Guy Lalière : La nature comme guide

Botaniste, naturaliste… Même s’il n’aime pas trop se définir, Guy Lalière cumule bien des casquettes. De son amour pour la terre et les plantes, il en a fait son métier. Pour le plus grand bonheur de ceux qui le rencontrent.

Guy Lalière : La nature comme guide
« J’ai besoin d’être en contact avec la nature, le sol. Il faut se rappeler d’où l’on vient », affirme Guy Lalière © V. UTA

Chapeau vissé sur la tête et besace en bandoulière, l’homme ne se livre pas dès le premier abord. Il faut un temps d’adaptation. A le voir évoluer au cœur des herbes hautes, l’œil à l’affût, on sent qu’il est dans son élément. Quelques instants plus tard, assis, une main posée sur le sol, Guy Lalière semble se ressourcer. Prêt à se livrer…
« Ce qui m’intéresse, c’est l’interdépendance que l’on peut avoir avec la nature, les êtres vivants. Nous sommes tous reliés », affirme-t-il, derrière sa barbe poivre et sel et de petites lunettes rondes.
La terre « nourricière et généreuse », ce natif de La Monnerie-le-Montel sait tout ce qu’il lui doit. C’est d’ailleurs au cœur de la montagne thiernoise, dans le petit hameau de Chevalier, sur la commune de Saint-Rémy-sur-Durolle, que le botaniste a grandi.
« Avec ma grand-mère maternelle, je cueillais des herbes à manger, des herbes à lapin, des champignons. Et avec mon père, qui était bûcheron, j’ai découvert les arbres et les oiseaux. Chez moi, il y avait donc un lien fort à la nature. Depuis, celle-ci a toujours été mon refuge. »
La fin de l’adolescence sera marquée par ses premiers contacts avec les associations botanistes. Suivront une formation sur les graminées avec l’Université Blaise Pascal à la station biologique de Besse et des collaborations avec l’INRA et l’ENITA dans les années 90.

ANIME DES SORTIES NATURE

En 1999, Guy Lalière rencontre Pierre Rabhi, l’agriculteur biologiste et écrivain, au hasard d’une conférence donnée à Clermont. Un véritable choc.
« A partir de là, j’ai vraiment fait ce que j’avais toujours eu envie de faire. »
Sa voie ? Elle serait désormais entièrement consacrer aux plantes mais aussi à la transmission de cette passion.
Collaborateur aujourd’hui pour le CFPPA de Marmilhat, où il forme des cueilleurs de plantes, Guy Lalière anime également des sorties nature à destination du grand public.
« On sort, on identifie les plantes, on les cueille et on les cuisine. Nous faisons aussi quelques remèdes simples avec les plantes médicinales comme des macérations huileuses. »
Ses préférées ? Le millepertuis, une plante solaire, « une des herbes de la Saint-Jean », utile contre les brûlures, mais aussi la grande gentiane jaune, « la reine des montagnes », ou la Reine des près que l’on peut utiliser dans la crème anglaise.
Beaucoup de végétaux autour de nous peuvent finir dans l’assiette selon le botaniste. Il a d’ailleurs participé il y a deux ans à l’élaboration d’un livre sur ce thème (*). Un ouvrage instructif à l’heure où le citadin s’est un peu coupé du milieu naturel.
« Il devient hors sol, comme l’élevage. Mon rôle, c’est de lui faire retrouver un peu tout ça », sourit le botaniste, avant de mettre en garde le néophyte.
Car en la matière, il faut aussi se montrer prudent. « La digitale par exemple est une belle plante qui inspire le respect. Mais attention, on la regarde, on l’admire mais on ne la mange pas. »
S’il a installé son camp de base à Clermont, Guy Lalière est souvent en vadrouille… L’Auvergne ? Une terre de prédilection pour le botaniste, avec une grande variété de sols, de milieux, d’étages… Et de « beaux chemins qui sentent la noisette ».
Bien évidemment, lui a ses endroits préférés. Le massif du Sancy, la montagne de la Serre, avec ses hauteurs basaltiques et ses chaos granitiques en fond de vallée. Mais il aime également pousser plus loin ses investigations, en Belgique, au Panama ou encore en Crète, une île où « les habitants sont restés attachés à leur environnement. »
S’il rêve de découvrir la Papouasie Nouvelle-Guinée, Guy Lalière sait aussi tout le chemin qu’il lui reste encore à parcourir.
« La nature et la botanique rendent humble. Nous sommes vraiment peu de choses. »

(*) « Plantes comestibles, cueillette et recette des 4 saisons » aux Éditions Debaisieux.

2 Réponses
  1. Yvette at |

    Je m’intéresse à la botanique et je connais le livre de Guy Lalière qui est très instructif. Merci de le faire connaître aux lecteurs de votre magazine que je lis depuis 25 ans

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  2. Andrée at |

    Très joli portrait. C’est un bonne idée de nous faire découvrir de tels personnages. continuez.

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