Une année universitaire charnière

Une année universitaire charnière
Mathias Bernard, président de l’UCA, et Françoise Peyrard, vice-présidente en charge des formations © Emmanuel Thérond

L’Université Clermont Auvergne (UCA) ouvre ses portes le samedi 9 février dans un contexte de profondes mutations. Explications…

C’est donc le samedi 9 février que l’UCA ouvre ses portes* aux futurs étudiants et à leur famille. Un bon millier de visiteurs sont attendus pour visiter l’établissement, se renseigner sur les formations et échanger avec les personnels enseignants et administratifs. « C’est un moment important dans la vie de l’université » souligne Françoise Peyrard, vice-présidente en charge de la formation.

Des parcours « renforcés » en 1er année

Hormis la création d’un DUT « Statistiques et Informatiques décisionnels / option cybersécurité » créé à Aurillac, l’offre de formations de l’établissement n’évoluera pas à la rentrée 2019. Rappelons qu’elle avait été « totalement renouvelée » en 2017. Le principal changement pour les étudiants sera la mise en place « complète » – et non plus expérimentale – de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, notamment l’arrêté Licence pris en juillet 2018.

Concrètement, un étudiant qui se verra répondre « oui si » (au lieu du « oui ») dans sa liste des vœux sera inscrit dans un parcours adapté dit « renforcé » intégré à ses trois ans de Licence. « Il disposera de dispositifs pour améliorer ses chances de réussite, comme du tutorat, de l’accompagnement, la présence d’un enseignant référent pour 20 étudiants et parfois des modules spécifiques » précise Françoise Peyrard. Des tests de positionnement seront pratiqués en début d’année.

Pour l’instant – et contrairement à d’autres universités – l’UCA n’a pas mis en place des parcours adaptés « progressifs », nécessitant une remise à niveau plus longue. Mais elle ne s’interdit pas de le faire à l’avenir… Quid de la mise en place chaotique de Parcoursup l’an dernier ? « À Clermont-Ferrand, l’outil a plutôt bien fonctionné. Cette année, les lycéens pourront voir le rang du dernier admis de l’an dernier. C’est rassurant. Et la machine va tourner plus vite » assure Françoise Peyrard.

L’internationalisation en mire

Les 7.000 nouveaux étudiants attendus à l’UCA doivent également savoir qu’ils vont intégrer une université amenée à évoluer en profondeur dans les années à venir. Cette mutation va se faire en relation avec le déploiement du programme national I-Site, qui a permis de reconnaître l’excellence de la recherche publique clermontoise alliée aux innovations portées par le secteur privé.

Omnidisciplinaire, l’UCA souhaite « adosser » encore davantage les formations à la recherche et renforcer son attractivité internationale en attirant toujours plus d’étudiants, d’enseignants ou de chercheurs étrangers. Jusqu’à présent, le personnel « international » représente 2 à 3 % des effectifs. « Idéalement, nous aimerions grimper à 10 % d’ici 2025 » souligne Mathias Bernard. Cette ambition explique en partie le choix de ne pas augmenter les frais de scolarité des étudiants étrangers. « Les multiplier par 15 aurait pu les désorienter voire les détourner de l’établissement… »

L’autre volet – différenciant par rapport à d’autres sites universitaires – sera le renforcement « important » des liens avec le monde socioéconomique, notamment dans leur dimension territoriale. Cette stratégie, taboue il y a encore quelques années, semble désormais faire consensus, notamment parce qu’elle permet d’améliorer l’insertion professionnelle des étudiants. Mathias Bernard lui-même reconnait avoir évolué sur le sujet. « Les relations que nous avons établies sont très respectueuses des missions de chacun. Nous avons réussi à travailler en confiance dans une logique gagnant-gagnant. »

Mais le principal chantier de l’année sera l’autoévaluation de l’ensemble des formations, des unités de recherche et de l’établissement en général, comme cela avait été fait il y a quatre ans. Ce bilan donnera lieu à la définition d’un nouveau projet pour cette « université nouvelle » créée dans le sillage de l’I-Site. 2019-2020 sera donc clairement une période « charnière » pour l’UCA. « Les grandes orientations vont se définir au cours de l’année » acquiesce le présidient.

Une année universitaire charnière
L’Université va renforcer encore davantage ses liens avec le monde socioéconomique © Emmanuel Thérond

« Le learning center se fera »

Autre interrogation : les étudiants qui intègreront l’UCA à la rentrée auront-ils la chance de pouvoir fréquenter le futur « learning center », prévu dans l’ancien laboratoire Magmas & Volcans de la rue Kessler, durant leurs études à Clermont-Ferrand ? Peut-être pas en Licence… Encore que. « L’accord de principe de l’ensemble des financeurs a été donné. Il faut maintenant formaliser les engagements, faire le calendrier, redéfinir le projet… Le programme doit donc être affiné durant ce premier semestre. Mais le projet se fera » se félicite Mathias Bernard, qui préfère malgré tout ne pas s’engager sur une date d’ouverture.

*Le CROUS est également associé à l’évènement

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