Le puy de Marmant : un trésor méconnu

Le puy de Marmant : un trésor méconnu
Les acteurs du projet, avec le volcan au second plan © Emmanuel Thérond

A proximité de Veyre-Monton, cette réserve naturelle possède une faune et une flore méditerranéennes. Et ses minéraux figurent dans de nombreuses collections.

Les 17 réserves naturelles régionales d’Auvergne Rhône-Alpes couvrent près de 3.300 hectares. Curieusement, celle de Marmant, sur la commune de Veyre-Monton, est peu connue du grand public. Pourtant, sa géologie et sa biodiversité en font un site remarquable. Culminant à 503 mètres d’altitude, cette colline périurbaine d’une vingtaine d’hectares s’est formée il y a 15 millions d’années.

Comme d’autres sites en Auvergne, elle correspond à l’ancienne cheminée d’un volcan, apparue après l’érosion d’un cratère d’explosion. Mais le site a une particularité forte : en plus des filons de basalte, il possède de grandes surfaces de coteaux dénudés en pépérite, une roche évoquant des grains de poivre. « Ces pentes arides se développent d’un seul tenant sur près de 4 hectares. On ne voit cela nulle part ailleurs en Auvergne » souligne Sylvie Martinant, conservatrice du puy de Marmant.

On dirait le sud…

Soumis à des chaleurs extrêmes et une forte sécheresse, ces coteaux rocailleux abritent une végétation atypique, de type méditerranéen. On trouve ici l’astragale et la trigonelle de Montpellier, l’hélianthème des Apennins, le liseron de cantabrique ou la cynoglosse de Crête. Au total, pas moins de 320 espèces de végétaux ont été recensées en 80 ans. Une centaine d’insectes différents vivent sur ces pelouses, dont certains à forte affinité méridionale, comme… le criquet des garrigues ou la cigale de l’Orne. Même la mante religieuse y a trouvé refuge.

En plus de la faune et de la flore, les minéraux du puy de Marmant, figurant dans un traité de minéralogie de la fin du 19ème siècle, font aujourd’hui le bonheur des collectionneurs. Il y en aurait au prestigieux British Museum à Londres. Problème : leur prélèvement, ainsi que le passage d’engins motorisés, a longtemps menacé la biodiversité de ce volcan unique en son genre…

Un comité consultatif créé

Pour y remédier, un statut de réserve naturelle volontaire avait été créée en 1985. Il a été remplacé par celui de réserve naturelle régionale en 2015. Son comité consultatif, constitué d’acteurs locaux, s’est réuni pour la première fois au mois de mai. « Le rôle du comité est d’assurer la préservation du site et de la biodiversité, mais également de l’animer et de le gérer financièrement » souligne la conseillère régionale Florence Dubessy, présidente de la structure. Géré par la commune et le conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne, le puy de Marmant devrait désormais bénéficier des attentions qu’il mérite, grâce à la rédaction d’un plan de gestion. Première étape de ce vaste chantier, la dépose par Enedis de plus de 750 mètres de lignes électriques au cœur de la réserve…

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