Serge Hélias, passeur d’art

Serge Hélias, passeur d’art
Serge Hélias est né en 1923 à Paris. « Créer, c’est inventer chaque jour la vie » disait-il © J.-C. Sergère

Une exposition rend hommage à l’ancien directeur des beaux-arts de Clermont-Ferrand. Une trentaine d’artistes plasticiens y est associée.

Il est décédé le 15 mars 2007, laissant un immense vide dans le paysage culturel clermontois. Lui, c’est Serge Hélias. Artiste peintre, professeur, engagé dans le bouleversement de l’enseignement de l’art des années post’68, cette figure de la vie locale a dirigé l’école des beaux-arts de Clermont-Ferrand de 1973 à 1992.

Grâce à lui, grâce à son engagement, grâce à sa vision, aussi, l’actuelle Ecole Supérieure d’Art de Clermont Métropole a atteint une forme d’excellence aujourd’hui unanimement reconnue, en France comme à l’international.

« Les étudiants respectaient Serge Hélias, homme à la haute stature, moustaches à la Souvorov, doté d’une autorité naturelle dont il usait envers eux avec une bienveillance toute paternelle » écrit Yvon Rousseau, ancien étudiant et professeur de l’école dans le catalogue* d’une exposition proposée jusqu’au 26 mai par l’association d’amis « Autour de Serge Hélias. »

Serge Hélias, passeur d’art
Serge Hélias, La Providence VIII, 1960, dessin feutre noir sur papier, 27×21 cm, collection MARQ © Clermont Auvergne Métropole – Florent Giffard

MARQ et AMAC

Cet hommage pluriel se déroule au Musée d’Art Roger-Quilliot de Clermont-Ferrand et (à partir du 12 avril) à la Galerie d’Art Contemporain de Chamalières (AMAC). Autour d’un espace consacré à l’évocation de l’œuvre de l’artiste, l’exposition rassemble les travaux de plasticiens qui furent ses étudiants ou professeurs, preuve que Serge Hélias fut aussi un formidable passeur d’art.

Acryliques, gravures, photographies, dessins, installations… Cette carte blanche convoque trente-et-unes personnalités aux univers bien marqués. De Sylvie Baduel à Catherine Chouzenoux, en passant par Claire Clavairolles, Roland Cognet, Yves Guérin, Frédéric Castaldi ou Denis Falgoux, tous ont côtoyé Serge Hélias d’une façon ou d’une autre. Et cette rencontre ne les a visiblement pas laissés indifférents.

« Nombreux sont les anciens étudiants à qui Serge Hélias mit « le pied à l’étrier » et qui lui doivent, aujourd’hui, tout ou partie de leur carrière professionnelle » confirme Yvon Rousseau. Au-delà, des artistes, l’ancien directeur des beaux-arts a aussi contribué au rayonnement de la métropole clermontoise. En ce sens, cette carte blanche était aussi indispensable que bienvenue.

*Page centrale, 18 €

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