Pascal Thibault « Nous voulons concevoir le sport comme un facteur d’accomplissement »

Pascal Thibault « Nous voulons concevoir le sport comme un facteur d’accomplissement »
Le président Pascal Thibault est épaulé depuis le mois de décembre par un nouveau directeur, Xavier Labaune, qui a remplacé Carole Force… « Ce n’est pas un Michelin et c’est une petite révolution », souligne Pascal Thibault. (© J.-P. B)

Il préside l’ASM Omnisports depuis quatre ans, une grosse machine réunissant 15 sections et plus de 6.000 adhérents. Entre bilan et perspectives, Pascal Thibault brosse le portrait d’une maison jaune et bleue largement ouverte aujourd’hui sur la ville et l’agglomération.

Info – Que représente aujourd’hui l’ASM Omnisports en quelques chiffres ?
Pascal Thibault –  Aujourd’hui, nous rassemblons 6.100 adhérents en incluant l’ASM Chamalières Natation. Sur ce chiffre, 1.400 d’entre eux suivent le programme « Oxygène » chez Michelin. L’ASM, c’est 55 nationalités et 35 % de femmes. Nous comptabilisons 15 sections avec une moyenne d’âge assez jeune, autour de 21 ans ; le cabinet médical est une section à part entière. Celui-ci réalise 12.000 actes gratuits par an concentrés autour de la pratique sportive. Mis à part les jeunes du centre de formation rugby, il n’y a aucun sportif payé chez nous. Côté encadrement, nous avons 60 équivalents temps plein salariés et un équivalent de 60 bénévoles permanents. Notre budget est de 9,7 millions d’euros. Il provient à 75 % de la Fondation d’entreprise Michelin et pour 7 % des cotisations des adhérents.      

I. – Quel bilan faites-vous de l’année 2016 ?
A. P.le rapport moral de notre secrétaire générale, présenté lors de notre assemblée générale, a fait état de résultats assez remarquables au point de vue sportif. L’équipe de lutte est montée en D1 avec des jeunes quasiment tous formés ici, la natation a fait un travail fantastique, le rugby également avec de nombreux jeunes qui intègrent l’équipe professionnelle. Je veux rendre hommage à Franck Azéma qui valorise notre travail de formation. En Team Gym, c’est l’équipe de l’ASM qui a représenté la France aux championnats d’Europe. Un de nos jeunes lutteurs est aussi allé aux Jeux Olympiques où il représentait son pays, tandis qu’en rugby fauteuil nous avions deux représentants à Rio. A ce sujet, je pense que nous avons été le premier club omnisports à créer une section handisport à part entière. Entre le handisport et le sport adapté, nous avons 55 personnes qui sont aujourd’hui adhérentes du club… L’ASM n’est donc pas un cul-de-sac ou un plafond de verre. Nous avons créé les ponts pour que les meilleurs puissent aller au bout de leur talent.  

I. – N’avez-vous pas de regrets d’avoir arrêté la section boxe professionnelle ?
P. T.  – (Ferme…) Aucun. D’une part, nous avons arrêté l’organisation des galas car le modèle économique ne tenait pas. Mais ceci n’enlève rien à l’excellence du coaching éducatif qui a été fait ici pendant de longues années. D’autre part, la Fédération française de boxe a pris un virage dont elle a montré l’excellence aux jeux olympiques. Elle a donné une tout autre image de la discipline, hyper positive. C’est exactement ce que je préconisais depuis des années. A Rio, on a vu des boxeurs donner une très belle image de ce sport. Cette évolution était inéluctable pour moi.

I. – Quels sont vos projets pour l’avenir ?
P. T.Nous voulons concevoir le sport comme un facteur d’accomplissement, et pas uniquement comme un divertissement. Il faut donner du sens à l’exercice du sport. Nous avons défini trois axes pour cela. Premièrement, il y a l’éducation sportive pour accéder à l’élite. Cela concerne essentiellement le rugby. C’est là où nous mettons le plus de moyens. L’objectif, c’est d’atteindre 50 % de joueurs formés au club. Nous y sommes quasiment. Je rappelle aussi que 75 joueurs professionnels, évoluant aujourd’hui en Top 14 et Pro D2, sont passés par l’ASM. Nous avons créé également un centre de formation partagé avec le Clermont Foot, une grande première dans laquelle je veux rendre hommage à Claude Michy.
Deuxièmement, c’est le projet ASM Vitalité. 1400 personnes pratiquent régulièrement chez Michelin. Sur certains sites du manufacturier, on touche 25 à 30 % de la population féminine ayant entre 30 et 50 ans. Notre volonté, c’est d’étendre cela auprès d’autres structures comme nous venons de le faire avec la CPAM. Enfin, le 3e axe concerne le programme « Sport avenir jeunesse ». Sous l’impulsion du président de la section lutte, Karim Saïb, nous avons la volonté de faire du sport un vrai catalyseur d’intégration. Sur la base du travail éducatif fait ici, nous allons prolonger ça par le biais d’un réseau de partenaires pour créer un front cohérent de gens qui s’occupent chacun dans leur domaine des jeunes et qui se parlent. Nous avons mis en place un conseil de gouvernance formé de différentes personnalités avec lesquelles nous essayons de mettre en place des opérations cohérentes.

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