Yvan Bernard « Aujourd’hui, la demande est là car nous produisons des types de vins qui sont à la mode »

Yvan Bernard  « Aujourd’hui, la demande est là car nous produisons des types de vins qui sont à la mode »
« Pour notre vignoble, le bio est l’une des solutions pour progresser encore » affirme Yvan Bernard (© J.-P. B.)

Installé à Montpeyroux, au sud de Clermont-Ferrand, ce vigneron préside depuis deux ans l’AOC Côtes d’Auvergne, le syndicat chargé de la défense de l’appellation. Perspectives…

Info – Que représente aujourd’hui l’Appellation d’origine contrôlée Côtes d’Auvergne ?
Yvan Bernard – Au départ, il s’agit d’un cahier des charges précis de production qui concerne aussi bien les variétés de raisins que les conditions de plantation et l’implantation géographique des vignes. L’AOC garantit au consommateur une origine, une qualité et une typicité des vins. Sinon, l’appellation représente environ 300 hectares, répartis sur 53 communes du Puy-de-Dôme. La production annuelle varie entre 10.000 et 11.000 hectolitres, produits par quasiment une centaine de producteurs. Sur ce nombre, les deux tiers d’entre eux apportent leur raisin à la coopérative Saint-Verny et 35 sont des vignerons indépendants.

I. – Quels sont les objectifs que vous défendez ?
Y. B. – Premièrement, nous sommes là avant tout pour défendre l’appellation et le respect du cahier des charges. Deuxièmement, il s’agit d’assurer la promotion et le développement du vignoble, tout en préservant sa bonne santé.

I. – La surface des vignes dans le département a-t-elle tendance à augmenter ces dernières années ?
Y. B. – Après une période d’augmentation, on assiste plutôt à une stabilisation. Nous sommes davantage sur une phase de renouvellement du vignoble.

I. – La demande au niveau des vins naturels ou bio est-elle forte ici aussi ?
Y. B. – Oui. Personnellement, je suis en bio depuis 2009 et cela me parle. Mais dans la gestion de l’appellation, je fais en sorte que tout le monde s’y retrouve. Sinon, je suis un militant du bio et je passe mon temps à essayer de convaincre des collègues de s’y mettre. Je pense que pour notre vignoble, c’est l’une des solutions pour progresser encore. En termes d’image et de qualité des vins, il s’agit d’une carte à jouer. Aujourd’hui, nous sommes une bonne douzaine de vignerons bio sur le département.

I. – Quelle est la taille moyenne des exploitations dans la région ?
Y. B. – C’est un peu difficile à dire mais si l’on prend une exploitation type d’un vigneron indépendant, c’est souvent une personne seule qui cultive et travaille entre six et sept hectares de vigne.

I. – Comment jugez-vous la progression des vins auvergnats ces dernières années ?
Y. B. – Depuis plusieurs décennies déjà, les vignerons ont cherché à améliorer leur production année après année. Mais depuis 15 ou 20 ans, une nouvelle génération est arrivée, forte de diplômes d’œnologie. Derrière cela, la manière de faire le vin et de travailler la vigne a changé. La qualité a elle aussi progressé. Dans la dernière décennie, notre génération en a remis une couche avec des objectifs plus élevés qu’avant. Et puis nous nous sommes attachés à faire savoir que nos vins étaient bons. Aujourd’hui, la demande est là car nous produisons des types de vins qui sont à la mode ; Le gamay est un cépage qui repart très bien et nous avons aussi la chance de faire du pinot, déjà à la mode depuis quelques années. Nous avons une belle carte à jouer.

I. – Comment s’annonce l’année 2017 pour vous ?
Y. B. – Je pense que nous allons avoir une belle année qualitative. Les vignes sont en avance et les raisins sont beaux comme tout. Le problème, c’est qu’avec le gel du printemps et la grêle, qui est passée sur certains secteurs, j’ai peur que l’on ne fasse même pas une demi-récolte même s’il est difficile d’établir des prévisions. A priori, on fera moins de vin que l’an dernier.

I. – Quels sont vos projets pour les prochaines années ?
Y. B. – Nous allons essayer de pérenniser les vignes en dégageant du foncier afin de consolider les vignerons qui se sont installés dans la dernière décennie. C’est un gros travail que nous avons entamé en collaboration avec la SAFER, le Conseil départemental et les communautés de communes. Cela permettra aussi d’installer des jeunes dans la profession car environ un tiers des vignerons vont partir à la retraite dans les dix ans qui viennent. Et quand un jeune arrive, cela crée de l’émulation.

Idée sortie : une balade vigneronne gourmande est organisée à Châteaugay le dimanche 30 juillet. Toutes les infos sur : www.fedeviti-puydedome.com

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