Les rejets d’eau thermale valorisés

Les rejets d’eau thermale valorisés
A Chaudes-Aigues, la voie est ouverte vers la création d’un réseau de chaleur qui pourrait bénéficier aux structures proches des thermes.

Partant du constat que de nombreux établissements thermaux de la région n’optimisaient pas la chaleur de leurs eaux à des fins de performance énergétique, une brochure spécifique vient tout juste d’être éditée. Celle-ci, intitulée « Thermalisme, de l’énergie à revendre », fait suite à l’étude VERTH*, coordonnée en 2016 par le Cluster « Innovatherm ». Rappelons que cette structure fédère une trentaine d’acteurs et accompagne la genèse de projets innovants au sein des stations thermales de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les grandes lignes de l’étude ont été présentées récemment, dans les locaux d’Auvergne Thermale, à Royat, en présence de nombreux invités. L’objectif consistait à proposer des solutions d’amélioration de la performance énergétique des établissements, en particulier grâce à des solutions thermodynamiques. Il s’agissait également de démontrer l’intérêt économique d’une solution environnementale intégrant la valorisation thermique et le traitement des rejets d’eau au cas par cas.

« Dans ces stations, il y a un patrimoine bâti assez énergivore. Avec l’eau thermale chaude, nous avons presque la solution à portée de main. Cette étude a porté notamment sur les flux perdus », explique Anne-Cécile Fournier, ingénieur projet au sein du Cluster.

Les rejets d’eau thermale valorisés
Récupérer l’énergie calorifique des eaux de rejets des stations thermales apparaît comme une mesure de bon sens.

6 STATIONS THERMALES EN POINTE

La brochure, qui propose une méthodologie de projet, s’est appuyée sur les expériences menées dans six stations thermales auvergnates : Bourbon l’Archambault, La Bourboule, Chaudes-Aigues, Néris-les-Bains, Royat et Vichy.

« Chez nous, c’est un peu particulier puisque nous sommes obligés de refroidir notre eau. Si l’on produisait déjà de l’eau chaude sanitaire, on gaspillait dans le même temps beaucoup d’énergie calorifique. Avec l’étude, la voie est ouverte vers la création d’un réseau de chaleur qui pourrait bénéficier aux structures proches de notre établissement, notamment un hôtel qui sera bientôt rénové », souligne Jean-Marc Dolon, Directeur général des thermes de Chaudes-Aigues.

La station du Cantal prévoit même de produire de l’électricité à terme. Les 55.000 € générés par an (estimation) pourrait permettre de rentabiliser l’investissement en « 4 ou 5 ans » seulement selon Jean-Marc Dolon.

Plus au nord, la compagnie de Vichy souhaite elle aussi aller plus loin dans l’amélioration de la récupération de la chaleur des sources. « Cela passe par la création d’une boucle de refroidissement des rejets d’eau thermale. Dans la poursuite de cette logique, un projet consisterait, en liaison avec les collectivités locales, à créer un réseau de chaleur urbain d’une puissance de 4 MW utilisant les galeries existantes et mutualisant les chaudières des thermes », détaille Jérôme Phelipeau, président de la compagnie et du Cluster Innovatherm.

L’ADEME, qui a participé au financement de la brochure, se dit prête à soutenir tout ce qui permet de se passer des énergies fossiles. En 2018, elle lancera un nouvel appel à projets, AURA Energie, alors que deux millions d’euros ont été alloués par ses services en 2017 à cinq projets d’envergure.

« Tout l’enjeu, c’est de convaincre les autres stations thermales de la région d’adhérer à ce projet. Nous devons faire cette démarche collectivement », a conclu Pierre Jal, le secrétaire du Cluster Innovatherm et directeur d’Auvergne Thermale.

* VERTH (Valorisation énergétique des rejets d’eau thermale)    

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