« Un édifice très contextualiste » Eduardo Souto de Moura est l’architecte du projet.

« Un édifice très contextualiste » Eduardo Souto de Moura est l’architecte du projet.

Qu’avez-vous voulu raconter à travers cette réalisation ?

Je ne voulais rien raconter. L’architecture n’est pas narrative. Ce que j’ai fait, c’est répondre à un programme, à une question. On appelle les architectes pour cela. Quand ça marche bien, je suis content ! A partir d’une pièce centrale, qui est la Scène Nationale, je pense contribuer à régler un problème à l’échelle du quartier.

L’ancienne gare routière sera la pièce maîtresse de la Comédie…

Je devais l’intégrer dans le nouvel édifice. C’était très difficile à cause de l’échelle. Cela a conditionné les proportions des autres bâtiments. De plus, je ne voulais pas faire un nouvel édifice juste en conservant l’ancienne façade. Je voulais que ce patrimoine serve, qu’il ne soit pas un simple « collage ». Du coup, la gare routière sera la porte d’entrée naturelle de ce nouveau théâtre. La contrainte s’est finalement transformée en avantage.

Le défi était donc intéressant ?

Oui. Ce projet m’a permis de découvrir un architecte que je ne connaissais pas très bien, Auguste Perret. Il a le même langage que Valentin Vigneron, l’architecte de la gare routière. J’ai essayé de continuer un peu son travail. Je ne suis pas en rupture. C’est donc un édifice très contextualiste. En parallèle, il fallait aussi que je fasse vivre cette partie arrière, un peu abandonnée, avec une nouvelle façade.

La pierre de Volvic, c’est juste pour le symbole ?

Non ! Je ne suis pas régionaliste. Cela ne m’intéresse pas beaucoup… Le régionalisme, c’est fini ! Au Portugal, j’utilise de la pierre chinoise, car c’est meilleur marché, du béton espagnol… J’ai choisi la pierre de Volvic car je voulais une pierre foncée, qui aille bien avec le béton. De plus, c’est un édifice public : or, la pierre de Volvic donne une certaine cérémonie à l’entrée.

Avez-vous fait d’autres théâtres ?

Non, c’est mon premier. On m’a invité à rentrer dans ce concours. Ces derniers temps, j’ai essayé de faire un hôpital, j’ai gagné, un stade de football, j’ai gagné… et maintenant un théâtre et j’ai gagné. La vie continue !

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