Redonner une identité aux « grandes mains » des ateliers

Au début du mois de décembre, Michel Kiener va publier un très bel ouvrage sur les émaux art déco jusqu’aux années Fauré.

Redonner une identité aux « grandes mains » des ateliers
Légende : « Ce livre a le goût de la promesse tenue.. »

Info Magazine : Comment est née l’idée de cet ouvrage ?

Michel Kiener : Quand je suis arrivé à Limoges en 1970, je suis « tombé » dans les arts du feu. Et je n’ai jamais cessé de m’y intéresser. De 1982 à 1993, j’ai été vice-président puis président de la Biennale internationale de « L’art de l’émail ». En 1992, dans le cadre de cette Biennale, j’ai créé une exposition parallèle « Emaux Art déco », consacrée à ces fameux émaux sortis de l’atelier Fauré. Enfin, en 2012, à la demande de la Ville de Limoges, j’ai été le commissaire artistique de l’exposition « Merveilles d’émail autour des vases Fauré ». C’était un challenge, mais le public a été conquis : plus de 20.000 visiteurs ont été accueillis. Néanmoins, j’avais une dette par rapport à eux car aucun catalogue ne leur avait été proposé. Par ailleurs, dans les années 20 et 30, Limoges était riche de ses « mains », réunissant la moitié des fours en porcelaine de France, 40% de la chaussure du pays, et était la première ville pour les liqueurs… Limoges possédait un savoir-faire extraordinaire avec une élite ouvrière. Or, quand je lis les ouvrages sur la période art déco, Fauré n’existe pas. Je voulais redonner un visage et une identité à tous ces gens dans les ateliers qui étaient « niés », oubliés par la critique parisienne : Louis Valade, Lucie Dadat, Pierre Bardy…

Info : Que pourra-t-on trouver dans ce livre ?

M.K. : Cet ouvrage tient plutôt du travail d’équipe. Sans l’esprit d’ouverture des collectionneurs ; sans la générosité des anciennes et des anciens de l’Atelier et des familles Malabre et Lavaurs ; sans le dévouement de l’équipe du musée des Beaux-arts de Limoges, rien n’aurait été possible. Ce livre a donc le goût de la promesse tenue, du pain partagé et des dialogues au bout de la nuit, car il n’est qu’une étape, bien sûr, un savoir provisoire que d’autres se chargeront de faire progresser. J’ai travaillé à partir d’une très importante documentation, avec par exemple, des cahiers d’enregistrement des émaux de 1926 à 1938, soit 15 ans de dessins. Le livre sera riche de près de 240 images grâce aux collectionneurs privés qui ont été enthousiastes. Il comportera sept chapitres : Limoges en art déco, Limoges en émail, l’atelier Fauré-Marty 1920-1924, la transition, les six glorieuses de l’art déco 1925-1930, l’esprit des années trente 1930/31-1938 et le temps des florals 1938-1985.
Info : Sa parution fait l’objet d’une souscription…

M.K. : Je suis ravi qu’il y ait une souscription, même si c’est du quitte ou double ! Il s’agit d’un bon moyen pour vérifier si l’ouvrage est nécessaire, pour les experts certes, mais surtout pour les Limougeauds.

Redonner une identité aux « grandes mains » des ateliersPropos recueillis par
Anne-Marie Muia
Photo © Yves Dussuchaud
Retrouvez cet article sur :
www.infomagazine.com
Jusqu’au 30 novembre, Culture et Patrimoine en Limousin lance une souscription pour financer l’édition de cet ouvrage. Il sera facile de se procurer des bons de souscription au siège de Culture et Patrimoine, dans les musées, les O.T.S.I… au prix préférentiel de 24 euros. Le livre « Les Vases Art Déco de l’Atelier Fauré » paraîtra au début du mois de décembre, au prix de 30 euros.

Laisser un commentaire