Jean-Marc Ferrer : passion ardente

Professeur d’histoire géographie, Jean-Marc Ferrer a renoncé à l’enseignement depuis sept ans afin d’assouvir sa passion pour l’écriture et l’édition.

Jean-Marc Ferrer : passion ardente

« Nous sommes prescripteurs en faisant découvrir la région ».

Limougeaud d’adoption Jean-Marc Ferrer, né à Ollioules dans le Var, est devenu à sa manière un ambassadeur du Limousin, une région qu’il a découverte en 1974 lorsque ses parents se rapprochèrent de ses grands-parents maternels.
« J’ai été élevé dans un milieu modeste de comptable raconte-t-il, ma grand-mère était née à Limoges et avait travaillé dans la porcelaine. Si elle m’en parlait peu, ce côté génétique a pu transparaître ».
En effet, l’auteur est reconnu comme un spécialiste des arts décoratifs limousins des XIXème et XXème siècles. Après un Bac A 3 (arts plastiques, histoire de l’art) au lycée Renoir, il poursuit ses études et décroche une maîtrise d’histoire avec un mémoire remarqué sur le théâtre Berlioz, Place de la République, et l’opéra au XIXème à Limoges. Il est alors l’un des rares historiens à s’intéresser au patrimoine artistique. Durant vingt-cinq ans, il enseigne l’histoire géographie jusqu’à la création de sa société d’édition Les Ardents Éditeurs.
Pourtant, sa vocation aurait pu être tout autre. « Je me cherchais dans le domaine créatif et, en fin de 3ème, je voulais être cuisinier mais ma candidature à l’école de Chamalières a été refusée. Adolescent et étudiant, j’ai aussi fait du théâtre amateur et obtenu un diplôme au Conservatoire ainsi qu’un niveau moyen en chant lyrique ».
En 1994, Jean-Marc Ferrer s’essaye à l’écriture et publie son premier livre consacré au porcelainier Camille Tharaud. Il rêve alors de monter des expositions, ce qu’il fera par la suite. Chaque mois, il voit deux à trois expositions et ne manque jamais la Biennale d’art contemporain de Venise et les Rencontres photographiques d’Arles.
« L’exposition Paris 1900 m’a marqué, elle mêlait le domaine artistique, le travail d’historiens et d’ethnographes pour un art au service de la compréhension d’une société, une tendance très actuelle. Aujourd’hui, une exposition est le reflet d’un temps, elle doit être la plus intelligible possible pour sortir du côté élitiste. Voilà l’alchimie que je recherche sur mes scénographies ».
Au printemps, il présentera au Musée d’Eguzon la première rétrospective consacrée à Eugène Alluaud, qui fut à la fois porcelainier, photographe et l’un des grands peintres de Crozant. Un livre est également prévu sur ce personnage touche à tout tandis qu’un second retracera le parcours du peintre Corot en Limousin.
Jean-Marc Ferrer a signé ou co-signé une dizaine d’ouvrages révélant souvent des aspects méconnus de notre région comme l’art des plaques funéraires dans « Funé-railles de porcelaine » avec Philippe Grandcoing, les souterrains de Limoges, les intérieurs secrets ou dernièrement les artistes dans la grande guerre.
Depuis 2007, sa maison d’édition s’est imposée auprès d’un lectorat fidèle. Plus de soixante titres signés par vingt-cinq auteurs majoritairement limousins ont été publiés.
« Nous sommes parfois prescripteurs en faisant découvrir des paysages de la région, par exemple avec les arbres remarquables que des lecteurs sont allés voir ou en-core les pierres jaumâtres en Creuse, visitées par de nombreux limougeauds ».
L’éditeur a également lancé de jeunes talents à l’image Michaël Bettinelli, auteur de la série manga Le Grimoire Pourpre. Jean-Marc Ferrer avoue avoir des idées de livres jusqu’à la fin de sa carrière.
« Notre région a encore beaucoup de choses à montrer » estime-t-il. Il est également fier de défendre le made in France, ses livres sont imprimés dans l’Hexagone et la moitié en Limousin.

Corinne Mérigaud
Photos © Yves Dussuchaud

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