Marc WilmartL’homme à la caméra

Limougeaud de cœur, Marc Wilmart a effectué presque toute sa carrière à France 3 Limousin en tant que journaliste et réalisateur de documentaires.

Marc WilmartL’homme à la caméra
« Ma passion pour l'image remonte à mes quatre ans ».

La vocation n’attend pas le nombre des années. La passion de Marc Wilmart pour l’image en mouvement remonte à la petite enfance. « J’avais quatre ans lorsque des amis de mes parents ont eu la merveilleuse idée de m’offrir un Pathé Baby pour Noël, raconte-t-il avec émotion. Ce fut déterminant dans l’intérêt que j’ai ensuite porté à l’image. Ce cadeau m’a marqué pour toujours ».
Marc Wilmart se souvient encore des dessins animés de Walt Disney qui émerveil-laient tant les enfants dans ces années d’après guerre où la télévision balbutiait. « C’était magique, certains camarades m’enviaient ce cinéma, l’un d’eux me l’a même volé mais je l’ai récupéré et toujours gardé. Il a été restauré par mon ami Gilles Arizolli». En effet l’appareil est en bonne place dans son salon.
Devenu journaliste Marc Wilmart travaille en presse écrite jusqu’en 1972, année il est embauché à Radio Limoges Centre Ouest qui deviendra France Bleu Limousin. « Je faisais les matinales à la radio et l’après-midi, dans les studios de télévision de La Bastide, j’enregistrais des commentaires. C’était l’époque des pionniers, nous décrochions pour le journal du soir avec le privilège extrême de faire 100 % d’audience ».
La profusion de chaînes n’existait pas à cette époque. « Nous étions un peu des ve-dettes locales, avoue-t-il gêné, cela s’est heureusement atténué par la suite ». Assez rapidement il va tourner des documentaires avec Charles Caunant pour le compte du Bureau Artistique Régional que dirige Serge Solon. Entre 1977 et 1980 il signe une série de documentaires sur les croyances populaires et la sorcellerie qui fera date. Il sera même dépassé par ce succès. « Des gens me téléphonaient pour m’exposer leurs problèmes et j’aurai pu m’installer ! ».
Il enchaînera avec « Histoire d’un crime » et deux documentaires sur le drame d’Oradour-sur-Glane tournés avec Michel Follin qui sortiront en 1988 et obtiendront le premier prix du Festival du Film du Patrimoine et du Ministère de la Culture.
« Le Centre de la Mémoire était en projet, le Président du Conseil général a tout de suite accepté notre idée. Nous voulions parler de la conservation du village et de la transmission de la mémoire grâce aux témoignages des rescapés. L’impact médiatique fut très important. Aujourd’hui il serait intéressant de demander aux Allemands qui étaient présents ce jour là de témoigner. Ils pourraient nous éclairer sur l’origine de ce drame qui fait encore l’objet de divagations multiples et de thèses négationnistes. Nous pourrions connaître enfin la vérité, même si une page s’est tournée depuis la rencontre des présidents français et allemand ».
Avec Gérard Follin, le frère de Michel, il tournera ensuite durant dix ans « Aléas », une centaine de chroniques dîtes de l’imprévisible. Elle survivra deux ans à la dispari-tion du réalisateur en 2001. Depuis près de cinq ans Marc Wilmart a fondé la Cinéma-thèque du Limousin dans le but de collecter et de sauvegarder des films tournés dans la région en les numérisant.
Une tâche de longue haleine qui porte ses fruits puisque plusieurs centaines de films de tous formats ont déjà été apportés. Il cherche à présent un local à Limoges pour entreposer tous ces trésors. Enfin l’association Culture et Patrimoine en Limousin qu’il préside vient de publier « Le Limousin sur grand écran », un bel ouvrage qui met en lumière un siècle de tournages dans notre région.

Corinne Mérigaud
Photo © Marc Wilmart.

 

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