Travaux : le CHU se refait une santé

Travaux : le CHU se refait une santé
Une aile du bâtiment historique a d’ores et déjà été déconstruite © E. Thérond

Les travaux de « Gabriel-Montpied 3 » débuteront en 2021. Le coût de l’opération est de 50 millions d’euros.

Cette fois, c’est certain : le bâtiment GM3 du site Gabriel-Montpied au CHU de Clermont-Ferrand va bien être construit. L’annonce a été faite lors d’un conseil de surveillance il y a quelques jours. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une opération majeure lancée depuis près de 10 ans et consistant à désamianter, déconstruire et reconstruire en site occupé les bâtiments historiques, qui comprenaient des services de consultation et 560 lits d’hospitalisation, pour un coût global de 201 millions d’euros. « Pour être une grande métropole, il nous faut avoir des équipements du plus haut niveau en matière de santé publique. C’est tout l’enjeu de ce projet » insiste le maire Olivier Bianchi, également président du conseil de surveillance du CHU.

Jonction avec Jean-Perrin

Le coût de GM3 est de 50 millions d’euros, financés à parts égales par un emprunt et par la vente de l’ancien Hôtel-Dieu. Le projet consiste à construire un nouveau bâtiment en lieu et place de l’ancienne aile HO, dont la déconstruction s’est achevée fin 2018. Ce bâtiment de 19.000 m2 permettra de créer une vraie jonction physique et fonctionnelle avec le centre de lutte contre le cancer Jean-Perrin, afin de renforcer les coopérations entre les deux établissements.

La construction de GM3 ne vise pas à augmenter le nombre de lits, mais à organiser de manière plus cohérente les filières de soins et à mieux répartir les disciplines. Citons par exemple le repositionnement de l’activité d’hospitalisation de chirurgie cardiaque. Il y a aura sur place 245 lits d’hospitalisation,36 places d’hospitalisation de jour, 28 lits d’hospitalisation de courte durée et 24 postes de dyalise actuellement installés dans un bâtiment loué à l’extérieur du CHU. Ce transfert marquera aussi la fin du programme de réduction du nombre de blocs opératoires (3 contre 10 il y a 15 ans.) Enfin, ce projet sera l’occasion de reconfigurer l’accueil des urgences et d’implanter en toiture une hélistation en lien direct avec le service.

« Cette opération est essentielle pour l’irrigation du territoire et la réponse aux besoins de la population » insiste le directeur du CHU Didier Hoeltgen. En plus des murs et des installations, des nouveaux équipements médicaux sont prévus. « Nous avons augmenté notre investissement d’environ 25 % sur les deux dernières années pour pouvoir répondre aux besoins technologiques du CHU » souligne-t-il. La communauté médicale, par la voix du professeur Henri Laurichesse, se dit également aussi « très satisfaite » de l’aboutissement de ce projet. Mais pour lui, il y a quand même nécessité à « muscler » les « petits » hôpitaux périphériques. « Le CHU de Clermont est un très gros établissement quand on le rapporte aux établissements qui l’entourent. Nous ne sommes pas en Rhône-Alpes. C’est presque un mastodonte dans une région quasi-désertique. Ce n’est pas un avantage d’avoir des hôpitaux faibles autour de soi. La fonction de proximité est mal assurée. Du fait, nous sommes sous une pression forte et variable » analyse-t-il.

De 75 à 50 M€

Il faut rappeler que le premier appel d’offres lié à la construction de GM3 avait été infructueux. « Il n’était pas jugé fonctionnel. Deuxièmement, nous avons revu notre copie sur les questions de cancérologie et réorganisé notre projet » précise Didier Hoeltgen. Entre temps, le projet a été amputé de 25 millions d’euros… Mais il n’est pas pour autant moins ambitieux, selon Jean-Yves Grall, directeur général de l’agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes. « Les temps évoluent, les façons de faire évoluent, l’ambulatoire a pris beaucoup d’importance… Nous ne sommes plus dans des organisations capacitaires comme autrefois. Actuellement, dans les hôpitaux, le problème n’est pas tant le dur, le structurel, que les organisations. Tout ceci se revoit. L’ambition d’un projet ne se juge pas au nombre de mètres carrés ou à la masse financière qui va avec » justifie-t-il. Rappelons que le CHU emploie plus de 7.700 ETP*. Il s’agit du plus gros employeur public du territoire.

*Chiffre 2017


Chronologie d’une transformation

2010 – Livraison du bâtiment HND de 250 lits (60 millions d’euros)

2013 à 2015 – Désamiantage des bâtiments HNA et HNB (36,6 millions d’euros)

2016 à 2018 – Désamiantage en site occupé et déconstruction du bâtiment HO (15,3 millions d’euros)

A compter de 2019 – Appel d’offres pour le concours de maîtrise d’œuvre et étude des propositions architecturales pour la construction de GM3

A partir de 2021 – Construction de GM3 (50 millions d’euros)

A partir de 2024 – Livraison de GM3, permettant de mettre en œuvre la dernière opération d’envergure, à savoir le désamiantage, l’écrêtage et la réhabilitation du bâtiment HC (Hôpital Central) pour un coût prévisionnel de 13 millions d’euros ; puis le désamiantage et la déconstruction du bâtiment HE (Hospitalisation Est) pour un coût prévisionnel de 21,5 millions d’euros.

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