« L’eau n’est pas une ressource inépuisable » Pascal Boyer

« L'eau n'est pas une ressource inépuisable » Pascal Boyer

Directeur commercial de l’Office International de l’Eau, Pascal Boyer pointe du doigt l’importance de la gestion de l’eau pour l’avenir.

Info. Que représente votre structure en Limousin ?

Pascal Boyer. L’Office International de l’Eau, dont le siège est à Paris, concentre la plupart de ses effectifs à Limoges et La Souterraine à savoir 130 salariés sur 100 répartis sur ces deux centres de formation professionnelle et continue dédiés aux métiers de l’eau et de l’assainissement. Unique au monde, il forme 6.000 personnes par an, l’équivalent de 16.000 nuitées et 20.000 repas, ce qui compte pour l’économie locale. De plus, nous gérons les bases de données de l’eau pour le compte de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques avec une compétence forte que nous exportons.

I. Dans quels pays intervenez-vous ?

P. B. Nous allons régulièrement dans les pays ayant dernièrement intégré l’Union Européenne pour organiser et gérer l’eau. D’autres pays, organisations, services de l’eau et de l’assainissement font aussi appel à l’OIEau. Ce mois-ci, une délégation de Rand Water se forme aux méthodes françaises pour gérer leurs réseaux en Afrique du Sud, au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Maghreb. Nous avons réalisé une seconde mission à Shangai avec un audit sur le traitement, préfigurant une coopération importante. Nous travaillons avec des sociétés privées détentrices de productions lourdes sujettes à des problèmes récurrents de pollution et de fortes contraintes de qualité environnementale.

I. Une société a été créée au Québec, dans quel but ?

P. B. Depuis vingt-cinq ans, nous intervenons au Québec et ce partenariat a abouti à la création, en 2015, d’une société de droit canadien Québec’eau afin de développer la formation professionnelle continue, compte tenu des besoins importants dans ce secteur qui concentre 30% des réserves de la planète dans 3.000 lacs souvent immenses. Cette zone est confrontée à l’exploitation croissante du gaz de schiste et du pétrole. L’industrie minière s’y développe, entraînant une augmentation de la population et du réchauffement climatique avec un impact sur l’eau. Nous avons du personnel sur place et je m’y rends régulièrement. Un centre international de l’eau et du changement climatique devrait ouvrir en 2018 ou 2019. Il est temps d’agir face à la détérioration de cette grande réserve d’ici à 2050.

 

I. Vous avez participé à la COP 21, qu’en retenez-vous ?

P. B. L’eau avait une place de choix cette année, nous allons travailler ensemble pour trouver des solutions contre les effets du réchauffement de la planète. Nous avons désormais conscience que cette ressource n’est pas inépuisable. Au total,192 pays ont signé ce pacte pour mieux se préparer car des événements climatiques plus intenses et fréquents sont prévisibles comme celui de Nice en 2015 ou des sécheresses qui impactent l’homme et les récoltes générant famines et déplacements de populations. Nous dispensons une nouvelle formation afin de s’adapter au changement de climat.

I. Quels sont les plus gros consommateurs d’eau ?

P. B. Aujourd’hui, 70% des ressources sont utilisées pour l’irrigation, il faudra trouver des solutions pour faire des économies et les réutiliser plus intelligemment. Les technologies d’irrigation ont besoin d’être repensées en remplaçant l’aspersion par un système piloté de goutte à goutte. Depuis le Grenelle de l’Environnement, nous sentons que la lutte contre les fuites et le gaspillage s’intensifie. La qualité est aussi l’un des enjeux importants, il faut protéger les captages et utiliser des molécules moins intrusives concernant les engrais. La discussion et la négociation permettront une meilleure gestion concertée en mettant tous les acteurs autour de la table.

Propos recueillis par
Corinne Mérigaud
Photos © Yves Dussuchaud

« L'eau n'est pas une ressource inépuisable » Pascal BoyerCV EXPRESS
> 1956
Naissance à Neuvic-Entier
> 1978
Ingénieur traitement des eaux (Université de Limoges).
> 1979
Responsable environnement, suivi du fonctionnement des stations des effluents des mines, usines d’uranium et mines d’or (Aréva).
> 1989
Formateur et expert en eaux usées urbaines, boues résiduaires et déchets à la Fon-dation de l’Eau qui deviendra l’Office International de l’Eau.
> 1998
Chargé des études et de la recherche et Délégué à l’Aquapole du Limousin.
> 2001
Directeur commercial de l’OIEau, chargé des relations extérieures.
Directeur adjoint du Centre National de Formation de l’Office.
> 2015
Directeur du développement international de Québec’eau.

Une réponse
  1. Lansana BADJI at |

    Merci Mr. le Directeur, très comptent de vous lire …..
    je m’appel Lansana BADJI et je travail pour l’ONG ACRA au Sénégal où j’occupe le poste de superviseur de chantiers hydraulique qui consiste à la réalisation de réseaux d’adduction potable pour alimenter en eau potable les populations en milieu rural dans les villages de Casamance à travers des branchements particuliers. installation de robinets dans chaque concession « Un toit-Un robinet »
    j’habite la région de Ziguinchor en Casamance j’ai suivi trois formations à l’OIE en Octobre 2011 à la Souterraine et à Limoge concernant la Construction, l’Amélioration du Rendement, le Dimensionnement de RAEP. je suis très fière de la qualité de la formation. bonne initiative concernant la réutilisation de l’eau a des fin agricole l’agriculture étant le domaine de priorité numéro en matière de développement local.

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