Le Limoges FC structure sa formation

Pour élever son niveau, un club doit pouvoir s’appuyer sur une relève de qualité. Après avoir réorganisé sa formation, le Limoges FC vient d’obtenir un premier label et attire de plus en plus de jeunes.

Le Limoges FC structure sa formation
Gérard Chevalier convoite un autre label…

Même si, au sein du plus grand club de foot du Limousin, la formation ne date pas d’hier, le Limoges FC a décidé de mieux structurer l’encadrement de ses joueurs, des plus grands aux plus petits, conformément aux recommandations de la fédération française de football.
Gérard Chevalier, le président du Limoges FC en est persuadé : «si on n’a pas de formation, on ne peut pas avoir de club». Jusqu’à présent, il n’avait pas encore trouvé l’homme capable d’harmoniser la formation pour créer une synergie et assurer la relève des joueurs de l’équipe première. Mais, c’est désormais chose faite, avec le recrutement, cet été, de Dragan Cvetkovic et la formation de nouveaux éducateurs diplômés. «Grace à sa grande rigueur, notre nouveau entraîneur général a su imposer son autorité à tous les éducateurs», constate le président.
Cette politique porte déjà ses fruits, puisque le club s’est vu décerner le label jeunes excellence de la FFF pour les trois prochaines années. Mais, l’enjeu est bien plus profond, car il s’agit aussi d’améliorer le niveau général des différentes équipes afin d’assurer l’avenir du club. «Quelle que soit la qualité de notre formation, nous n’arrivons pas à conserver les meilleurs joueurs, car nous ne sommes pas en mesure de leur proposer autre chose que le niveau CFA2 dans lequel évolue actuellement l’équipe fanion. Il faudrait que nous soyons en Nationale ou en Ligue 2 pour garder nos joueurs», déplore-t-il. C’est la raison pour laquelle le club s’est fixé l’objectif de faire progresser le niveau sportif de son équipe première.

Le Limoges FC structure sa formation
De la graine de grand joueur…

ECOLE DE LA VIE

Cela passe par l’éducation, dès le plus jeune âge, des futurs joueurs. Cette année, le club compte plus de 250 enfants, dont il faut s’occuper chaque semaine. «C’est une situation inédite au Limoges FC», précise Gérard Chevalier, qui estime que le label vient récompenser le travail des éducateurs, mais surtout celui des nombreux bénévoles qui encadrent les enfants, qui sont acceptés dès 5 ans.
«Nous ne faisons pas de la garderie», prévient Jessica Caloin, responsable de la formation des U6-U7. «Nous appliquons les préconisations de la fédération, à travers des ateliers destinés à développer la maîtrise du ballon, dans une ambiance très ludique. L’année suivante, nous leur enseignons la bonne occupation de l’espace et développons leur motricité. Nous attachons beaucoup d’importance au respect des entraîneurs, des adversaires, de leurs parents, ainsi que du fair-play. Nous contribuons également à développer leur autonomie et à les sensibiliser à l’importance d’avoir une bonne hygiène et de prendre soin de leur santé, en s’hydratant correctement. Nous sommes l’école de la vie et de la citoyenneté», précise-t-elle.

Le Limoges FC structure sa formation
L’école est encadrée par des joueurs de l’équipe fanion / Les ateliers privilégient le côté ludique de la formation…

CULTIVER UN ESPRIT CLUB

Chaque mercredi après-midi, ils se retrouvent dans divers ateliers. «Au fil de leur progression, les enfants sont réunis par niveau, ce qui permet de continuer à intégrer les nouveaux arrivants que nous accueillons tout au long de la saison. L’inscription coûte 90 €. Ce tarif comprend la cotisation au club, le prix de la licence, et la fourniture d’un survêtement, d’un short et des chaussettes. Seules les chaussures et les protèges tibias sont à la charge des parents», souligne J. Caloin, qui peut également compter sur l’appui de quelques joueurs de l’équipe fanion. Parmi eux, Virgile Pinson, ravi de participer à l’encadrement des enfants. «C’est très plaisant de côtoyer ces petits, de leur transmettre ce que l’on a appris, ce que l’on sait faire. Comme ils cherchent à imiter nos actions, nous devons être exemplaires pour ne pas leur montrer le mauvais exemple. J’ai le sentiment que nos conseils sont mieux écoutés», confie-t-il.

RENAISSANCE DU FOOT FEMININ

Les efforts des éducateurs ne sont pas vains, car les progrès des enfants sont visibles, comme en témoigne Michel Georges, bénévole depuis 8 ans et supporter de longue date du club. «J’ai proposé mon aide lorsque mon petit fils a rejoint l’école de foot et depuis, je suis toujours là. Notre rôle est important, car il faut leur donner les bonnes bases pour les préparer à passer dans le groupe supérieur, où ils vont commencer à aborder les techniques de jeu».
Dans cette catégorie d’âge, le club a décidé de ne pas séparer les filles des garçons, pour le plus grand plaisir de Jessica Caloin, qui s’occupe aussi de la section football féminin. Elle a été relancée cette année et compte déjà près de 80 licenciées. Les performances des Bleues et la médiatisation des matchs ne sont pas étrangères à ce succès. «Les filles sont de plus en plus nombreuses à vouloir, spontanément, faire du foot et les parents les y encouragent», constate-t-elle.
Face à ce succès, Gérard Chevalier va devoir convaincre d’autres joueurs de l’équipe fanion de suivre les stages d’éducateur diplômé. «J’ai parfois l’impression qu’ils ne mesurent pas l’importance d’avoir ces diplômes au moment où ils cesseront leur carrière de footballeur», regrette-t-il.

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