Anne Liénard « Se sentir à l’aise de venir au musée »

Anne Liénard  « Se sentir à l'aise de venir au musée »
« Faire au mieux pour que la collection puisse être vue par tous »

Anne Liénard, 36 ans, occupe depuis presque un an le poste de directrice du musée des Beaux-Arts de Limoges (BAL) à la suite du départ de Véronique Notin. Rencontre avec la garante du patrimoine du musée.

Info Haute-Vienne : Quel a été votre parcours professionnel jusqu’à votre nomination en février 2018 ?
Anne Liénard : J’ai étudié l’histoire de l’art pendant cinq ans à l’École du Louvre avec pour spécialité l’étude des arts africains. Ensuite j’ai travaillé au Musée du Quai Branly, en tant qu’assistante exposition puis pendant trois ans en charge de la documentation via Grahal, une société de services spécialisée dans la gestion du patrimoine. En 2011, j’ai décidé de passer le concours de conservateur. En l’obtenant, j’ai intégré l’Institut National du Patrimoine comme chaque lauréat, pour une formation de dix-huit mois au cours de laquelle j’ai été amenée à réaliser des stages au Musée d’Aquitaine de Bordeaux et au National Gallery de Cap Town en Afrique du Sud. Enfin en 2014, j’ai postulé au Musée des Beaux-Arts de Limoges, où j’ai d’abord exercé en tant que conservatrice du patrimoine en charge des beaux-arts, puis à la direction après le départ de Véronique Notin en février dernier.

Info : Qui dit nouveau poste dit nouvelles prérogatives…
A.L. : Oui et elles sont nombreuses. Bien sûr la responsabilité s’est accrue, j’ai dorénavant toute une équipe et son animation à ma charge. J’assure des missions à la fois scientifiques et administratives, il faut savoir passer de la mise en valeur de la collection à la gestion du personnel et du budget, du choix des expositions à la restauration de certaines œuvres. Mais le rôle principal d’un conservateur de Musée de France est de réaliser le projet scientifique et culturel (PSC) du musée, à savoir poser un diagnostic puis choisir et planifier une ligne directrice. Depuis que j’ai intégré cette fonction en 2018, nous avons, avec mon équipe, une réflexion de réorganisation interne afin de définir les grandes orientations et stratégies du musée. Pour le choix des expositions ou l’acquisition de nouvelles pièces, nous avons à cœur d’être cohérents. Par exemple, nous serons attentifs si un artiste a un lien avec Limoges ou s’il a déjà été proposé, si une œuvre enrichira notre collection ou permettra de compléter nos lacunes.

Info : Justement, de quelle œuvre possédée par le musée êtes-vous la plus fière ?
A.L. : Sans hésitation « Le Faune et le Printemps » de Paul-Élie Ranson. Il s’agit d’une peinture de 1895 dont nous avons fait l’acquisition récemment. A la suite de sa non-vente lors d’une mise aux enchères chez Christie’s à Londres, nous avons eu l’opportunité incroyable de l’obtenir gré à gré. Cette œuvre représente tout ce que nous voulons au BAL. Réalisée par un peintre local reconnu, fondateur du mouvement artistique nabi, elle méritait d’entrer au musée.

Info : À quoi peut s’attendre un visiteur en 2019 ?
A.L. : Sans dévoiler l’agenda culturel dans son ensemble, l’accent sera mis cette année sur la diffusion de l’art au public le plus varié possible. Nous avons le désir de faire au mieux pour que la collection puisse être vue par tous, qu’il s’agisse de l’exposition permanente ou des éphémères. Des supports seront installés et des manifestations organisées afin de se sentir à l’aise de venir au musée. Par exemple, nous allons effectuer la mise en place d’un dispositif pédagogique et revoir l’accès aux personnes malentendantes. La visite « À bouche que veux-tu » qui débute le 17 février est une activité familiale ludique qui va en ce sens. L’exposition temporaire qui se tiendra de mai à août prochain, « Au fil des toiles » , également. Sur le thème des textiles et des différents matériaux, le visiteur pourra littéralement toucher les œuvres pour mieux s’imprégner du travail artistique.

Paul Herbach
Photo : Yves Dussuchaud

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