Parole de psy : Jalousie

Quand mon compagnon croise une femme, je suis instantanément foudroyée, rongée par la jalousie. Même s’il ne la regarde pas, j’imagine tout de suite le pire. S’il rentre, ne serait-ce qu’un tout petit peu, en retard, je suis persuadée qu’il vient de me tromper. C’est une souffrance épouvantable qui me rend tyrannique. Pourtant, j’essaye de me raisonner. Lui, de son côté, fait parfois des efforts pour adopter un comportement neutre ou effacé, mais c’est un bel homme qui plait…

La jalousie, c’est la crainte de perdre une personne aimée dont la présence vous semble indispensable. Vous vous imaginez une autre femme, qui profite à votre place, de ce que cet homme peut vous offrir.

Parfois, nous avons l’impression que les émotions dictent notre vie. Elles naissent en partie de notre imaginaire et en partie de la réalité. Selon les époques, il a été considéré que l’émotion était le contraire de la raison et qu’elle était préjudiciable à l’individu, ou, au contraire, nécessaire à sa compréhension de « l’âme ».

La jalousie, c’est un peu comme la passion. Les fonctions intellectuelles se modifient, le jugement n’est plus global mais se polarise sur un champ restreint. Votre vision du monde extérieur s’en trouve déformée. Mais vous restez ancrée dans la réalité par des faits, par « des points de passage ». Votre comportement n’est pas totalement absurde et reprend pied dans la réalité quand la passion s’apaise.

Le reste du temps, vous interprétez les situations à partir d’un filtre qui est le vôtre. Cela vous emprisonne et vous fait souffrir. Mais, et c’est là tout le paradoxe, c’est un peu comme si vous ne pouviez pas vous en passer. D’ailleurs, vous avez choisi un partenaire qui plait aux femmes. Ainsi, êtiez-vous sûre de pouvoir réactiver vos tourments…

Les motifs inconscients de la jalousie sont souvent importants. Nous pouvons le comprendre en prenant un exemple pathologique. Une dame travaille avec des jeunes en difficulté. Elle croise le regard d’un jeune homme, alors qu’elle va s’occuper d’une jeune femme. Elle apprend, que peu après, il raye la voiture de ses parents, qui passent plus de temps avec sa petite sœur qu’avec lui, ce qui attise sa rivalité fraternelle. La dame s’interroge sur sa maladresse à elle, sur sa responsabilité involontaire : elle l’a peut être rendu jaloux. Il a été important pour elle, de lui restituer à lui, la pensée qui a présidé à son acte. Il est à noter que l’acte – rayer la voiture – qui est motivé par la jalousie inconsciente, est interprété, dans un premier temps, par d’autres collègues, comme un geste d’agressivité et puni.

La jalousie nous fait commettre des folies sans que nous ayons conscience de ce qui se joue pour nous.
C’est souvent l’expression symbolique d’un trouble plus fondamental.

En général, la jalousie passe quand celui ou celle qui en était l’objet, prend le large. Mais la situation est plus problématique si elle se renouvelle encore et encore. Vous dites « dés qu’il croise une femme… », votre souffrance s’active pour une, puis une autre, puis une autre… Alors, il faut vous questionner sur le choix que vous avez fait de ce partenaire, s’il contribue à entretenir votre comportement. Vous devriez explorer les motifs inconscients qui vous animent, afin de découvrir, au-delà de l’écume, l’essence de vos tourments. Et enfin, vous devriez réduire « l’énergie » que vous gaspillez dans cet imaginaire enfermant pour la réinvestir dans le réel, pour vous désengager d’une emprise affective trop aliénante.

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