Eboué n’a plus « Rien à perdre » / attention : changement de date…

Eboué n’a plus « Rien à perdre » / attention : changement de date...
« Mon métier, c’est l’humour, la dérision. Je tiens à ma neutralité », affirme Fabrice Eboué.

Dans la cadre de sa nouvelle tournée, « Plus rien à perdre », l’humoriste cogne fort. Les Vegan, la chasse à courre, la droite, la gauche… Eboué taille de jolis costards et revendique la scène comme « un espace de grande liberté ». Nous l’avons rencontré avant son passage à Clermont, qui a été repoussé au 10 janvier 2020.   

Info – Comment êtes-vous devenu humoriste ?

Fabrice Eboué – En ce qui me concerne, c’est venu par hasard, au fil du temps. J’ai toujours aimé avoir le bon mot à l’école ou en famille. Je me faisais souvent remarquer puisque j’ai été viré de huit établissements scolaires. J’aimais faire rire mes camarades, déstabiliser le professeur, être déjà dans la provocation quelque part. Ma première scène a été l’estrade à l’école et petit à petit, je me suis intéressé à la vidéo même si nous n’avions pas de « Youtube » à l’époque. On se filmait sur des cassettes. Un jour, avec un pote, on a fait une petite scène ouverte à Paris. J’ai continué, lui non. Je suis tombé dans le système des festivals, avant d’enchaîner sur une programmation au Petit théâtre des Blancs Manteaux, puis le Jamel Comedy club et la radio avec Ruquier. 

I. – Comment ont réagi vos parents, je crois que votre père est médecin ?

F. E. – J’ai effectivement une famille atypique, mon père est gynéco, mon grand-frère et ma petite sœur ont aussi suivi la voie paternelle. Cela fait trois gynécos dans la famille (rires…). Les discussions sont toujours très ciblées. J’ai cherché à m’en démarquer mais c’est aussi une source d’inspiration dans les spectacles. Quand j’ai annoncé à mon père ce que je voulais faire, il n’était pas très sûr du choix. Je n’ai pas choisi la voie des études mais je crois que mes parents sont très contents aujourd’hui. On parle d’autres choses à table que de stérilet ou de kyste à l’ovaire…

I. – Plus jeune, aviez-vous des idoles et assumez-vous ce côté trash véhiculé par votre spectacle ? 

F. E. – Je ne vais pas mentir, j’ai beaucoup grandi avec Les Inconnus. C’est ma génération. Mais excepté ces derniers, je n’ai pas eu la culture du one-man show. Ce qui m’inspire, c’est la vie, le quotidien, les conversations avec les amis, etc. Quant au côté trash, c’est mon humour. Je ne me mets pas de limites spécialement. Pour dédramatiser l’existence, il y a l’humour. J’aime bien dédramatiser le côté obscur des choses, pas le côté lumineux. Mon censeur reste mon public. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont gangrénés par l’aspect militant. Dans cet aspect-là, l’humour n’existe plus. Le militant est quelqu’un qui peut rire de tout sauf des sujets qui le concernent. La scène reste pour moi un espace de grande liberté. Je le dis dans mon spectacle, je suis humoriste, pas homme politique. Par exemple, quand je parle de militantisme ou de communautarisme, dès qu’il y a un fait qui concerne les Noirs en France, j’ai 12.000 journalistes qui m’appellent, comme si j’étais le représentant de cette communauté. J’essaye de rester le plus neutre possible, de ne pas faire de prosélytisme. C’est pourquoi, je tape de façon très large. Tout le monde en prend pour son grade.

I. – Vous avez fait beaucoup de chose depuis vos débuts, de la scène, de la radio, du cinéma, que préférez-vous ?

F. E. – Il y a un dénominateur commun à tout cela, c’est l’écriture ; un élément dont j’ai vraiment besoin, où je me retrouve. La scène, je continuerai à en faire. Elle m’a permis de me faire connaître. Mais tous les matins, je me lève et je me retrouve face à mon ordinateur. J’écris en ce moment mon nouveau film. C’est un travail beaucoup plus posé que le one-man show. Le tournage aura peut-être lieu cet été, après la tournée.

Pratique : la date de la représentation à la Maison de la culture de Clermont, prévue initialement le 9 mai, a été repoussée le 10 janvier 2020. L’organisateur de la soirée, Arachnee Concerts, précise : « Les billets achetés restent valables pour cette date de report, pour les spectateurs ne pouvant assister à la représentation du 10 janvier 2020, ils peuvent se faire rembourser leur place dans le point de vente d’achat. »

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