Ce resto qui pense aux déficients visuels

Ce resto qui pense aux déficients visuels
La Jeune Chambre Economique a remis une « carte sonore » à l’établissement il y a quelques jours © Emmanuel THEROND

« Le Wylder » est le premier établissement clermontois à avoir adapté sa carte.

Le quotidien d’un mal voyant est semé d’embuches. Prendre un repas au restaurant ? Certains n’y pensent même pas. D’autres se font accompagner… Il faut aussi solliciter le personnel pour lire la carte, détailler les plats, décrire ce qui posé sur la table. Ou alors, pour éviter tout ça, commander un plat du jour. C’est d’autant moins évident que les serveurs sont souvent démunis (pour ne pas dire maladroits) face au handicap ou à la différence.

Dictaphone, noir agrandi, braille…

« Aller au restaurant est un peu un défi, sauf quand on connaît bien l’établissement. C’est toujours gênant. On ne veut pas monopoliser les serveurs » témoigne, aux côtés de son chien Flamme, Anne Archet, une déficiente visuelle du Puy-de-Dôme.
Partant de ce constat, la Jeune Chambre Economique (JCE) de Clermont-Ferrand propose aux restaurants (moyennant 80 €) de s’équiper de cartes sonores. Ce kit comprend un dictaphone pour enregistrer le menu, une carte en braille, une carte en « noir agrandi », un macaron pour valoriser la démarche et des conseils pour le personnel.
« Le but, c’est vraiment de faciliter le quotidien des personnes en situation de handicap » souligne Sophie Payen, présidente de la JCE. Ce projet solidaire a été réalisé grâce au soutien de la MACIF et de l’association « Braille et Culture ». « Nous faisons aussi de l’adaptation de sites touristiques, du conseil, des formations, de la transcription et de la mise en accessibilité » précise Sandrine Ramery, membre de l’association.

Objectif : 1000 restaurants en France

A Clermont-Ferrand, c’est le restaurant « Le Wylder », situé dans le Centre Jaude, qui a été le premier à s’équiper. Apparemment, il n’a pas hésité une seconde. « Pour nous, c’était quelque chose de normal. Nous l’avons fait pour pouvoir mieux accueillir les déficients visuels, pour qu’ils gagnent en autonomie et en indépendance » soulignait Gauthier, le représentant de l’établissement, lors de la remise du kit.
D’autres restaurants clermontois ont fait part de leur intérêt. Il s’agit du « Petit Tandoori » (30 rue des Petit Gras), du « Fiesta Grande » (32 rue des Chaussetiers), de « La Vache qui Tête » (24 rue de l’Ange) et de « La Toile » (40 avenue Lavoisier à Aubière). Né à Arras et Lille, ce projet solidaire a vocation à être déployé sur l’ensemble du territoire national. « En tout, ,nous visons 1000 établissements » précise Hélène Fosse, membre de la commission « cartes sonores » à Clermont-Ferrand.

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