Parole de Psy

Chaque mois, la psychologue clermontoise Karine Mioche évoque un sujet sensible pour infomagazine.com

« Ma fille de 7 ans est très anxieuse depuis quelques jours. Les soirs elle repousse l’heure d’éteindre, elle veut une histoire en plus, un verre d’eau, elle se lève… C’est la rentrée qui la stresse… et d’ailleurs, moi aussi. »

Parole de PsyEn septembre, les patients, petits et grands, chacun à leur manière, parlent beaucoup du stress de la rentrée dans le cabinet du psy. La rupture d’avec les habitudes de chez soi n’est pas toujours facile. Il s’agit là d’une problématique ancienne dont notre société moderne a fait l’un des thèmes très révélateurs des  difficultés à appréhender les questions de la séparation, au nom d’une pseudo normalité.

La rentrée, c’est se séparer un peu de sa maman, de son lieu de vie. Passer d’une relation privilégiée à des relations de groupe, d’un espace investi principalement par la famille ou les proches, à un espace plus ou moins étrange où d’autres enfants entrent en scène… Les rythmes, à la maison, sont particuliers ; à l’école, c’est une organisation collective, dans laquelle l’enfant peut avoir peur de ne plus se sentir exister.

Ces alternances entre le plus particulier et le collectif, entre le connu et l’inconnu, structurent les enfants, car ils sont porteurs d’un manque qui met en question leur propre désir et ce qu’ils veulent. C’est bien cela qui les prépare à la vie où ils auront à trouver leur place à partir de ce qu’ils sont tout en ayant à faire à l’inconnu, aux règles et aux autres.

Le soir, l’histoire en plus, le verre d’eau, la télé, ce sont des demandes d’amour ! Alors, n’hésitez pas à les rassurer, sereinement. Amener le verre d’eau, surtout en leur offrant votre présence qui enveloppe leurs angoisses, avec vos petits mots, juste pour eux. Vous pouvez leur dire que vous les accompagnerez, et qu’ils seront présents, là, dans votre tête et qu’ils vous raconteront, le soir. Déplacer leur anxiété, et la votre, vers le goût de vous raconter, ensemble, des histoires.

Ne pas nier la peur confiée. Si votre enfant vous dit « Dans la cour, je suis tout seul, je n’ai pas d’amis.» Ne cherchez pas à lui prouver le contraire. «Ah… et bien, ce ne doit pas être facile. Comment pourrais tu faire … ? ». Entendre sa plainte, sans y ajouter votre affect. C’est votre présence qui sait entendre de manière aimante et tranquille, qui est importante et qui l’aidera à inventer sa propre solution.

Karine Mioche

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