Parole de psy : Confidences au travail

« Dans l’entreprise, une jeune femme récemment embauchée me confiait tout ce qui lui arrivait et j’avais l’impression qu’elle avait confiance en moi. Mais depuis quelques semaines, je ne sais pas ce qui s’est passé, elle m’ignore, et parfois, semble même me regarder avec mépris. Je ne sais plus quoi faire. Moi qui me targuais d’être populaire auprès des personnes avec lesquelles je travaille… Je souffre de ce revirement. »

La tendance de certaines personnes, à vouloir établir des rapports de proximité, presque affectifs, avec ceux avec lesquels elles travaillent, est souvent préjudiciable au bon fonctionnement de l’équipe, à l’inverse de ce qu’elles recherchent.
Si une attitude chaleureuse est toujours préférable à une relation trop formelle, mieux vaut éviter de chercher à être celui (ou celle) auquel on fait le plus de confidences. Il faut bien avoir conscience que les nouveaux venus perçoivent rapidement cette sorte de compétition entre salariés, et certains jouent, au grè de leur humeur, à accorder ou retirer cet « oscar du meilleur accueillant ».
Les amitiés professionnelles, les rivalités, les fâcheries, les réconciliations font le piment de la vie au travail. Mais, entretenir des liens d’amitié avec quelqu’un avec qui l’on travaille, peut vous faire basculer dans une trop forte ambivalence et vous mettre en souffrance dés qu’elle (ou il) vous manifeste de la froideur ou de l’indifférence. Il peut être très difficile de se déprendre de cette tendance lorsque la configuration des bureaux impose une proximité physique et psychique entre salarié(e)s.
Le problème est qu’au delà de l’angélisme apparent, une relation teintée d’affectivité est soumise aux lois qui régissent la pulsion, loi du tantôt plus, tantôt moins, du contingent, du trop ou du trop peu, et il n’est pas rare, à la faveur d’un événement quelconque, de voir se transformer l’amitié en haine.
La neutralité affective vous protège, vous et ceux avec lesquels vous travaillez, et vous garantit une plus grande efficacité professionnelle. Maintenir une certaine distance préserve d’une familiarité qui pourrait vous nuire. Même s’il se doit d’être bienveillant, ce recul permet de préserver une autonomie aussi nécessaire au bon fonctionnement d’une équipe.

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