Alain Lacouchie : poète, vos papiers !

Président du Centre d’Action Poétique, Alain Lacouchie a souhaité redonner ses lettres de noblesse à la poésie contemporaine en ouvrant la scène de la BFM aux amateurs.

Alain Lacouchie : poète, vos papiers !
« Les Polypoésies sont une chance pour les poètes amateurs ».

Pas à pas, Alain Lacouchie s’est ancré dans le paysage culturel régional en multipliant les activités. Depuis 1992, il a publié une trentaine de recueils de poésie, une passion qui remonte aux années soixante-dix. « Avec Paul-Henri Barillier et le guitariste David Ranz, nous avions créé un groupe d’art et de poésie et nous jouions des spectacles en mettant en avant la poésie d’Aragon, de Robert Desnos et Paul Eluard se souvient-il. Ma rencontre avec Joseph Rouffanche qui dirigeait la revue Friches m’a permis de publier mon premier recueil et je n’ai jamais arrêté depuis. Comme l’a justement écrit Yvette Chassagne dans les Cahiers de Robert Margerit, je suis un artiste humble et pluriel, un homme révolté ». Il reconnaît être longtemps passé pour un poète à la plume acérée, en raison de ses thèmes inspirés par l’actualité. « Je ne suis pas Richard Cœur de Lion qui va aux croisades ! Je reçois des tas d’informations qui me dérangent, ces enfants qui font la guerre, l’attentat contre Charlie Hebdo, cet enfant noyé sur une plage, tout ceci me révolte et ma poésie traduit cette révolte. L’âge aidant, je m’assagis un peu en me tournant vers l’interrogation sur le néant, le silence, le temps qui passe, la solitude, l’éternité, le doute, surtout depuis le décès de mon père voilà près de deux ans, qui s’était battu toute sa vie pour la culture et que va-t-il en rester ? » s’interroge-t-il. Henri Louis Lacouchie avait ouvert les centres culturels de la Ville de Limoges il y a quarante-cinq ans.
Depuis son enfance, le poète limougeaud baigne dans un univers culturel qui a donné un sens à sa vie. Son grand-père et son arrière-grand-père étaient peintres sur porcelaine. Il s’est aussi adonné au dessin et à la peinture et continue d’illustrer ses recueils d’encres ou ceux des autres comme l’aïku (recueil japonais) de Jean Joubert. Dans sa jeunesse, il a aussi « fait l’acteur en amateur » durant une dizaine d’années au sein de l’équipe Les Ménestrels Limousins et de la troupe de Jean-Gagnant. Professeur d’anglais affecté en Creuse puis au collège Donzelot, son dernier poste il y a six ans, le poète a également dirigé une troupe de théâtre qui donna des représentations dans le cadre de l’éducation populaire. Enfin, il a longtemps pratiqué la photographie avec une préférence pour l’abstraction.
Voilà dix ans, Alain Lacouchie créait les Polypoésies après avoir été élu président du Centre d’Action Poétique, un rendez-vous devenu incontournable. La salle des conférences de la BFM accueillera la onzième édition, le 23 octobre de 18 h à 20 h, l’entrée sera gratuite. « La scène sera ouverte à une dizaine d’amateurs qui pourront s’inscrire juste avant. Certains ont été publiés, d’autres se confronteront pour la première fois à un public, nous leur offrons une chance car des éditeurs comme Olivier Rougerie ou Jean-Louis Escarfail seront présents ». Un intermède musical sera assuré par le guitariste Alexis Lagorce. La seconde partie mettra à l’honneur une poétesse reconnue Martine Morillon-Carreau, agrégée de lettres et enseignante à la Faculté de Droit de Nantes, qui préside la revue Poésie/première. Primée à différents concours, elle a publié des poèmes et articles sur la poésie dans de nombreuses revues et anthologies. Celle-ci incarne la poésie contemporaine, compréhensible par tous, aux antipodes de celle très codifiée que nous avons récitée à l’école. Alain Lacouchie dédicacera son dernier recueil « Tous les hommes s’appellent Icare », le 17 octobre, à Page et Plume.

Corinne Mérigaud
Photos © Yves Dussuchaud

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