Jean-Dominique Senard«Avoir désendetté Michelin est une grande fierté et cela nous rend plus forts»

20,24 milliards d’euros de ventes nettes, un résultat de 2,23 Mds €, et un cash flow géant d’1,15 Md € en 2013. Michelin en forme va fêter ses 125 ans.


Jean-Dominique Senard<br>«Avoir désendetté Michelin est une grande fierté et cela nous rend plus forts»
Info a rencontré Jean-Dominique Senard, gérant et président du groupe Michelin, à l’issue de l’assemblée générale des actionnaires.

Info- Vous avez ramené l’endettement du groupe de 1.053 millions à 142 millions d’euros. Quel est votre secret ?
Jean-Dominique Senard- Le secret, il faut le demander aux équipes de Michelin. On a travaillé pendant des années à cela. L’amélioration de la performance du groupe, la flexibilité accrue, et l’innovation de nos produits sont les principaux moteurs de ce dé-sendettement.
Année après année, le groupe a réussi cela, tout en maintenant des in-vestissements considérables, de deux milliards d’euros/an. On n’a jamais autant investi qu’aujourd’hui chez Michelin. Ce désendettement de Michelin est un motif d’une grande fierté. Cela nous rend plus forts, plus sûrs.
Cela peut nous donner aussi des champs du possible, si un jour ou l’autre, une op-portunité de croissance externe venait à se présenter en Asie ou ailleurs. On sera très exigeant, et pas question de se précipiter. En tout cas, nous en avons les moyens…

Info- Vous avez qualifié de « solides » les résultats de 2013, pourtant en retrait par rap-port à 2012…
JDS- C’est exact. La question des monnaies est la raison principale de ce résultat en baisse. Je parle de l’euro, du dollar, du rouble, de la roupie indienne, du rand sud-africain, la livre turque… dont l’évolution a fait du mal au groupe. Autrement, la per-formance économique est supérieure à l’année précédente.
L’évolution des monnaies, c’est important à court terme, mais pas dans la durée. Ce qui compte, c’est l’amélioration structurelle du groupe pour assurer sa pérennité dans les années à venir.

Info- Vous misez sur le rebond des marchés matures pour 2014 ?
JDS- Ce n’est pas un jeu. On ne mise pas, mais on aimerait bien que ces marchés repartent. Nous avons des signaux favorables, en particulier en Amérique du Nord, où la croissance économique nous apparaît de plus en plus robuste.
Mais ce n’est pas tout à fait le cas en Europe, notamment pour la France. L’Allemagne connaît une bonne croissance, et d’autres pays sont entre les deux. J’espère vraiment que le second semestre donnera un signe de mouvement. Tout le monde attend la croissance, et Michelin aussi.

Info- Laurence Parisot, du Comité de surveillance, a longuement expliqué le mécanisme de votre rémunération (2,1 millions d’euros)…
JDS- Oui, et c’est très bien. Ma rémunération est transparente, et connue. Elle fait l’objet de comparaisons avec d’autres grandes entreprises dans le monde, et elle est tout à fait raisonnable et modérée.
Il me paraît très sain qu’elle soit l’objet d’une discussion ouverte, et que nos action-naires se prononcent à son sujet. Vous avez vu : plus de 99% des actionnaires l’ont approuvée. Je suis président d’un groupe qui est soutenu par les actionnaires.

Info- Un salarié entre au Conseil de surveillance. C’est une première ?
JDS- C’est une très bonne nouvelle. La loi ne nous obligeait pas à le faire, mais je l’ai souhaité ainsi que le Conseil de surveillance. Je suis trop imprégné de la nécessité du dialogue social dans l’entreprise. C’est un pas considérable en matière d’ouverture. Une très grande première chez Michelin.

Info- Lors de la récente venue de François Hollande, les médias ont surtout retenu sa ré-action sur l’affaire Morel, et une petite phrase sur son éventuelle réélection…. Mais pas vos innovations. Vous êtes déçu ?
JDS- Il y eu cet événement parisien perturbant, mais le président de la République a réussi à mettre cela de coté pour découvrir la technologie du groupe, et il nous l’a dit, et écrit.

Entretien : Jean-Jacques ARENE

CV Express1953Né le 7 mars. Jean-Dominique Senard est ancien élève d’HEC, et titulaire d’une maîtrise de droit.1979 – 1987

Débute sa carrière avec différentes responsabilités financières et opérationnelles au

sein du groupe Total.

1987- 1996

Rejoint Saint-Gobain.

1996 – 2001

Directeur financier du groupe Péchiney et membre du Comité exécutif du groupe. Il a ensuite assuré la direction du secteur Aluminium primaire.

2004- 2005

Membre du Comité exécutif du Groupe Alcan, en charge de l’intégration de Péchiney, puis président de Pechiney SA.

2005

Arrivée chez Michelin en tant que directeur financier et membre du Conseil exécutif du groupe.

2007

Devient gérant non commandité du groupe Michelin.

2011

Nommé le 13 mai associé commandité gérant du groupe, aux côtés de Michel Rollier, lors de l’assemblée générale des actionnaires.

2012

Depuis le 11 mai, président de Michelin.

 

 

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