De Besançon à Clermont

De Besançon à Clermont
Après les autoportraits d’Orsay, les Clermontois sont invités à découvrir des chefs-d’œuvre de la première moitié du 19ème siècle © Ludovic Combe / Clermont Auvergne Métropole

David, Courbet, Géricault, Ingres, Goya… Jusqu’au 3 septembre, le Musée d’Art Roger Quilliot présente des portraits, paysages, dessins et études du musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon.

Battra-t-elle le record de fréquentation de l’exposition précédente ? En 2016, les autoportraits du musée d’Orsay avaient attiré près de 65.000 visiteurs, permettant aux Clermontois d’échanger quelques regards avec Gustave Courbet, Vincent Van Gogh, Claude Monet ou Paul Gauguin, pour ne citer que les plus illustres.

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L’exposition s’ouvre sur un prologue consacré à Goya. Deux scènes de cannibalisme qui pourraient représenter des hommes d’Eglise mangés par des sauvages… © Ludovic Combe / Clermont Auvergne Métropole

Chefs-d’œuvre et geste créatif

Bonne nouvelle : le Musée d’Art Roger Quilliot (MARQ) accueille une nouvelle grande exposition du 17 mars au 3 septembre. Elle provient du musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon, qui possède la plus ancienne collection publique de France. Actuellement fermé pour travaux, le musée fait circuler ses œuvres sur le territoire.
Cette exposition itinérante, déjà présentée à Rennes puis Dole, a nécessité deux ans de travail. Près d’un tiers des tableaux ont été restaurés pour l’occasion. Au final, « De David à Courbet » regroupe une soixantaine de chefs d’œuvre de la première moitié du 19ème siècle, dont certains inconnus du public.
Une période très riche sur le plan culturel : durant ce demi-siècle, l’histoire de l’art a subi de profondes mutations, certains artistes n’hésitant pas braver des interdits séculaires pour exprimer leurs idées et renouveler une esthétique phagocytée de convenances. Progressivement, le néoclassicisme cède la place au romantisme puis au réalisme. Des mouvements culturels fondateurs, et pas seulement dans la peinture.
Cette exposition reflète ce bouleversement, cette diversité, tout en éclairant le visiteur sur la hiérarchie des genres, mise en place par les théoriciens de la Renaissance (peinture historique, portrait peint, scène de genre, nature morte, paysage…)
Autre intérêt : cette sélection dissèque le geste créatif, le processus artistique, en présentant des esquisses, des études préparatoires ou des tableaux inachevés, qui donnent à voir de manière différente le travail des peintres. La collection passionnée du peintre Jean Gigoux en témoigne.
« C’est un parcours accessible, une grande leçon de peinture. Mais cette leçon est pédagogique. D’ailleurs, le musée a préparé des outils de visite adaptés au jeune public » précise Amandine Royer, directrice adjointe du MARQ et commissaire de l’exposition.

De Besançon à Clermont
La « Scène de déluge » de Jean-Bernard Duvivier (1762-1837) efface les frontières entre néoclassicisme et romantisme © Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie, cl. Charles Choffet

Cannibales, déluge et massacre

Une fois encore, petits et grands peuvent admirer le génie créatif de grands noms de la peinture. En guise d’entrée en matière, sont exposés les deux « Scènes de cannibalisme » de l’inclassable Francisco de Goya. Une allégorie sauvage, brute, libre, mais terriblement expressive, des travers de la nature humaine. Et une excellente raison de se rendre au MARQ, après Van Gogh en 2016…
Une seconde partie de l’exposition aborde le thème de la peinture d’histoire, avec des huiles de Jacques-Louis David, Joseph-Benoît Suvée ou Antoine-Jean Gros. Les germes du romantisme apparaissent sous le pinceau de Jean-Bernard Duvivier dans la « Scène de déluge », mais également dans la spectaculaire « Scène de massacre » de François Gérard. Dans cette section, sont présentées quatre œuvres de Théodore Géricault, dont une tête d’étude du « Radeau de la méduse ».
Ce flamboiement se retrouve dans l’étude de la poignante « Femme suppliante » de Théodore Chassériau, qui inspirera le tableau final « La Défense des Gaule ». Cette grande peinture appartient au MARQ, qui a eu la bonne idée de faire dialoguer certaines de ses œuvres avec celles prêtées par Besançon. « C’est une particularité de l’étape clermontoise » précise Amandine Royer.

Enigmatique « Voyante »

Treize portraits jalonnent ce parcours historique. Comment ne pas être fasciné par la « Voyante » de Gustave Courbet ? Ce tableau singulier, porté par le regard inquiétant d’une jeune femme comme possédée, intrigue encore les spécialistes. Courbet pourrait avoir fixé son modèle au cours d’une transe hypnotique…
La section consacrée aux paysages permet de voir « Adam et Eve chassés du Paradis terrestre » de Jean-Achille Bénouville, « La Plaine de Saint-Denis » de Georges Michel, les reliefs alpins de François Diday ou « Le Puits noir » , toujours de Gustave Courbet. En écho, certains tableaux du MARQ du Dunouy ou Corot.

Musées : la fréquentation en hausse

Par sa diversité et sa qualité, « De David à Courbet » devrait attirer de nombreux visiteurs. Signe qui ne trompe pas : l’inauguration jeudi dernier a fait salle comble. « Nous constatons un retour vers les lieux de culture à Clermont-Ferrand. D’ailleurs, les chiffres de fréquentation des musées nous donnent raison. Est-ce dû à l’intérêt de ce qui est présenté ? Sans doute. En tout cas, il se passe quelque chose » constate Isabelle Lavest, adjointe à la culture.
Depuis le 1er janvier, la gestion des musées est assurée par la Métropole. Ce transfert de compétences devrait leur permettre de se développer encore davantage et de mettre en place de nouveaux projets coopératifs, en lien avec le patrimoine et le tourisme. La conquête du label « Pays d’Art et d’Histoire » est prévue. Un atout de plus pour le dossier de capitale européenne de la culture…


Autour de l’expo

  • 1er mercredi du mois. Visites en famille avec atelier et goûter
  • Dimanches à 14h30 et 16h15 de mars à juin / jeudis à 15h en juillet août. Visites commentées
  • Jeudis 23 mars et 13 avril. Nocturnes jusqu’à 21h
  • Mardi 11 avril à 20h30. Conférence « de David à Courbet » par les commissaires de l’exposition, UFR Lettres et Sciences Humaines, 29 boulevard Gergovia
  • Mercredi 17 et samedi 20 mai de 10h à 18h. Les enfants des ateliers de l’AMA réalisent avec des craies de couleurs une création collective inspirée d’une œuvre sur l’esplanade du musée
  • Samedi 20 mai de 20h à minuit. Nuit européennes des musées avec deux spectacles
  • Jeudi 1er juin à 18h30. Conférence « Goya graveur » par Jean-Louis Augé, conservateur en chef du musée Goya à Castres, Bibliothèque du Patrimoine, 17 rue Bardoux
  • Dimanche 4 juin de 15h à 16h30. Chansons populaires du temps de Gustave Courbet par la compagnie Arthemus.

Pratique. Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h ; samedi et dimanche de 10h à 12h et de 13h à 18h. Tarifs : 5 € / 3 € / gratuit. Catalogue de l’exposition : 29 €. www.clermontmetropole.eu. 04 73 40 87 40

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