Le vélo à Limoges, sa cote grimpe

Le vélo à Limoges, sa cote grimpe
Nicolas promène ses filles avec son vélo cargo

Le vélo fait son retour en France, pour des raisons écologiques et économiques. Limoges n’échappe pas à la règle, les usagers et les aménagements sont plus nombreux, même si des efforts restent à faire.

Pour les déplacements urbains, la bicyclette possède des avantages certains : rapidité, stationnement, pollution, coût… Pour autant, la Fédération française des usagers de la bicyclette, la FUB, a émis cette année encore un avis défavorable quant à la pratique du vélo dans l’agglomération de Limoges, avec une estimation des usagers de l’ordre de 3%.

INFRASTRUCTURES

Du côté de Limoges Métropole, on se dit conscient de l’enjeu et ambitieux pour inverser la tendance. Jacques Migozzi, le vice-président et préposé aux mobilités douces, énumère « les pistes cyclables qui ont vu le jour récemment, notamment en périphérie (Couzeix, Ester, Boisseuil…), les consignes collectives installées devant les différentes facultés et les nombreux arceaux implantés un peu partout ».

Il assure également que la communauté urbaine ne compte pas en rester là : « Les prochaines mises en application du Plan de Développements Urbains vont permettre de gagner 4% d’aménagements cyclables, soit en pistes cyclables, soit en voies partagées. Mais surtout l’agglomération de Limoges a décidé de changer de braquet en doublant son budget annuel consacré au vélo, qui était jusqu’ici de 500.000 euros ».

Le vélo à Limoges, sa cote grimpe
Arthur et Vincent en livraison sous la pluie

V’LIM

S’il y a bien un domaine où Limoges a réussi sa transition vers le deux-roues, c’est celui de la location. Le service proposé par Limoges Métropole, le V’LiM, fait des émules et est salué par le baromètre annuel de la FUB. Jacques Migozzi avance fièrement quelques chiffres : « Actuellement, sont en circulation 595 vélos électriques et 295 classiques. Mais il existe une liste d’attente de 250 personnes. Afin de la satisfaire, une nouvelle commande a été passée et devrait arriver à la fin de l’été. La grille tarifaire adaptée à chacun, les prix abordables et la maintenance gratuite apportent un succès total au dispositif ».

VÉLI-VÉLO

Cette vision est-elle partagée par les usagers quotidiens ? Jérôme Fraisse, président de l’association Véli-Vélo, qui milite pour la promotion du vélo urbain comme moyen de transport, dresse un constat plus nuancé : « L’augmentation des pratiquants est sans équivoque, le V’LiM en est un facteur important car il a été bien pensé. En revanche, au niveau des aménagements, Limoges a 15 ans de retard. Il est vrai que depuis trois ans la ville se sent concernée par le problème mais nous regrettons un manque de consultation pour les projets et parfois une mauvaise priorisation des travaux ».

Si, selon l’association, des améliorations sont à concevoir avec la ville, Véli-Vélo se porte bien : « Nous sommes aujourd’hui 200 adhérents et 450 sympathisants, en constante augmentation. Nos évènements et actions réunissent, notamment l’atelier réparation qui ouvre chaque samedi avenue Léon Blum ».

Nicolas, adhérent de l’association, est depuis trois ans un inconditionnel du vélo sur Limoges. Il explique son choix et ses motivations : « On voulait acheter une voiture électrique avec ma femme mais c’était trop cher alors j’ai commencé par le V’LiM puis nous avons investi dans un vélo « cargo » afin de transporter nos filles plus facilement. Tous les jours, nous effectuons avec nos trajets domicile-travail-école des filles-courses. Aujourd’hui, on ne pourrait plus s’en passer, nous allons souvent plus vite que les voitures, on stationne facilement, l’entretien n’est pas cher… Aussi, le trajet est plus agréable et nous rend plus relax. Si les gens essayaient, ils se rendraient rapidement compte qu’en fait, c’est absurde d’être en voiture en centre-ville. Mais, nous allons peu en périphérie et nous évitons les boulevards par soucis de sécurité. Souvent les gens pensent qu’à Limoges, le principal problème à vélo c’est le relief alors qu’en fait c’est la vitesse des voitures ».

Le vélo à Limoges, sa cote grimpe
Des consignes individuelles pour les V’LiM sont installées un peu partout sur le territoire communautaire comme ici à Isle

LIVREURS

Ils sont de plus en plus nombreux dans les rues de Limoges et facilement remarquables avec leurs énormes sacs et leurs tenues généralement flashy. Il s’agit bien sûr des livreurs de repas à vélo, pour qui la bicyclette est un outil de travail et donc les premiers concernés par les aménagements cyclables de la ville.

« Au début, je me suis lancé dans les livraisons en vélo pour me remettre au sport en plus de me faire un peu d’argent le soir. Mais à Limoges, c’est compliqué avec les dénivelés. Aujourd’hui, je suis un des seuls à résister avec mon vélo classique mais 80% des livreurs sont passés à l’électrique, et notamment avec le V’LiM », précise Arthur.

Le vélo à Limoges, sa cote grimpe
Un atelier-réparation dans le quartier du Sablard

Pour Vincent, venu à la livraison grâce à son pote Arthur, la principale difficulté est ailleurs : « Avant ce job, je n’avais jamais vraiment fait de vélo en ville et c’est vrai que l’appréhension est différente. Les pistes cyclables sont le plus souvent de simples marquages sur la chaussée des voitures, donc la proximité est étroite. Les voitures ne sont pas habituées à rouler en présence de vélo et ça se ressent, j’évite l’accident de peu chaque jour. Bien sûr, je sais qu’on ne peut pas élargir les rues, mais il faudrait sensibiliser davantage ou alors créer des sens uniques».

Propos recueillis par Paul Herbach

Photos : D.R.

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