Edito de Marc François du 12/09/2016

En retrouvant son indépendance, Emmanuel Macron souhaite s’exonérer de son bilan de ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique. Il veut surtout jouer sa carte personnelle.

« Macron, c’est autre chose, une autre façon de faire de la politique, un homme ouvert, libre, consensuel » entend-on parfois au beau milieu du concert entourant le médiatique ex-ministre de l’économie et promoteur du mouvement « En marche ! ».

Comment donc reconnaît-on un homme différent et à l’écoute des préoccupations des Français ? A sa jeunesse- état éphémère- à son ascension fulgurante, au fait qu’il ne porte pas de cravate et enfile des costumes dans l’air du temps ? A son itinéraire dans les milieux pas toujours scrupuleux de la banque ? A son pouvoir d’attraction médiatique ?

Ambition dévorante

Et si, au contraire, loin du tableau idéal en forme d’illusion, Macron représentait une sorte de parangon de l’homme politique moderne, un paroxysme presque caricatural ? Et si son ascension témoignait plutôt de ses qualités de courtisan, prêt à toutes les flatteries et les tromperies pour parvenir au sommet ? Rusé et opportuniste ? Macron a grandi politiquement dans l’ombre de François Hollande qui l’a propulsé sur le devant de la scène en habile manœuvrier des courants et des tendances de son propre camp. Il n’hésite pas aujourd’hui à abandonner son mentor, orchestrant son départ en grandes pompes, au moment propice afin de ne pas ternir son étoile. Il quitte un navire en perdition pour assouvir une ambition dévorante et mieux attendre son heure. Et si son positionnement politique un peu à gauche, pas mal à droite, peut-être au centre ou le cul entre deux chaises répondait davantage à un choix stratégique qu’à des convictions d’ordre idéologique ? S’il agissait pour mieux louvoyer et nouer des alliances ?

Macron, dit-on, est un libre penseur, au-delà des partis, des écuries. Peut-être, en réalité, n’est-il que conformisme et illusion.

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