L’Euro et les Bleus, une longue histoire d’amour

L'Euro et les Bleus, une longue histoire d'amour
Joie de Michel PLATINI – 27.06.1984 – France /espagne- Euro 1984 – Archive archives – Foot Football – hauteur attitude pose portrait coupe trophee joie capitaine victoire Finale
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L’équipe de France a écrit les plus belles pages de son histoire durant les championnats d’Europe. Retour sur les éditions les plus marquantes.

C’est sans doute parce que c’est un Français, Henri Delaunay, secrétaire général de la Fédération française de football en 1927, qui est à l’origine de la création d’un championnat d’Europe des nations, que l’équipe de France a toujours entretenu une relation particulière avec cette compétition. Certes, il faudra attendre 1960 pour qu’elle voie le jour, les vicissitudes du xxe siècle ayant longtemps retardé sa naissance, mais, depuis, la flamme reste bien vivace.

1960 : UNE PREMIERE PHASE FINALE EN FRANCE

La première édition de la compétition se joua sur un format surprenant. Les équipes s’affrontèrent par tour, en matchs aller-retour, jusqu’aux quarts de finale. Les vainqueurs devaient alors choisir le pays hôte des demi-finales, du match pour la troisième place et de la finale. La France fut retenue et assista à la victoire de l’URSS de Lev Ya-chine face à la Yougoslavie (2-1). Les Bleus firent bonne figure puisqu’ils terminèrent quatrièmes. Les éditions suivantes virent le format se stabiliser avec de vraies phases finales organisées par des pays d’accueil. Mais l’équipe de France disparut des radars avant de réapparaître de la meilleure des façons qui soit.

1984 : LA GENERATION FLAMBOYANTE

Alors que le traumatisme de la demi-finale de 1982 est encore dans toutes les têtes, la génération dorée des Bleus se présente pour son Euro comme un outsider de premier plan. Pays Hôte, la France est qualifiée d’office et reversée dans le premier des deux groupes avec la Belgique, la Yougoslavie et le Danemark. La sélection française, emmenée par un Platini au sommet de son art (il inscrira 9 buts en cinq matchs), remporte petitement son premier match, contre le Danemark (1-0) puis étrille les Belges (5-0, avec un triplé de Platini), avant d’enfoncer la Yougoslavie (3-2).
Dans le groupe B, les terribles Allemands, champions du monde éhontés, sont éliminés dès le premier tour. En demi-finale, les Bleus retrouvent le Portugal, pour le premier d’une longue série de matchs maudits pour la sélection lusitanienne. Domergue ouvre rapidement le score, mais le match se durcit et les Français sont tendus. Les virevoltants Portugais égalisent par Jordao, à un quart d’heure de la fin. Les prolongations sont inévitables. La rencontre bascule dans la légende. À la 98e minute, l’intenable Jordao double la mise.
Le temps file et la France, les yeux rivés sur Marseille, se prépare à une nouvelle désillusion… quand Domergue frappe à nouveau, à la 114e minute. Il ne reste qu’une poignée de secondes, quand le diable Platini sort de sa boîte et offre à l’équipe de France sa première finale majeure. La finale, contre l’Espagne, sera moins rocambolesque, mais restera également dans les annales. Le match est serré, mais Platini débloque la situation à la 57e minute sur coup franc.
Le gardien espagnol se troue et laisse son nom dans l’histoire : « l’arconada » demeure encore aujourd’hui un geste technique éminemment complexe qui consiste, pour un gardien, à arrêter le ballon tout en le laissant passer entre ses jambes jusque dans son propre but. Grâce à un second but de Bellone à la 90e minute, la première grande génération du football français est consacrée. Ce sera leur dernier grand fait d’arme européen.

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1996 : LA NAISSANCE DES HEROS

Il faudra attendre 1996 pour retrouver une équipe de France compétitive. L’Euro se déroule en Angleterre et personne ne mise vraiment grand-chose sur ces Bleus qui n’ont pas réussi à concrétiser tous les espoirs fondés sur la génération Cantona et Papin. Les observateurs sont sceptiques quant aux chances de succès des Dugarry, Blanc, Loko, Deschamps ou Djorkaeff. Beaucoup pensent même qu’ils ne sortiront pas de leur groupe. Faisant mentir les pronostics, la France finit première de son groupe, composé de l’Espagne, de la Bulgarie (ces mêmes diables qui nous avaient privés de Coupe du monde en 1994) et de la Roumanie.
En huitième de finale, les coéquipiers d’un certain Zinédine Zidane, alors méconnu, viennent à bout des redoutables Pays-Bas au terme des tirs au but. Ces mêmes tirs au but qui seront fatals à l’équipe de France en demi-finale contre la République tchèque. Reynald Pedros loupe alors le sixième coup de pied et entre dans une période de dis-grâce qui lui coûtera sa place pour le plus grand âge d’or du football français.

2000 : LA CONSECRATION

L’équipe de France qui se présente en 2000 aux Pays-Bas et en Belgique est encore plus forte que celle qui remporta la Coupe du monde deux ans plus tôt chez elle. La génération Makélélé, Karembeu, Deschamps, Blanc, Henry, Trezeguet, Zidane, Lizarazu et autres Thuram fait trembler l’ensemble de la planète football et brille dans les plus grands clubs européens. Reversée dans un groupe d’une rare densité, avec les Pays-Bas – hôtes de cette édition 2000 –, la République tchèque, encore elle !, et le Danemark, la France concède la première place du groupe aux Hollandais après une défaite 3-2. Le quart de finale se jouera donc contre l’Espagne. Les deux créateurs de génie, Djorkaeff et Zidane, font tomber la jeunes et prometteuse Roja (2-1).
En demi-finale, c’est une nouvelle fois le Portugal qui se dresse sur la route des Bleus, et une nouvelle fois la malédiction opère. Au terme du temps réglementaire, les deux équipes n’ont pas réussi à se départager (1-1). Pour cet Euro, l’UEFA avait adopté le tristement célèbre but en or, afin de ménager les joueurs : la première équipe à marquer durant les prolongations remportait le match.
À trois petites minutes de la fin, une main d’Abel Xavier, pour beaucoup inexistante, fut sifflée. Zinédine Zidane se chargea du penalty qui envoya la France en finale contre l’Italie pour un autre match de légende. Alors que Marco Delvecchio avait ouvert le score, les Français furent incapables, pendant 90 minutes, de trouver l’ouverture. Le temps additionnel avait des allures de lente agonie. Déjà, les spectateurs transalpins se levaient et faisaient la fête, chambrant au passage les joueurs tricolores.
Mais à l’ultime minute, Sylvain Wiltord, d’une frappe anodine, parvint à marquer. La prolongation sera fatale aux Italiens qui seront crucifiés par une reprise exceptionnelle de David Trezeguet. La France réussit l’exploit inédit de gagner coup sur coup la Coupe du Monde et le Championnat d’Europe. La suite, on la connaît, c’est une longue descente aux enfers (avec une non-qualification en 2008) jusqu’au fiasco de 2010. Seize ans après le dernier titre, l’heure de la renaissance a sonné.

L'Euro et les Bleus, une longue histoire d'amour
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L.S.P.
Photos © Panoramic

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