’on reste un festival grand public avant tout. La programmation reste très réussie de ce point de vue-là je trouve, avec une vraie cohérence. La journée du dimanche est d’ailleurs très révélatrice avec Nekfeu, Morcheeba et « Salut c’est cool ». Ce dernier groupe était venu à la Coopé et nous avions fait archi-complet. Ils sont foutraques, c’est le bazar total sur scène, avec un public totalement agité qui vient pour faire la fête. Ils vont jouer juste avant Morcheeba, un groupe plus calme. Lors de cette soirée, on retrouvera également sur la scène Factory Columbine et Kiddy Smile. Ce dernier avait fait la fête de la musique à l’Elysée ; un vrai show-man.         

I. – A titre personnel, quels artistes irez-vous voir ?

D. V. – J’irai voir Franz Ferdinand. J’adore ce groupe. Ils étaient venus à la Coopérative de Mai il y a quinze ans environ. C’est une vraie fierté de les avoir. Ensuite, je dirais Touts (le 29 juin NDLR), un groupe irlandais dans la grande tradition rock, un peu énervé et très jeune. Enfin, je citerai les Portugais de Pongo (le 30 juin). Nous avons beaucoup de musique urbaine sur cette édition 2019, l’intérêt du public est fort pour ce style. Sur les 200 meilleurs titres qui sortent actuellement, plus de la moitié proviennent des musiques urbaines. Il est normal que notre programmation soit représentative de cette tendance. J’observe que ce mouvement est commun aux pays européens.  

Propos recueillis par Jean-Paul BOITHIAS

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