L’arbitrage en questions à travers une exposition

L’arbitrage en questions à travers une exposition
La vidéo s’est imposée dans le rugby. Certains reprochent même au corps arbitral un recours trop systématique à cet outil (© archives Info)

Y a-t-il but ou pas but ? Faute ou pas faute ? Seul l’arbitre peut en décider dans le temps du match. Mais, les supporteurs, les commentateurs, parfois les entraîneurs ou les joueurs, n’ont de cesse de refaire le match ! La vidéo est alors souvent évoquée comme la solution ultime, le juge de paix. Mais de quelle(s) manière(s) la technologie influence-t-elle l’arbitrage ?

C’est la question au centre de l’exposition « L’arbitrage de demain ? Technologies et décisions ». A l’heure même où la FIFA expérimente l’arbitrage vidéo, le PERF Arbitrage, la Bibliothèque Université Clermont Auvergne et le Laboratoire ACTé de l’Université Clermont Auvergne proposent différents éclairages scientifiques et techniques afin d’étayer le débat.

« La technologie est souvent posée comme le moyen de garantir véritablement la justice sportive, comme la possibilité d’établir la réalité des faits, comme le support d’un arbitrage zéro défaut. Cependant les représentations des trajectoires de balles, tout comme les images vidéo utilisées pour arbitrer dans différents sports, sont technologiquement construites. Quelles sont leurs modalités de construction ? Quelle est la fiabilité de ces technologies ? Mais envisager les apports de la technologie à l’arbitrage suppose avant tout de s’intéresser à ce qu’est « arbitrer ». S’agit-il d’établir des faits ? De trancher en cas de litige ? De permettre la performance sportive ? », s’interroge Géraldine Rix-Lièvre, professeure des universités, déléguée générale du PERF Arbritrage.  

CINQ THEMATIQUES

Les cinq pôles thématiques de l’exposition confrontent donc les visiteurs à toutes ces questions. Le premier pôle intitulé « Que le meilleur gagne ! » montre que l’arbitre est indispensable dès qu’il s’agit de sport. Sans arbitre, pas de sport ! Pourquoi ? Parce que le sport cherche à établir des performances dans un cadre formalisé par les règles du jeu. Apparaît alors la nécessité d’une personne neutre, garante de l’esprit du jeu et responsable de la validité du résultat : l’arbitre.

Le pôle 2 « De la règle du jeu à l’arbitrage » expose les exigences qui pèsent sur l’arbitrage et présente les ressources dont les arbitres disposent pour assurer une bonne application des règles du jeu.

L’arbitrage en questions à travers une exposition
Géraldine Rix-Lièvre, professeure des Universités et déléguée générale du PERF Arbitrage (© archives Info).

Le pôle 3, « De la complexité de l’arbitrage », envisage l’activité effective de l’arbitre. Si l’arbitre est le « referee », celui qui rappelle la référence, la règle du jeu, c’est aussi un « umpire », le tiers qui tranche dans l’instant pour assurer la continuité du jeu. Sa décision peut se fonder sur un fait, mais elle peut tout autant reposer sur l’appréciation de la dynamique de l’activité des joueurs ou sur une délibération.

Le pôle 4 « La panacée technologique » présente différents dispositifs d’aide à l’arbitrage et met en évidence la nature des décisions privilégiées par chaque dispositif. Le « VideoCheck » utilisé au volleyball, la « GoalLine Technology » au football, les plastrons au taekwondo, les dispositifs d’arbitrage vidéo au rugby (TMO) et au football (VAR) sont présentés et leurs impacts sur l’arbitrage et sur le sport lui-même sont questionnés.

Enfin, le pôle 5 « Arbitrer dans un sport spectacle » repositionne ces débats dans le contexte social, économique et médiatique du sport de haut-niveau ; un contexte où la performance arbitrale ne peut être déconnectée des attentes du public, des productions médiatiques, des exigences des diffuseurs TV… L’évolution de l’arbitrage va de pair avec l’évolution du spectacle sportif. Qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, cette exposition met en évidence les collaborations nécessaires entre différents acteurs pour penser l’arbitrage de demain.

Pratique : l’exposition est présentée du 2 octobre au 22 décembre, à la BU des Cézeaux, Campus des Cézeaux, 6, place Vasarely à Aubière.  Ouverte du lundi au jeudi : de 8 h à 21 h et le vendredi : 8 h-19 h. Entrée libre. Exposition tout public y compris scolaire. Renseignements au 04.73.40.74.90

Laisser un commentaire