« Vous n’avez pas dépassé les vieux clichés »

« Vous n’avez pas dépassé les vieux clichés »
Il est vrai que l’article n’occulte pas les défauts de la ville… Mais il n’oublie pas de mentionner son dynamisme culturel et ses grands projets © E. Thérond

Olivier Bianchi remonté contre un article « parisien » de Télérama. Qui annule dans la foulée ses « débats généreux » à Clermont-Ferrand…

Bien sûr, il y a quelques passages secs. Notamment celui consacré aux espaces publics : « Là, il reste du pain sur la planche. Clermont n’est pas pour rien la capitale du pneu : ici, la voiture est reine. Sorti du centre ancien, le piéton se sent vulnérable ; côté pistes cyclables, le retard est patent ; quant à la seule ligne de tram, elle ne passe même pas par la gare ! Mais le plus troublant est l’absence de nature en ville : à part le poussiéreux jardin Lecoq et un petit carré hors sol posé sur la place de Jaude, la biodiversité se réduit à quelques vasques de pétunias sous perfusion accrochées aux lampadaires ! »

« Quelle déception »

Hormis ce douloureux recadrage, un descriptif patrimonial juste mais déshumanisé ou un énième passage sur Michelin, l’article que Télérama consacrait la semaine dernière à Clermont-Ferrand est plutôt mesuré ; et n’occulte en rien son dynamisme culturel (festival du court-métrage, Coopé, Rendez-vous du carnet de voyage…) ni ses grands projets.

Le journal écrit même que Clermont-Ferrand est « en plein renouveau » et « en pleine effervescence », que la cité « met déjà tout en œuvre pour se distinguer et remporter la mise » de capitale européenne de la culture. Et le titre « puy de culture » ? Qualifier quelqu’un de « puits de science » est loin d’être une insulte.

Alors quoi ? Cet article de Luc Le Chatelier n’a pas plu, mais alors pas du tout, à Olivier Bianchi, qui s’est fendu dans la foulée d’une lettre ouverte (1) assez virulente. « Quelle déception qu’un grand journal comme le vôtre ait raté notre rendez-vous ! Vous rejouez l’énième version de l’élite parisienne qui a le monopole du bon goût quand la province n’est que misère, ennui et désolation architecturale. »

Non sans rappeler le dynamisme local, le maire poursuit : « Alors nous ne comprenons pas votre choix éditorial. Nous le comprenons d’autant moins que votre mépris se poursuit jusqu’à dénigrer notre ville. Vous nous ressortez les vieilles lunes et les vieux poncifs. »

« Vous n’avez pas dépassé les vieux clichés »
Le maire « ne comprend pas » le choix éditorial du magazine © JPB

« Un édile peu prêt à la discussion »

Si Olivier Bianchi assure que les Clermontois ne sont pas « rancuniers », Télérama a peu goûté l’invective. Du coup, l’hebdomadaire a préféré annuler ses « débats généreux », initialement prévus les 13 et 14 octobre. « Serions-nous condamnés à être des communicants au service de la ville qui nous accueille et qui cofinance l’événement ? » écrit Fabienne Pascaud, directrice de la rédaction. Et d’ajouter : « nous y souhaitions une réflexion ouverte, et non des règlements de comptes entre des journalistes et un édile peu prêt à la discussion. » Elle estime toutefois que ces évènements n’empêcheront pas ses journalistes de retourner « dans l’ancienne métropole des Arvernes », qu’elle souhaite « vivement » voir nommée capitale européenne de la culture 2028.

Cette triste polémique a au moins un mérite : elle fait parler de Clermont. Olivier Bianchi pouvait-il l’ignorer ?


« Vous n’avez pas dépassé les vieux clichés »

 


La réaction de l’opposition municipale

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