Jean-Jacques Genebrier« 30 % des étudiants sont boursiers »

28 millions d’euros de budget, 300 personnes mobilisées… Le CROUS de Clermont-Ferrand prépare activement la prochaine rentrée étudiante, comme l’explique son directeur.

Jean-Jacques Genebrier<br>« 30 % des étudiants sont boursiers »
Fortement impliqué dans la vie culturelle locale, le CROUS fonctionne avec 70 % de recettes propres, insiste son directeur © Valentin UTA

I – Que pensez-vous de la nouvelle Ministre de l’Education Nationale ?
J.-J. G – Une jeune femme à ce poste, ce ne peut qu’être qu’une bonne nouvelle. Benoît Hamon avait bien préparé cette rentrée. Je pense que Najat Vallaud-Belkacem saura poursuivre ce qui avait été entrepris. Geneviève Fioraso, la secrétaire d’Etat chargée de l’enseignement supérieur, conserve son poste. J’imagine donc que nous allons rester sur les orientations du Ministère.

I – Quelles sont-elles ?
J.-J. G. – Le point fort est la construction de 40.000 logements sociaux étudiants dans les cinq ans. Nous avons un chantier à Clermont-Ferrand sur le campus des Cé-zeaux avec Auvergne Habitat. Les travaux ont démarré, pour une livraison en août 2015. Nous réfléchissons également avec l’Ophis à la création d’une résidence pour accompagner le déménagement de l’école d’architecture.

I – Comment s’annonce la rentrée étudiante ?
J.-J. G. – Des choses importantes ont été annoncées : l’augmentation de 0,7 % des bourses est par exemple un geste fort en direction des étudiants. Sur l’académie, nous avons reçu 22.000 dossiers sociaux étudiant – pour 16.000 mises en paiement environ – soit une hausse de 7 % en un an. Sur une année universitaire, 38 millions d’euros de bourses sont payées. Il faut savoir que 30 % des étudiants auvergnats sont boursiers. Ce taux est relativement important, et il augmente régulièrement depuis qua-tre ou cinq ans…

I – Combien gérez-vous de logements ?
J.-J. G. – Nous gérons 4000 lits, dont deux-tiers de cités universitaires « classiques » et un tiers de studios. Contrairement à d’autres régions, nous arrivons à loger tous les boursiers. Les étudiants ne doivent donc pas hésiter à faire une demande. Les chambres traditionnelles de 9m2 sont intéressantes financièrement, avec une location à 149 euros sans les aides au logement. Notre stratégie est de réhabiliter l’ensemble de ces chambres, en les mettant aux normes de confort internationales. En clair, nous y intégrons des cabines tri-fonctions avec WC, douche et lavabo… Le tout pour une vingtaine d’euros de plus. Difficile de trouver moins cher sur le marché.

I – Quel est le pourcentage de chambres rénovées ?
J.-J. G. – Sur l’académie nous sommes en retard, avec 34 % de chambres réhabili-tées. Un des défis du CROUS de Clermont-Ferrand est de traiter l’ensemble des chambres à l’horizon 2020, en rénovant un bâtiment par an. Un CPER (Contrat de Pro-jets Etat-Région, NDLR) est en cours. Nous avons sollicité les collectivités territoriales pour nous aider. L’Etat intervient aussi. L’objectif est également de prendre en compte les enjeux environnementaux, en isolant les façades, ce que nous n’avons jamais fait jusqu’alors. Le bâtiment « E » de Dolet sera refait en 2015. Nous venons de traiter une résidence à Montluçon. Il faut compter environ 26.000 euros pour rénover une chambre.

I – Comment se porte la restauration universitaire ?
J.-J. G – Le CROUS sert 1,3 millions de repas chaque année. La fréquentation est repartie à la hausse depuis quatre ans. L’analyse n’est pas simple : on constate une augmentation de la fréquentation étudiante, une stagnation des personnels et une forte fréquentation des kiosques (restauration rapide, NDLR) car la pause méridienne est de plus en plus étroite. Le repas étudiant sera à 3,20 euros à la rentrée. Nous pourrions également ouvrir des structures sur les sites des futures écoles de management et d’architecture. Des études sont en cours.

I – On a beaucoup parlé d’insécurité à Saint-Jacques… L’avez-vous subie ?
J.-J. G. – (Il réfléchit, prudent) Oui. Nous avons eu quelques difficultés lors de l’ouverture du bâtiment D. Quelques intrusions. Des incivilités, forcément pénibles. Idem l’été 2013. Nous avons donc pris la décision d’implanter une vidéo-protection sur l’ensemble du site de Dolet. Nous avons dû également rehausser des grilles. Cette année, c’est plus calme. Les étudiants doivent pouvoir travailler tranquillement.

Entretien
Emmanuel THEROND.

CV1956Naissance à Feurs (42)1981

Journaliste dans la presse quotidienne régionale, puis cadre en agence de communication et de conseil en marketing

1995

IRA de Lyon puis directeur de la restauration universitaire à Saint-Étienne

2000

Agent comptable coordonnateur de groupements de commandes sur le département de la Loire

2004

Directeur du CLOUS de Saint-Etienne

2013

Directeur du CROUS de Clermont-Ferrand

 

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