Pascal Girodet : la preuve par 7 !

Pascal Girodet : la preuve par 7 !
Pascal Girodet a fait du karaté un art de vie

Ce professeur de karaté clermontois, également enseignant en Staps à l’Université, est le seul licencié en Auvergne à avoir atteint le niveau 7e dan. A 50 ans, il ne compte pas s’arrêter là…

C’était au mois de janvier dernier, à Paris. Pascal Girodet obtenait brillamment son 7e dan de karaté. Après la rédaction d’un mémoire sur sa pratique personnelle, le pratiquant devait effectuer une prestation, seul et en opposition, avant de satisfaire également à un entretien avec les membres d’un jury de haute volée. Des pairs dont les moins gradés affichaient 8 dan à la ceinture, soit quasiment la cime de la pyramide en karaté (le plus haut gradé en France est maître Hiroo Mochizuki 10e dan). Onze ans après son 6e dan, obtenue à l’âge minimum de 40 ans, Pascal Girodet a donc franchi un palier supplémentaire. Ce prof est aujourd’hui le seul licencié auvergnat dans sa discipline à atteindre ce niveau. L’impétrant fait tout de même remarquer qu’Hervé Delage, un Moulinois, a atteint ce niveau avant lui mais ce dernier est licencié en Bourgogne. Il évoque également les frères Nguyen, dont certains ont un niveau supérieur en viet-vo-dao, l’art martial vietnamien.

Plutôt discret dans la vie, Pascal Girodet ne va pas prendre la grosse tête. Pas le genre de la maison. Mais peu de gens oseraient lui en mettre une… Un inconscient avait bien tenté sa chance, à l’aide d’un tesson de bouteilles. C’était dans les années 90, au cours d’une soirée étudiante organisée dans l’antre de la tour de Rochefort, près d’Issoire. L’intervention fut brève. Efficace. On imagine que l’individu doit aujourd’hui porter un appareil dentaire… Les faits sont prescrits. Dieu merci. Celui qui a débuté le karaté dans les années 80, sous la houlette de Daniel Queneau, le reconnaît : « à l’époque, je recherchais un enseignement rigoureux et une certaine dureté dans le combat. »

Très vite pourtant, souhaitant approfondir sa connaissance de la discipline, Pascal Girodet s’est tourné vers d’autres activités : le yoga, les arts martiaux chinois, la self-défense, qu’il a enseigné en école nationale de police. « Tout cela m’a ouvert le champ de vision. J’ai aujourd’hui une représentation technique et historique, une approche transversale aussi qui me permet de prendre du recul. Je suis capable de faire des liaisons entre les différentes disciplines », analyse-t-il, en jetant un coup d’œil sur son parcours.

Pascal Girodet : la preuve par 7 !
: Le karatéka souhaite saluer tous les bénévoles de la Ligue et du Comité départemental de karaté et disciplines associées qui œuvrent dans l’ombre (absents sur la photo : Sylvie Grenier et Pierre Damoiseau).

UN TRAVAIL D’ECRITURE

Coucher en quelques lignes le CV de Pascal Girodet relève forcément de la gageure. Un laïus long et rectiligne comme un grand écart. Diplôme d’instructeur fédéral en 1990, diplôme de professeur de yoga en 1995, Brevet d’Etat d’éducateur sportif 2e degré en 1996, Master Staps « Sport et performance » en 2004, doctorat en biomécanique en 2012… pour ne citer que quelques lauriers. Côté vie professionnelle, Girodet doit composer avec un emploi du temps minuté : professeur de karaté dans deux clubs, au Foyer culturel et sportif de la Roche-Blanche Gergovie et à l’Amicale laïque de Cébazat, il anime également des stages en tant qu’expert en arts martiaux et intervient au niveau de la formation pour la Ligue d’Auvergne et la Fédération française. Enfin, il enseigne la bio-mécanique du sport et le karaté aux étudiants de l’UFR Staps aux Cézeaux. Pas le temps de s’ennuyer donc, d’autant plus qu’il consacre une dizaine d’heures par semaine à son entraînement personnel. Tôt le matin ou tard le soir au cœur de son dojo personnel.

Pascal Girodet, c’est donc la tête et les jambes, l’esprit et le corps. « Les deux ne sont pas opposés, c’est une philosophie intégrale. » Le 7e dan est persuadé que les arts martiaux sont aujourd’hui « plus utiles que jamais », qu’ils sont à la fois un moyen d’accomplissement personnel et collectif. « Ils m’ont permis de comprendre les valeurs humaines. C’est un chemin de vie. »

L’avenir ? Le Clermontois souhaite prendre plus de temps pour formaliser ses recherches. « Je veux entamer un travail d’écriture. Toute ma vie, j’ai acquis des connaissances et j’entends bien continuer à apprendre. »

Orphelin de mère très jeune, Pascal Girodet a construit sa vie autour et pour le karaté. Avec lui, il s’est ouvert aux autres. Sa rencontre avec l’immense naturaliste et philosophe Théodore Monod l’a marqué. Comme lui, il a marché. Notamment pour l’association Demain Debout. 1200 kilomètres en cinq ans et récolté 14.000 euros en donnant des cours d’arts martiaux dans les villes traversées. Lui qui adorait le combat plus jeune s’est aujourd’hui assagi. « Nous ne sommes pas là pour apprendre à se battre, le karaté apporte bien plus que cela », affirme-t-il derrière son regard azur.

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