Genève, l’hirondelle et le printemps

Genève, l'hirondelle et le printemps

Une hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on. C’est mal connaître le délicieux interlude qu’est devenu le Salon de Genève au fil du temps. Premier grand rendez-vous automobile de l’année, le GIMS donne le ton. Et ce millésime 2018 ne fait pas exception.

Après les éditions moroses qui ont suivi la crise du marché automobile de 2008, les derniers millésimes du Salon de l’automobile de Genève ont entonné le grand hymne de la renaissance. Tous les indicateurs sont au vert et, bien au-delà de ce simple renversement de tendance, l’industrie automobile n’a jamais été aussi près d’une révolution de grande ampleur. Ce n’est pas le printemps qu’annonce Genève, mais bien une aube nouvelle, que l’on pourra admirer du 8 au 18 mars.

PRESTIGIEUX

Certes, ces grands événements internationaux ne font plus tout à fait l’unanimité : les constructeurs automobiles préfèrent employer des stratégies plus ciblées pour présenter leurs nouveaux modèles et beaucoup hésitent désormais à venir se perdre dans le flot des annonces. C’est d’autant plus vrai qu’un stand coûte cher. Certains grands noms comme Opel, Mini ou DS ont d’ailleurs décidé de faire l’impasse sur Genève. Mais le GIMS demeure un événement à part. Les marques prestigieuses y sont à leur aise, n’hésitant pas à venir séjourner sur les bords du placide lac Léman pour quelques jours de villégiature. Cette année encore, Porsche, avec son nouveau Cayenne ou son Panamera 4 Hybrid, Bentley avec son Bentayga ou encore Lexus avec son UX feront le show. Le luxe étant l’un des rares secteurs à ne pas avoir souffert pendant la crise, il est normal qu’il fête l’ouverture de la saison automobile dans l’un des endroits les plus huppés du monde.

Genève, l'hirondelle et le printemps

La grande émancipation

Il ne faut pas se voiler la face, l’automobile que nous connaissons aujourd’hui et que nous avons à peu près toujours connue, n’est pas celle que nous connaîtrons demain. La voiture autonome est plus que jamais dans les starting-blocks et rien ne pourra empêcher les véhicules de s’émanciper des hommes. Il reste certes de nombreux obstacles réglementaires et même sociologiques à passer, mais la technologie est là. De Peugeot (508) à BMW (i8) en passant par Audi (A6), Mercedes (Classe C) ou encore Porsche (Cayenne), tous les constructeurs arrivent à Genève pour démontrer leur savoir-faire dans le domaine. Il faut se rendre à l’évidence, nos chères autos n’auront bientôt plus besoin de nous.

L’énergie

L’autre grande tendance qui se dessine à Genève et qui devrait marquer bien plus que l’année à venir est l’abandon progressif du diesel. Les marques asiatiques sont en avance, en toute logique, sur leurs homologues européens, mais le mouvement est en marche. Le CR-V signé Honda, qui fait son retour à Genève en version hybride, est emblématique de ce changement d’époque. Et, au-delà du diesel, c’est bien les moteurs à combustion qui sont, à terme, voués à disparaître, partiellement du moins. La part des propositions hybrides ne cesse d’augmenter et il n’y a pas un constructeur, à part quand il porte le drapeau tricolore, qui ne propose sa version de la technologie. L’électricité continue ainsi de prendre la main sur l’essence. Signe qui ne trompe pas, Jaguar sera à Genève avec son I-Pace. Le grand maître du coupé V12 sportif avec un SUV électrique ! Qui aurait pu imaginer telle scène il y a ne serait-ce dix ans de cela ? Pour enfoncer le clou, Hyundai sera également là avec son Kona Eletric.

Genève, l'hirondelle et le printemps

Pour le plaisir

Heureusement, au milieu de cette débauche de technologie qui tend à sacrifier la relation émotionnelle, presque charnelle entre le pilote et son engin sur l’autel des injonctions de l’époque, il reste quelques modèles qui continuent de faire rêver. La Ferrari 488 GTO en fait partie, avec ses 700 ch de muscles, sa carcasse en carbone et ses montées en tour rageuses. On peut citer également la Porsche 911 GT3 RS, la Rimac Concept 2, la Mercedes AMG GT4 ou encore la McLaren Senna, toutes grandes pourvoyeuses de rêve. Une grande page est en train de se tourner, pour un nouveau chapitre sans doute plein de promesses. Mais, heureusement, Genève est là pour conserver encore quelques mirages de l’ancien temps.

LSP – Photos © D.R.

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