« Le tourisme est un secteur d’activité extrêmement dynamique »

« Le tourisme est un secteur d’activité extrêmement dynamique »
L’élu se félicite des résultats obtenus par la Région en matière de promotion digitale © E. thérond

Nicolas Daragon, vice-président de la Région délégué au Tourisme et au Thermalisme, a tenu dernièrement à Clermont-Ferrand une réunion d’information et d’échanges sur les politiques engagées par la collectivité. Il a répondu aux questions d’Info. 

Quelle est la raison de votre présence à Clermont-Ferrand ?

Il s’agit de faire un point sur la politique « tourisme » de la Région. Au début du mandat, j’avais fait le tour des départements pour voir quelles étaient les revendications des acteurs du secteur. En décembre 2016, nous avons organisé des Assises réunissant plus de 600 professionnels et acteurs publics afin de déterminer cinq priorités. Elles se sont traduites par l’adoption de délibérations sur la gastronomie, l’itinérance, la montagne, le tourisme nature et le thermalisme. Nous avons consacré des aides aux sites qui créent le plus d’attractivité, comme Vulcania en ce qui concerne le Puy-de-Dôme, mais aussi aux hébergements touristiques, afin qu’ils se modernisent et adaptent leur offre aux attentes de la clientèle.

Quels sont les grands projets qui seront mis en œuvre en Auvergne ?

Par exemple, dans le cadre du plan thermal, nous accompagnons un grand nombre de stations dans leur modernisation. Je pense notamment à Châtel-Guyon, où la Région est très présente, puisque nous versons plus de 2 millions d’euros de subventions pour la création du Resort thermal. Ce projet d’envergure permettra de passer d’une offre strictement « sécurité sociale » à une offre « bien-être et santé. » Comme je le disais, nous accompagnons aussi les investissements de Vulcania. De façon plus modeste, 46 % du budget « tourisme » de la Région est consacré à l’aide aux hébergeurs. Une multitude d’hôtels du Puy-de-Dôme ont pu en bénéficier pour réaliser leurs travaux. Je voudrais aussi rappeler que le budget de fonctionnement de la Région sur cette thématique a baissé de 20 % alors que le budget d’investissement a augmenté de 135 %. Les montants ont plus que doublé : nous sommes passés de 15 millions d’euros d’investissement par an à plus de 32 millions d’euros.

Quel est le poids économique du tourisme dans la Région ?

Le tourisme représente 8 % du PIB de la région, 20 milliards d’euros et 170.000 emplois.  C’est le seul secteur qui continue à embaucher, quelle que soit la période. 11.200 postes ont ainsi été créés de 2015 à 2017, soit une progression de 7,2 %. Il s’agit donc d’un secteur d’activité extrêmement dynamique. La labellisation Unesco de la Chaine des Puys est une opportunité supplémentaire qui devrait encore générer une amplification de ce phénomène. Nous allons évidemment l’accompagner.

La fusion de deux Comité Régionaux du Tourisme (CRT) s’est-elle bien passée ?

La fusion s’est très bien passée. Il n’y a pas eu de licenciements mais des départs volontaires. Nous sommes passés de 84 équivalents temps plein à 60. Ce plan avait pour but de faire en sorte que les dépenses de fonctionnement du CRT représentent moins que les actions. Nous étions en effet arrivés à un phénomène original : il y avait 60 % de charges de fonctionnement pour 40 % d’actions. Or, le CRT existe essentiellement pour faire de la promotion touristique et pas uniquement pour payer ses salariés, malgré les qualités exceptionnelles qu’ils déploient. Aujourd’hui, nous sommes revenus dans des normes un peu plus raisonnables, puisque le poids de la masse salariale est de 40 %. Mais surtout, nous avons dorénavant les meilleurs classements en matière de promotion digitale. Nous étions dans les dernières places : nous sommes désormais les premiers. Donc, le CRT a retrouvé une forme beaucoup plus opérationnelle en resserrant l’équipe, tout en accompagnant dans les meilleures conditions les salariés désireux d’assouvir de nouveaux projets. Au départ, c’était compliqué, mais le résultat est très bon. C’est un phénomène que nous avons aussi connu à la Région. Nous savions que nous devions devait fusionner. Mais quand nous sommes arrivés, rien n’était prêt. Donc, il a fallu du temps. C’est mon seul regret. Nous avons consommé 18 mois sur un sujet de réorganisation interne qui aurait pu être anticipé.

Avez-vous perçu l’impact du phénomène « Gilets jaunes » sur l’activité touristique ?

Bien sûr. Nous avons des remontées très régulière dans l’hôtellerie et la restauration. A ce jour, nous sommes incapables de les chiffrer. Mais pour mesurer l’impact, il suffit d’écouter les Français : plus de 50 % ont l‘intention de revoir leur mode d’achat et de se tourner vers Internet. Ce sont des habitants qui n’iront pas en ville, qui n’iront pas au restaurant ; ce sont des touristes qui risquent de ne pas venir en France parce qu’ils ont vu des images lamentables. J’espère que cette crise va vite s’interrompre. Mais aujourd’hui personne n’en voit le bout.

Que dîtes-vous aux Gilets jaunes ?

Que leurs revendications sont légitimes. Mais je les invite vraiment à ne pas procéder à des blocages et encore moins à des violences : en bloquant, ils nuisent précisément à ceux qu’ils comptent défendre, à savoir les salariés qui paient leur carburant, les commerçants, les artisans, les chefs d’entreprise. Aujourd’hui, ces derniers envisagent des licenciements alors qu’ils devraient recruter.

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