Aéromodélisme: voler par procuration

Aéromodélisme: voler par procuration
Tous les styles d’avions sont utilisés.

Avec sa piste goudronnée, ses hangars et le chant des moteurs thermiques, le terrain des Cadophies a tout d’un vrai aérodrome. Mais, les avions qui décollent de l’Aéro-Model club du Limousin sont beaucoup plus petits.

Créé en 1936, le club a su conserver une attractivité constante. «Nous accueillons régulièrement des visiteurs désireux de découvrir l’aéromodélisme», reconnaît Bernard Taupin, le président.
Durant ses 80 années d’existence, il a traversé de nombreuses épreuves, notamment lorsqu’il a fallu trouver un nouveau terrain après la fermeture du premier aérodrome limougeaud, remplacé par le terrain de golf de Saint-Lazare. «Nous nous sommes installés au Cadophies de Peyrilhac en 1976, date à laquelle le vol radiocommandé a commencé à supplanter le vol libre et le vol circulaire», se souvient le président, qui conseille vivement de passer dans un club avant d’investir dans du matériel. «Cela permet d’acquérir des notions de pilotage, en double commande, sur l’avion école du club. Sinon, on risque fort de casser son nouveau jouet».
Confronté au vieillissement de ses membres, le club multiplie les démonstrations pour attirer des jeunes. «La fédération a créé un dispositif aidé qui permet aux cadets d’obtenir une licence, un avion et une radiocommande pour 200 €», insiste-t-il.

Aéromodélisme: voler par procuration
L’assemblage doit être soigné.

JEUNE CHAMPION MOTIVE

Le club mise également sur Nicolas Chapoulaud, son triple champion de France de voltige circulaire. Agé de 28 ans, il est tombé dans cette discipline dès l’âge de 6 ans, en accompagnant son grand père. «La compétition est venue naturellement, en allant voir les copains», avoue-t-il. Comme dans la plupart des sports, pour réussir à s’imposer sur les épreuves internationales, il faut s’entraîner quotidiennement et multiplier les déplacements pour enchaîner les compétitions afin d’accumuler des points. «Avant le championnat du monde, je m’entraînais tous les jours, quel que soit le temps. En vol circulaire, on tient en mains des câbles reliés aux commandes de l’avion, ce qui permet de mieux ressentir les turbulences. En compétition, il faut effectuer le programme imposé en sept minutes devant un jury qui note les figures, parfois identiques à celles réalisées par des vrais avions», explique-t-il. Longtemps pratiqué par son grand père, ce vol circulaire est l’ancêtre du vol radiocommandé.
De nombreux membres du club s’appliquent à construire, à différentes échelles, des avions emblématiques, qu’ils bichonnent, mais il est également possible d’assembler des pièces préfabriquées. Le plaisir de faire voler son avion reste identique. Le club applique une réglementation est stricte afin d’éviter les accidents, car, mal utilisées, ces modèles réduits pourraient blesser quelqu’un. «Aujourd’hui, de nombreuses personnes sont attirées par les quadrimoteurs, qu’ils nomme drones. Mais, peu savent qu’en cas de défaillance d’une hélice, leur engin devient incontrôlable», prévient B. Taupin. Voilà pourquoi la réglementation va être renforcée, au risque de pénaliser toute l’activité.

Aéromodélisme: voler par procuration
La réplique d’un avion de la 1ère guerre, prêt à décoller.

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