Saint-Pardoux : voyage en terre inconnue

Saint-Pardoux : voyage en terre inconnue
Le lac de Saint-Pardoux offre de nouveaux paysages.

Une vision quasi lunaire… Pourtant nous ne sommes pas sur la lune mais au lac de Saint-Pardoux quasiment à sec.

Durant deux mois, le lac de Saint-Pardoux offre un panorama inhabituel aux randonneurs, photographes, vidéastes et amateurs de selfies qui vont s’en donner à coeur joie en découvrant des paysages d’ordinaire noyés sous plusieurs mètres d’eau. Ici un petit pont et une route refont surface là, dans une vallée encaissé, on s’attend à voir surgir des profondeurs des créatures d’un autre temps. Durant la vidange décennale, le lac offre une vision inédite et mérite une visite, histoire de découvrir des lieux insolites. Autant de jolies cartes postales sublimées par un automne ensoleillé qui rappelle l’été indien au Canada. Le dépaysement est garanti dans cet univers végétal et minéral, magnifié par une palette de couleurs chatoyantes qui vont du vert au jaune, en passant par toutes les nuances de rouge et de brun. Une parenthèse salutaire au coeur de la plus belle saison avant le repos bien mérité de Dame nature.

Saint-Pardoux : voyage en terre inconnue
Les vannes de la digue seront remplacées.

Pêche miraculeuse

C’est dans ce théâtre de verdure que le lac livre quelques-uns ses trésors, notamment ces milliers de poissons. Brochets, sandres, brèmes, perches, tanches et quelques silures géants ont été pris dans les nasses, filets et épuisettes lors de la pêche décennale qui permet de mieux connaître la population piscicole du lac. Un pêcheur professionnel et un pisciculteur retenus après l’appel d’offres du Conseil Départemental, propriétaire du site, ont procédé à l’opération, épaulés par la Fédération départementale de pêche et des élèves du lycée d’Ahun. Durant deux jours, près de quatre-vingt volontaires ont récupéré et trié plusieurs tonnes de poissons, éliminant les indésirables comme le poisson-chat (près de 12 tonnes) et la perche soleil. Cette pêche miraculeuse a dépassé les attentes des pêcheurs. « Nous avons ramené 9,5 tonnes de poissons dont 2,8 tonnes de sandres ce qui est vraiment exceptionnel commente Paul Duchez, Président de la Fédération de pêche de la Haute-Vienne ainsi que 800 kg de brochets, 400 kg de perches et environ quatre tonnes de gardons, brèmes, ablettes et tanches, plus quelques silure dont un de 2,20 m pour 70 kg ainsi ». Environ 500 kilos de poissons ont été vendus ». Le Département ne souhaitant pas réintroduire les carpes dans le lac, 500 kg ont été relâchées au plan d’eau de Bessines, au barrage du Chauvan sur le Taurion et à l’écluse de Chaume sur la Gartempe. Les carnassiers et autres espèces ont été déposées dans deux plans d’eau réservoirs, le temps que le lac retrouve son niveau. « Tout le poisson de Saint-Pardoux reviendra à Saint-Pardoux à partir de fin décembre » ajoute-t-il. Environ 500 kilos de poissons ont également été proposés à la vente car il ne pouvait servir pour le ré-alevinage.

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Quatre-vingt personnes mobilisées pour récupérer le poisson.

Gestion piscicole

Depuis le 1er septembre, le Département a signé une convention avec la Fédération départementale de pêche afin d’établir un plan de gestion piscicole et halieutique pour les dix ans à venir. Un effort particulier sera fait pour le ré-empoissonnement , avec une bonne compensation du poisson retiré lors de la vidange soit un budget de 240.000 € assure Jean-Claude Leblois, Président du Conseil départemental. Des aménagements piscicoles et halieutiques seront réalisés pour augmenter la reproduction des poissons et améliorer l’accès au lac avec de nouvelles mises à l’eau, des sites de pêche au coup et des espaces familles. En outre, nous allons renforcer la communication sur la pêche pour promouvoir le lac au niveau national. Cette activité touristique peut être complémentaire à la saison estivale avec une fréquentation d’octobre à décembre ». Pour le ré-empoissonnement, les brochets, sandres, perches et black-bass seront privilégiés, complétés par gardons, ablettes et tanches. La carpe ne sera pas introduite pour préserver la qualité de la baignade.

Le Département a engagé 1,04 M€ pour réaliser cette vidange, intervenir sur les  ouvrages et créer un bassin de rétention pour les sédiments. « Les deux vannes de la digue d’un diamètre de 1,30 m seront remplacées détaille Nathalie Chourrot, la technicienne en charge de la vidange, elles sont en service depuis la mise en eau du lac en 1976. Des travaux de réfection de génie civil seront également entrepris ainsi que la maintenance classique de la digue. Nous profiterons de l’assec pour faire un diagnostic technique complet de l’ouvrage qui est habituellement immergé. Cette inspection fait partie du contrôle réglementaire des installations prévu tous les dix ans ». Enfin, des sédiments prélevés seront analysés pour vérifier leur taux de radioactivité. « Il n’y pas pas d’inquiétude à voir puisque toutes les précautions sont prises » estime le Président du Département. L’assec prendra fin le 30 novembre, les vannes seront fermées à partir du 1er décembre, plusieurs semaines seront nécessaires pour remplir le lac qui sera opérationnel dès le printemps.

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Quelques jolis silures sortis de l’eau.

Texte et photos : Corinne Mérigaud

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