Marcombes se mue en « land architectural »

Marcombes se mue en « land architectural »
Scénographié et unifié par le végétal, le parc s’organise autour de onze pôles. Sa conception repose sur une étude approfondie du paysage. © Auer-Weber

En plus de rénover ses équipements sportifs, le cabinet d’architecte allemand Auer-Weber redonnera une identité à ce stade multi-usages. Comment ? En le transformant en parc urbain paysager. Explications.

Seuls ses 145.000 utilisateurs annuels ont une opinion sur Philippe-Marcombes. Les autres passent souvent à côté sans réellement le voir. Dans quatre ans, ce repli sur soi sera terminé :  des percées et des transparences ouvriront le site sur la ville et lui permettront de retrouver sa place dans le quartier. Les installations sportives, les bâtiments et la végétation, entièrement repensés, seront visibles depuis les environs. Mieux : le cabinet d’architectes allemand Auer-Weber, associé aux Clermontois de mBa-Architectes, va muscler l’identité de cet outil populaire et sportif, en le transformant en « land architectural. »

La toiture de la tribune : un « signal fort »

Fini la juxtaposition d’équipements disparates, de différentes époques, sans aucune unité… Le projet retenu en fera un parc urbain clairement identifiable, inspiré par les courbes et les pentes douces des volcans environnants. Rappelant un cône volcanique, la forme de l’actuel vélodrome sera conservée. L’enceinte servira d’écrin à une piste d’athlétisme et à un terrain de foot et de rugby. Sa nouvelle tribune de 1600 places abritera des espaces administratifs, des salles d’exposition, un espace de convivialité et un bloc technique.

Ce volume sera surmonté d’une toiture légèrement arquée, comme un écho à la chaîne des puys au second plan. « La toiture est un signal fort du projet. Elle nous a également été inspirée par l’histoire de l’aviation locale, avec le pilote Eugène Renaux, mais aussi les voiles des parapentes autour du puy de Dôme » précise l’architecte Stefan Niese, associé d’Auer-Weber.

Marcombes se mue en « land architectural »
Avec ses salles souterraines, le skate-park devient un « chaudron urbain » d’inspiration magmatique. Il sera surplombé d’une toiture panoramique. © Auer-Weber

Végétalisation et paysage

Pour une meilleure intégration paysagère, le nouveau skate-park, les ateliers et les salles de sport seront déplacés au sud et semi-enterrés. Cet espace sera recouvert d’une terrasse végétalisée, offrant une vue imprenable sur les alentours. Même philosophie pour les six terrains de tennis couverts et du club house. « Cet ensemble de toitures végétalisées sera dans la continuité du concept vert de notre projet tout en proposant un réel confort pour les utilisateurs » indique le maître d’œuvre.

Le parking paysager, près de la nouvelle entrée principale rue Albert-Thomas, sera  « caché » par les végétaux et donnera sur une « allée arborée triomphante ». Un « bois des découvertes » et un jardin de protection de l’Ophrys (une orchidée endémique) seront également aménagés. Au sein de ce pentagone de 6,7 hectares, 30.000 m2 des surfaces seront strictement sportives. Cet équilibre maîtrisé entre nature, loisirs et finalement culture, est le point fort de ce projet à 35 millions d’euros. C’est l’investissement le plus important du mandat avec la Scène-Nationale.

Marcombes se mue en « land architectural »
La couverture des tribunes en forme d’aile de parapente rappelle les pentes douces de la chaîne des puys © Auer Weber

« Servir d’exemple »

« Philippe-Marcombes proposera une nouvelle façon de vivre le sport en ville. C’est une nouveauté. Il va compter et peut-être servir d’exemple » souligne Olivier Bianchi. Pour le maire, pas de doute, ce projet d’aménagement « vertueux » et « équilibré » est celui qui incarne le mieux la « transfiguration métropolitaine » de Clermont-Ferrand.


Calendrier

Etude de conception : 2017

Travaux : 2018 / mi-2021

Ouverture partielle : septembre 2019

Mise en service complète : 2021


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