Toile & toiles

Toile & toiles

Allons nous faire une toile avec le nouvel homme-araignée : Tom Holland.

Mordu par une araignée radioactive, Peter Parker a développé des pouvoirs lui permettant d’aller de toit en toit à l’aide de ses toiles. Après ses exploits auprès des Avengers dans « Captain America : Civil War », il aspire à les rejoindre à nouveau mais le garçon de quinze ans est contraint de reprendre ses études. Lorsqu’il découvre les actions criminelles du Vautour, il espère sortir du rôle de protecteur de son quartier assigné par Tony Stark alias Iron Man, son mentor qui garde un œil paternel sur ce chiot foufou. Troisième interprète de Spider-Man en une petite quinzaine d’années, Tom Holland succède à Tobey Maguire et Andrew Garfield et s’impose aisément comme sa meilleure incarnation. C’est un rêve qu’il croyait inaccessible que vit éveillé le comédien âgé de seulement 20 ans :

« Il y a cinq ans, un journaliste m’a demandé quel super-héros j’aimerais interpréter. Je lui ai alors répondu que dans dix ans, j’aimerais prendre la suite d’Andrew Garfield dans le rôle de Spider-Man. Je n’imaginais pas que ce rêve deviendrait réalité si rapidement ! »

Déjà très apprécié avec cette première apparition l’an dernier, le Peter Parker revu et corrigé par Tom Holland nous séduit à nouveau ici en adolescent enjoué, déterminé à prouver sa valeur et à ne plus être qu’un lycéen parmi les autres. Tom Holland devrait porter longtemps son costume rouge et noir. Ce dont ses partenaires ne doutent pas, à commencer par Robert Downey Jr alias Iron Man :

« Tom était le candidat idéal pour interpréter ce rôle. Il est enthousiaste, intelligent et talentueux, et son passé de danseur et d’acrobate a fait de lui un fabuleux athlète. Il possède toutes les qualités nécessaires pour revisiter le personnage. »

Tom Holland n’est en effet pas un débutant. Il a déjà brillé dans « The Impossible » de Juan Antonio Bayona dans lequel, avec sa mère interprétée par Naomi Watts, il tentait de survivre aux ravages d’un tsunami, dans «Au cœur de l’océan» de Ron Howard en mousse confronté à une baleine destructrice et en fils d’explorateur borné dans «The Lost City of Z» de James Gray. Mais c’est son travail sur scène qui lui a été particulièrement bénéfique pour porter le costume rouge et noir de Spidey :

« Je pense que mon travail sur la comédie musicale Billy Elliot à Broadway est une des principales raisons pour lesquelles j’ai obtenu ce rôle. J’ai suivi un formidable entraînement et c’est là que j’ai appris tout ce que je sais en gymnastique. Et pas un jour ne s’est écoulé sur ce film sans que je n’utilise ces capacités ! Je pense que le fait que ce soit moi qui réalise ces cascades et que le public voie que c’est bien moi sous le costume lorsque je retire mon masque est un grand avantage pour le film. »

Michael Keaton (le Batman de Tim Burton) sombre du mauvais côté de la loi et incarne un méchant aux motivations crédibles, le Vautour, ennemi emblématique du Tisseur depuis ses débuts en BD. Ouvrier ruiné après les attentats du premier épisode des Avengers, il glisse dans une vie de crime par peur des lendemains difficiles. Malgré cet ancrage humain, le spectaculaire n’est pas absent, notamment grâce à un sauvetage impressionnant de passagers d’un ferry coupé en deux.

« Le jour où nous avons tourné cette incroyable séquence figure parmi mes préférés. Le bateau est en train de se fissurer tandis que les voitures tanguent dans tous les sens. Il y a une impressionnante scène de combat dans laquelle la caméra tourne autour de Spider-Man. Il aura fallu beaucoup de répétitions pour que tout s’enchaîne correctement, mais le résultat final est époustouflant. Je pense que Spider-Man n’a jamais été aussi impressionnant ! »

La grandiloquence des autres films de super-héros est évacuée par l’atmosphère réaliste et un humour savoureux. Loin de toute idée de sauver le monde, le questionnement fondamental de l’adolescent est de savoir si la jolie Liz acceptera de l’accompagner au  bal de promo. En privilégiant cette dimension humaine, que l’on retrouve notamment dans les récits initiatiques des een-movies, le réalisateur Jon Watts renouvelle sans peine le film de super-héros. Un exemple pour se sortir des envolées lyriques assommantes d’autres productions du même acabit.

Pascal Le Duff

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