Stop Story

Stop Story

Retour vers le passé d’Info magazine avec ce reportage publié en juillet 1983. Il traitait de l’autostop qui fonctionnait encore pas trop mal sur la route. On n’en était pas encore au covoiturage. Nous avions choisi d’opposer des autostoppeurs sur un parcours long d’environ 370 km entre Montpellier et Clermont Fd.

Ces villes n’étaient alors par reliées par l’autoroute A75. En voiture, il fallait de 5 à 5 heures selon la circulation heures pour parcourir ces 370 km avec la traversée du Larzac et de nombreuses villes « bouchonnantes » comme Millau et Mende.

J’avais donc laissé quatre personnes à la sortie de Montpellier affichant des personnalités volontairement très distinctes. Une femme très BC-BG élégamment habillée, une étudiante âgée d’une vingtaine d’années, un homme avec un attaché-case (c’était la mode) qu’on assimila à un représentant en panne et … une jeune femme peu discrètement vêtue ; short moulant hyper court, maquillage outrancier. Elle en avait un peu trop fait de ce coté là et ce fut notre erreur.

Avec une grande naïveté, j’imaginais au vu de son physique avenant que c’était cette dernière qui resterait le moins de temps sur le bord de la route. Je spéculais que c’est le représentant au physique banal qui poireauterait le plus longtemps, le pouce à l’air. Tout faux !

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Proxénète ?

Ca n’a pas du tout marché comme prévu puisque c’est le représentant qui est arrivé le premier devant l’étudiante et la jeune femme BC-BG. En fait, j’ai été obligé de suivre avec mon véhicule les péripéties de cette dernière immédiatement assimilée à une péripatéticienne. Ce que nous n’avions pas imaginé. La pauvre n’a cessé d’essuyer des propositions salaces le long du parcours qui vaudraient certainement, aujourd’hui, d’être poursuivies par la justice. Voyant que ça foirait grave, j’ai décidé de la suivre en voiture en m’étonnant qu’elle ne reste parfois que 5 minutes dans un véhicule qu’elle quittait parfois en… courant

Je l’ai retrouvée dans le Larzac où elle courait le long de la chaussée poursuivie par un chauffeur routier. Tous les routiers n’étaient pas sympas. Ce qui m’a contraint à aller la défendre. Au vu de ma grosse voiture de luxe (Rover 2600), ce dernier imaginant que j’étais son proxénète, à voulu me casser la figure. Après, c’est la gendarmerie qui m’a suivi croyant avoir levé une affaire de prostitution. Super ce reportage. Encore une idée idiote de ma part ! Sans mon intervention, elle y serait encore…

Il est vrai aussi que cette jeune femme qui ne manquait pas de courage car d’autres avaient refusé avant elle, ne connaissait pas toutes les subtiles formulations de la langue française. Après l’avoir prise à son bord, un conducteur au regard caressant lui posa la question dont elle ne comprit pas exactement le sens « Etes vous une professionnelle de la route ? ». Croyant qu’il évoquait un métier lié à la route qu’elle s’inventa pour crédibiliser son stop, elle répondit par l’affirmative. Cinq minutes, plus tard, elle s’étonna quand il s’arrêta en baissant son siège. …

Patrice Verges

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