Huit choses à savoir sur le CHU

Huit choses à savoir sur le CHU
« Le dialogue social est une figure obligée de l’hôpital » insiste Didier Hoeltgen © CHU de Clermont-Ferrand

Travaux de modernisation, solidarité territoriale, dialogue social… Didier Hoeltgen, directeur du CHU, évoque les dossiers qui font la rentrée de l’établissement en ce début d’automne.

Classement du « Point ». Dans le dernier classement du magazine « Le Point », le CHU de Clermont-Ferrand arrive à la treizième place nationale parmi les 50 meilleurs hôpitaux français pour 68 activités. Il figure dans le top 5 pour le traitement du cancer du côlon, de la leucémie de l’enfant et de l’adolescent et l’audition ; et dans le top 10 pour les stimulateurs cardiaques, la chirurgie cardiaque, l’incontinence et le cancer de la peau. « Ce classement est relatif car déclaratif. En classant les établissements entre eux, il témoigne aussi d’une certaine idéologie de la médecine. Mais le CHU occupe une très bonne place. C’est un indicatif de la qualité de l’hôpital » indique Didier Hoeltgen, son directeur.

Des efforts sur le dialogue social. « On ne peut rien transformer et adapter si on ne se parle pas. Le dialogue social est une figure obligée de l’hôpital, même s’il est très chronophage » insiste le patron de l’établissement. De fait, il devrait rencontrer dans les prochains mois tous les cadres de santé, et ce individuellement. Objectif : améliorer la qualité de vie au travail. A Clermont comme ailleurs, la transformation de l’hôpital public n’est pas sans conséquence sur l’organisation des services et la détresse de certains personnels. En témoignent les grèves de la semaine dernière…

7.600 emplois. Près de 7.600 personnes travaillent au CHU de Clermont-Ferrand. Il s’agit d’un secteur d’emploi essentiel sur le territoire. Si le nombre d’agents n’a pas vocation à augmenter, le nombre d’équivalents temps-plein (ETP) ainsi que le budget (autour de 750 millions d’euros), sont plutôt en progression, selon le directeur. « Ce n’est pas vécu comme ça par le personnel » observe l’intéressé. Il précise que « l’équilibre budgétaire [d’un hôpital] n’est pas aussi clair et simple à résoudre qu’on le dit. »

Huit choses à savoir sur le CHU
Après désamiantage et démolition de l’aile HO, le CHU prévoit la reconstruction des urgences, la réhabilitation de services de spécialités et la création d’une hélistation. Mais il faudra encore patienter quelques années… © CHU de Clermont-Ferrand

Un absentéisme fort. Principale épine dans le pied pour l’établissement : l’absentéisme. Déjà à 10 %, il a tendance à augmenter. « Ce n’est pas propre à Clermont-Ferrand, mais cette situation doit nous interroger. En tout cas, on ne peut pas remplacer à « un pour un ». Cela ferait 760 personnes. »

La construction de « GM3 ». Cette opération très attendue vise à reconstruire les urgences, réhabiliter les services de spécialités et construire une hélistation. Des liaisons avec le centre Jean-Perrin seront également créées. Malheureusement, il va falloir (encore) prendre son mal en patience : les trois projets présentés au mois de mai ont été rejetés pour des raisons « fonctionnelles, techniques et financières ». La direction indique que le lancement des travaux sera « le plus rapide possible » et que le choix du maître d’œuvre devrait se faire « début 2018 » avec une enveloppe réduite de 75 à 50 millions d’euros. En attendant, l’asphyxie se poursuit aux urgences de Gabriel-Montpied : conçues pour recevoir 30.000 personnes par an, elles en reçoivent en effet le double.

Désamiantage. « GM3 » (voir par ailleurs) sera construit sur l’emprise de l’actuelle aile HO, actuellement en cours de désamiantage. La démolition du bâtiment nécessitera l’évacuation de 2500 tonnes d’amiante et 20.000 tonnes de déchets divers. Débuté fin 2016, le chantier devrait s’achever au mois de novembre. Le coût de l’opération avoisine les 15,2 millions d’euros.

Huit choses à savoir sur le CHU
Le site clermontois est la locomotive d’un groupement hospitalier de territoire composé de 15 établissements et 15.700 agents.

Solidarité territoriale. Obligation légale, un groupement hospitalier de territoire a été constitué en 2016. Il regroupe 15 établissements et 15.700 agents. L’objectif est de structurer une offre de soins publique pour répondre aux besoins de la population. Rien qu’à Riom, le CHU de Clermont-Ferrand déploie par exemple 5,75 ETP dans une petite dizaine de spécialités. Ce groupement permet d’acheter des équipements lourds en commun, d’effectuer des recrutements concertés ou de « partager » des équipes médicales sur le territoire. « Le but n’est pas de restreindre le service public mais de l’améliorer et de le développer là où c’est nécessaire » insiste Didier Hoeltgen, conscient que la démographie médicale est « compliquée et défavorable » sur certains secteurs.

Recherche. Au-delà de la recherche fondamentale, le CHU de Clermont-Ferrand veut travailler avec d’autres organismes sur la manière de mieux organiser ses services ou améliorer les conditions de travail du personnel. Notons que l’établissement participe au volet « santé » du projet « Cap 20-25 » labellisé I-Site de l’Université Clermont Auvergne. Objectif : faire du site clermontois le leader européen de la mobilité individualisée tout au long de la vie.


Le CHU de Clermont-Ferrand soutient « Auvergne pour un enfant ». En 17 ans, l’association a permis l’accueil, le soin et la guérison de 156 enfants et adolescents originaires de pays en développement. Tous souffraient de pathologies lourdes, principalement cardiaques. Le CHU assume les frais d’hospitalisation de 5 enfants par an, sachant que chaque prise en charge avoisine en moyenne les 17.000 €. Une belle chaîne de solidarité bénévole.  + d’infos : www.lauvergnepourunenfant.org

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