Le come-back de J. Aubertin

Le come-back de J. Aubertin
Le Clermontois garde les yeux rivés vers l’ouest. Et ça lui réussit © Didier Guyot.

Depuis la sortie du sublime « Bringers of the Light », son premier EP, en 2018, l’homme n’a pas changé. Les traits secs, le visage émacié, il coiffe toujours sa longue silhouette d’un chapeau blanc à bords larges. Plus qu’un accessoire, le symbole d’un pays, d’une histoire et d’une culture aux frontières du folk, du blues et de la country. A l’époque des musiques urbaines, J. Aubertin fait donc dans le rural. Et il assume. « C’est mon style » résume-t-il avec un sourire. Combien sont-ils, en France, à s’inscrire dans l’héritage d’un John Prine, d’un Hank Williams ou d’un Guy Clark ?

Ce nouvel EP, « Whispers in the Wind », est sorti le 5 avril en format digital, vinyle et cd. En un an, l’ancien élève du lycée hôtelier de Chamalières a donné une quarantaine de concerts. On a pu le voir en première partie d’Elliott Murphy ou de Charlotte Gainsbourg à la Coopé. En novembre, il est parti en solo sur les routes européennes, de la Belgique, aux Pays-Bas en passant par l’Allemagne et la Suisse. Musicalement, ces six nouveaux titres sont dans la lignée du précédent opus. D’ailleurs, J. Aubertin a choisi le même photographe pour réaliser la pochette, en l’occurrence le Clermontois Didier Guyot, spécialisé dans la technique vintage de l’ambrotype, qui colle parfaitement à l’ambiance du disque.

On retrouve sur chacune des pistes le style dépouillé de leur auteur, avec cette voix grave, profonde, à la Léonard Cohen. A une évolution près : aux cordes de la guitare s’ajoutent ici et là celles du violon et de la contrebasse. « Ces instruments apportent plus de richesse, plus chaleur » précise le plus américanophile des chanteurs auvergnats. Toujours en anglais, ces chansons ont été enregistrées au Studio Magneto à Lyon par Frédéric Pellerin et Giles Davenport. Le précédent EP, plus artisanal, avait été enregistré au Colorado.

Encore une fois, l’ensemble est très réussi. Mélancolique juste comme il faut, le Clermontois de 26 ans sait se montrer lumineux quand le besoin s’en fait sentir. Il va désormais défendre son album sur scène. Les States ? Forcément, il en rêverait. Alors, ce sera peut-être pour 2020. « J’y ai déjà fait une tournée en 2017 avec Willy Tea Taylor » rappelle-t-il. Comme il le dit si bien, J. Aubertin avance « doucement et sûrement ». Les yeux rivés vers l’ouest et avec ce chapeau à bords larges qui semble le protéger des vents mauvais de sons trop marketés.

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