Tonio Escamez « Je chante, c’est tout »

Tonio Escamez « Je chante, c’est tout »
Auteur, compositeur et interprète, il vient de sortir son 21ème album © Emmanuel THEROND

Son nom ne vous dit rien ? Pourtant, à 69 ans, il a enregistré 21 albums, tous auto-produits. Entre le premier et le dernier, un grand écart temporel et géographique : « L’Espagnol », sorti en 1977, suggère ses racines andalouses, quand « 45, côte Ferrandon », tout juste accouché, renvoie à Saint-Eloy-Les-Mines, où il a grandi. Illustrée d’une photo sépia, la pochette du disque rend hommage à toute sa famille. Lui n’apparait qu’à l’intérieur. Ceux qui le connaissent ne seront pas surpris : Tonio Escamez est un homme discret. « Je chante, c’est tout » résume-t-il dans la dernière chanson de l’album.

Finalement, seule lui emporte l’envie de donner un peu de sens l’existence, de faire voyager les mots, vibrer quelques cordes sensibles et partager ses idées. La chanson ? Un jour, il a dit qu’elle était sa seule fantaisie pour vider son âme. Si la musique n’apporte à cet ex-prof de sport « ni la notoriété, ni la richesse », en revanche, elle lui fait du bien. Et visiblement, elle peut aussi faire du bien à ceux qui l’affectionnent. Alors, l’étiquette d’artiste « local » l’agace un peu. Le terme est péjoratif, alors que l’essentiel est ailleurs. Et son engagement, total. « J’ai écrit plus de 200 chansons alors que ce n’est pas mon métier. »

Le 19 avril à l’Opéra

Dans ces douze nouveaux titres, Tonio Escamez parle des animaux, de la nature, de l’amour, de sa famille, de ses amis, de la mémoire. Et de lui (de nous), en filigrane. De son envie de croquer l’instant présent, mu par une gratitude et un émerveillement presque enfantins devant la beauté de l’existence. « Encore un mot la vie / Avant que tu délaisses / cette barque vieillie / Sans me laisser d’adresse / Je veux te dire merci / d’avoir mis dans les yeux / le bonheur d’être ici / de toi d’être amoureux » chante-t-il dans « Je trimballe la vie. »

Tonio Escamez est un humaniste. Il doit son amour du chant et de la musique à son père, à son frère et à quelques grands noms de la chanson : Ferrat, Brel, Brassens, Reggiani. « Au début, j’étais très influencé par Henri Tachan. Il m’a vraiment boosté » souligne-t-il, évoquant un concert (lointain) au théâtre Saint-Antoine à Paris.

Pour parfaire ce « 45, côte Ferrandon », cet adepte de la musique en circuits courts s’est entouré de Pierre Courthiade (piano, clavecin et arrangements), de l’Ensemble Instrumental des Volcans, de Didier Lamaze (son et mixage), de Frédéric Phelut et Quentin Duprat (aide technique) et de François Schmitt (travail graphique… et alto.) Pour découvrir l’univers de Tonio Escamez, rendez-vous le vendredi 19 avril à 20h30 à l’Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand* et à la librairie Les Volcans le 4 mai pour un showcase.

*Première partie : Frédéric Phelut (hommage à Astor Piazzola) Réservations à l’office de tourisme de Clermont-Ferrand. Prix des places : 15 euros.

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