Tram sur pneus : les villes font pression

Tram sur pneus : les villes font pression
Un club réunissant Clermont-Ferrand, Venise, Padoue et Medellín est sur les rails © Emmanuel THEROND

Certes, Shanghai et Tianjin, en Chine, manquent (pour l’instant) à l’appel. Et la RATP, qui possède une ligne en Ile-de-France, se situe plutôt en observatrice. Toujours est-il que les villes dotées du tram sur pneus ont décidé de se réunir au sein d’un club. Objectif : partager des méthodes, des expériences et des savoir-faire afin de pérenniser le Translohr. Au-delà de l’ingénierie et de l’aspect technique, il s’agit aussi de se fédérer pour peser davantage face à Alstom, notamment pour acheter du matériel… La décision est donc aussi politique et économique.

Initié par la métropole clermontoise, le club réunit les villes de Padoue et Venise en Italie et de Medellín en Colombie. Il a été lancé il y a quelques jours à Clermont-Ferrand. Chaque territoire a des problématiques différentes. Padoue, par exemple, souhaite dupliquer cette technologie sur deux nouvelles lignes pour avoir un système complet. Une solution que n’a pas retenue Clermont-Ferrand, qui envisage de construire deux lignes de bus électriques en site propre (la B et la C) tout en prolongeant au maximum la durée de vie de son tramway. A ce titre, un contrat vient d’être signé entre T2C, le SMTC et Alstom pour garantir le « bon fonctionnement » du tram pendant encore 15 ans (obsolescence et fourniture des pièces, assistance technique, etc.)

« Cette technologie n’existe plus »

« Echanger sur les documents, les bonnes pratiques et les retours d’expériences entre nos villes permet d’assurer un haut niveau de service. Avec la signature de cet accord, nous serons plus forts, nous en sommes convaincus » précise Arturo Lorenzoni, premier adjoint de Padoue. Un sentiment partagé par Massimo Diania de Venise, notamment pour l’aspect technique. Rappelons que la cité des Doges dispose d’une ligne de 20 km qui relie la terre ferme au centre-historique. C’est la structure de transport public la plus importante du secteur. « Nous devons garantir la maintenance du système et l’amener à une trentaine d’années d’utilisation. »

Précisons qu’Alstom ne fait pas partie du club, même si l’hypothèse avait été envisagée. En se concertant d’abord de manière collective, les villes espèrent être mieux entendues du constructeur, qui pour l’instant, semble plutôt miser sur le rail. « Cette technologie industrielle, le Translohr, n’existe plus en tant que telle. Une des questions importantes pour nous sera de mesurer les souhaits, les volontés et les objectifs d’Alstom » insiste le maire de Clermont-Ferrand Olivier Bianchi, qui précise que « rien n’est figé » en ce qui concerne les adhésions au club d’utilisateurs.

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