Annick Clavaizolle « Je suis un peu la maman de tous ces groupes »

Annick Clavaizolle « Je suis un peu la maman de tous ces groupes »
Guitare à la main, au Fotomat’, quelques heures avant le concert anniversaire… © E. Thérond

Sophiane Productions a 20 ans, Sophiane Tour 10, mais elle ? On ne le dira pas. Mais elle a aussi changé de dizaine. Ça valait bien une rencontre. Annick Clavaizolle, une figure du Clermont musical.

Comment est né Sophiane ?

Avec toute une équipe, dont Pierre-Yves Denizot, nous avons créé Arachnée en 1976. L’association est devenue Arachnée Concerts par la suite. J’y ai travaillé jusqu’en 1996. Mais à la fin, je ne m’y retrouvais plus trop dans les choix artistiques. Et j’avais aussi envie de changer, d’accompagner Denis qui voulait monter un studio d’enregistrement… Pour développer des artistes, nous avons donc créé Sophiane Productions fin 1998.

Vous avez révélé du beau monde…

Nous avons commencé avec Rogojine, Zadig. Il y a eu aussi Squeeze Groove, Paco Mediavilla, etc. Nous en avons signé certains en édition. Un jour, Marc Daumail de Cocoon est venu nous voir. Au tout début, c’était un duo de garçons. Il cherchait une fille… Morgane étant la copine de mon fils à l’époque, elle n’osait pas postuler. Mais elle adorait Cocoon, donc elle s’est lancée. Puis un jour Denis a fait passer une maquette à J.-D. Beauvallet des Inrocks. Le soir même, il a appelé en disant que c’était de la balle, qu’il allait leur faire gagner le concours CQFD… Et là, tout est parti. Je crois que c’est ce que le public attendait à ce moment-là.

Et vous avez commencé à chercher des dates…

Oui. Tout le monde voulait les voir sur scène. Donc, nous avons décidé de monter une nouvelle structure, Sophiane Tour, en 2009, afin de bien séparer nos deux activités. Dans les autres groupes de l’époque, il y a bien sûr les Elderberries. Ils ont commencé un peu en même temps que Cocoon. Au départ, ils n’étaient pas vraiment musiciens. Mais ils ont appris très vite !

Les tournées, ça doit être aussi de très bons souvenirs…

Oui. On a beaucoup suivi Cocoon. Pareil pour les Elder’ avec tous les déboires, les anecdotes, un camion brûlé… Il y a plein de choses. Rock’n roll quoi ! On avait fait une tournée Seven Weeks, Mudweiser et Elderberries qui était vraiment sympa. Avec Kill The Young aussi… Mais il y a beaucoup d’autres souvenirs.

Qui accompagnez-vous en production ?

Là, je travaille avec trois groupes d’esthétiques différentes. Le premier, c’est Adèle Coyo d’Aurillac. C’est de la chanson française, un peu électro-pop… Ensuite, il y a le pop-rock de Sungraze, fondé par deux Elderberries, dont mon fils. Le troisième groupe, c’est Calle Allegria, un groupe de chanson espagnole. Bien sûr, je reçois plein de demandes… Mais je suis toute seule ! Et c’est beaucoup de travail administratif.

Que pensez-vous de l’écosystème musical clermontois ?

Beaucoup de choses se passent. Mais tout de suite, rien ne cartonne vraiment. Ce que je regrette, c’est qu’il n’y ait pas assez de synergie entre la diffusion et la production. On pourrait faire de plus belles choses en travaillant tous ensemble.

Quelle est l’identité artistique de Sophiane ?

Nous fonctionnons vraiment aux coups de cœur. Nous ne surfons pas sur des modes, des courants musicaux. Par exemple, je ne vais pas faire de rap. Ce n’est pas mon truc. Avant de signer des groupes, il faut vraiment que je les connaisse. Il y a un côté familial. Je suis un peu leur maman…

En chiffres

30 artistes en édition
807 titres déposés à la Sacem
1144 dates entre 2006 et 2018
40 artistes en booking

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