Pierre Vaultier « Ces Jeux m’ont vraiment attaqué intérieurement »

Pierre Vaultier « Ces Jeux m’ont vraiment attaqué intérieurement »
Ce sportif au palmarès impressionnant rêverait de décrocher un troisième titre olympique… © E. Thérond

Double champion olympique de snowboardcross, le sportif rhônalpin était de passage à Clermont-Ferrand il y a quelques jours, dans le cadre d’une soirée organisée par Atos au stade Michelin.

Quelle image la plus forte garderez-vous des derniers Jeux Olympiques ?
L’image qui restera ancrée dans ma mémoire, c’est forcément le passage de la ligne d’arrivée. C’est la consécration, l’aboutissement de quatre ans de travail. Cette sensation se matérialise vraiment au moment où je passe la ligne. C’est le souvenir le plus intense, les émotions les plus profondes. Durant ces quelques secondes après le passage – voire quelques secondes avant, car je savais que j’étais en tête – c’est un envahissement d’émotions indescriptibles. C’est juste fou… Petit à petit, ça redescend, bien sûr. Mais quand on réalise au fond de soi-même qu’on est champion olympique, c’est un moment d’euphorie incroyable.

Cette médaille d’or, est-ce votre plus beau titre ?
Il y a eu 2014, avec l’autre médaille d’or à Sotchi… Mais la dernière est la plus belle. Déjà les émotions sont fraîches, donc je pencherais un peu plus pour celle-ci. Mais elle occupe aussi une place à part parce que je suis arrivé leader et que je suis resté leader. Pour moi, cela compte énormément. Quand je suis arrivé à Sotchi, je n’étais pas leader, j’étais tout cassé, j’avais même un genou en vrac. Certes, j’ai quand même réussi, mais il n’y avait pas toute cette symbolique de la force, du mec qui a tenu jusqu’au bout et qui n’a rien lâché. D’une certaine manière c’était aussi le cas à Sotchi, bien sûr, mais psychologiquement il y avait beaucoup plus de travail à PyeongChang.

La saison se termine… L’euphorie est-elle redescendue ?
La neige fond et c’est très bien ! Il faut un peu passer à autre chose… La saison a été éprouvante. Ces Jeux ont été extrêmement fatigants : j’y ai vraiment laissé des plumes. Je dis souvent que s’il me fallait y retourner, je ne sais pas si je le ferais. Ces Jeux m’ont vraiment attaqué intérieurement. Ce repos est donc très attendu. Je fais du snowboard toute l’année, cela ne va pas me faire de mal d’arrêter un petit peu, de faire autre chose, de passer du temps avec mes enfants, de partir en vacances, de pratiquer d’autres sports…

Quel est votre programme des prochains mois ?
Au-delà du sport, je vais voir ma famille, essentiellement. Je vais aussi répondre aux sollicitations post-Jeux Olympiques, qui affluent, comme ce soir à Clermont avec Atos. Si je n’avais pas été champion olympique avec une médaille en février, je ne serais sans doute pas là ! Cela fait partie de tout un processus qui se met en place après les Jeux, et auquel il faut se prêter parce que cela fait partie du travail. Bien sûr, il va vite y avoir du sport : je vais vite repartir sur un programme, mais il va falloir définir des objectifs précis pour les prochaines années.

Ils ne sont pas encore définis ?
Plus ou moins… J’aimerais bien continuer quelques années encore. Idylliquement, jusqu’en 2022. Mais il n’y a encore rien de sûr. En tout cas, pour l’année prochaine, il faut vraiment définir les projets qui seront mis en place avec mes partenaires sportifs pour voir comment « surfer » sur la vague des Jeux Olympiques, sans vouloir faire d’image étroite ! Il y a des choses à faire et probablement ailleurs qu’en compétition…

Votre palmarès est impressionnant. Quels titres vous manque-t-il ?
Aucun ! C’est là que ça se complique… Certes, deux médailles olympiques c’est bien, mais trois c’est encore mieux… Ne dit-on pas jamais eux sans trois ? Etoffer ce tableau reste donc un objectif en soi. En plus, c’est un beau challenge, qui s’inscrit dans la continuité de mon parcours : je suis sur le circuit international depuis douze ans. Finir avec une troisième médaille serait tout simplement incroyable. Donc pourquoi pas ? Mais 4 ans, c’est loin. Il peut se passer plein de choses… En attendant, j’aimerais bien organiser les projets qui me trottent dans la tête depuis un moment. Ils sont relatés au snowboard de manière très étroite. J’ai notamment un projet avec Red Bull…

*Partenaire informatique mondial des Jeux Olympiques

Partager

Laisser un commentaire