Elodie Feral-Christin « On sent une prise de conscience sur le zéro déchet »

Elodie Feral-Christin « On sent une prise de conscience sur le zéro déchet »
Avec l’opération « Mon commerçant zéro déchet », l’association a été lauréate d’un appel à projets lancé par le Valtom en 2017 © Emmanuel Thérond

A quelques jours de la semaine européenne de réduction des déchets*, Info Magazine a donné la parole à la vice-présidente de l’association « Zéro Déchet Clermont Auvergne », qui milite pour une consommation plus responsale et écologique.

Pourriez-vous présenter votre association ?

« Zéro Déchet Clermont Auvergne » est le groupe local du réseau « Zéro Waste France », qui sensibilise à la limitation des déchets en mettant en place un certain nombre d’actions. Cette appartenance nous offre une visibilité plus importante, mais aussi davantage d’aides et de moyens. Localement, nous sommes une soixantaine d’adhérents. Le groupe local est né en juin 2017.

Sentez-vous une prise de conscience sur ce sujet ?

De plus en plus. Au forum des associations de Clermont-Ferrand, où nous étions présents pour la deuxième année, beaucoup de personnes sont venues nous voir. Idem sur l’évènement « Alternatiba » en juin dernier, qui a très bien marché… Toutes ces personnes se disent que notre association va peut-être les aider à avancer dans leur projet, à mettre leur petite pierre à l’édifice…

Qui sont vos adhérents ?

Leur profil est très varié. Bien sûr, il y a aussi beaucoup d’étudiants, des gens de 25-35 ans… Mais cette problématique ne touche franchement pas que les jeunes. Des « anciens » font aussi partie du groupe !

Quelles sont vos missions ?

L’an dernier, nous avons créé différents groupes de travail. Il y avait le groupe « Mon commerçant zéro déchet » et le groupe DIY (Do It Yourself ou « fait maison », NDLR) L’idée, c’est aussi d’être partenaires avec d’autres associations qui sont dans cette démarche – comme Lieu’Topie, Epicentre, le café-couture Flax…- tout en étant présents sur un maximum d’événements. Il y a aussi une partie festive. Tous les trimestres, nous faisons des apéros ou des pique-niques « zéro déchet » ouverts à tout le monde pour faire découvrir le groupe, échanger… C’est la priorité.

Peut-on vivre sans produire de déchets à Clermont-Ferrand ?

On peut, oui. Mais zéro déchet, c’est faux. C’est se voiler la face sur certaines choses. Comment on fait ? On consomme le sec en vrac dans des épiceries de proximité. On peut aussi amener ses propres contenants chez son boucher, chez son boulanger… Vous pouvez aussi consommer moins, acheter d’occasion, vous mettre au « fait maison. » C’est important. Et il faut composter pour réduire le volume de sa poubelle. Beaucoup de gens s’y mettent, y compris en appartement. Un compost ne sent pas mauvais !

Plus de 150.000 tonnes de déchets sont brûlées chaque année dans l’incinérateur. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est beaucoup trop. Bien sûr, cela nous effraie. Aujourd’hui, le réseau de revalorisation des déchets est là et c’est bien. Cependant, incinérer, ce n’est pas de la revalorisation. Je me dis qu’on peut améliorer le tri. Mais surtout, il faut diminuer la production de déchets… Et il y a de quoi faire. D’ailleurs, nous participerons à la semaine européenne de réduction des déchets en novembre* pour sensibiliser à toutes ces problématiques. Cette année, nous avons été pas mal sollicités.

Pourriez-vous en dire plus sur l’opération « Mon commerçant zéro déchet » ?

Cette opération a été lauréate de l’appel à projets sur l’économie circulaire lancé en 2017 par le Valtom (Syndicat pour la valorisation et le traitement des déchets ménagers et assimilés, NDLR). Ce petit coup de pouce nous a permis d’avoir 2.500 € d’aides pour nous lancer, mais également de bénéficier d’un accompagnement. Cette opération a été créée par « Zéro Waste France », mais nous l’avons personnalisée pour qu’elle soit plus fluide et moins lourde.  Le but, c’est de sensibiliser les commerçants. S’ils acceptent la démarche, ils peuvent coller un autocollant sur leur vitrine afin d’être identifiés par les clients intéressés. Ils sont aussi référencés sur une plateforme internet.  Douze commerçants ont dit « oui » immédiatement. Nous allons continuer à prospecter… Nous visons une centaine de commerçants d’ici la fin de l’année, même si les habitudes sont parfois difficiles à changer !

Quelles sont les idées reçues sur le « zéro déchet » ?

Que c’est plus long et chronophage de faire ses courses. Mais aussi, qu’on ne fera rien changer individuellement, que ça doit venir des politiques, des industriels… Or, si nous ne montrons pas qu’il y a du changement chez nous, les « petits », ils ne changeront rien en haut. Si on continue d’acheter des compotes jetables, ils vont continuer à en fabriquer…

*Du 17 au 25 novembre. Toutes les infos sont sur www.ewwr.eu/fr

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