Drones : la réglementation se renforce

Les drones ont rapidement détrôné les autres jouets télécommandés. Leur maniement très simple est cependant soumis à quelques règles qui, face à la multiplication des incidents, ont été renforcées…

Drones : la réglementation se renforce
Ces aéronefs sont maniables et très stables…

Rapides, maniables, faciles à piloter et souvent dotés d’une caméra embarquée permettant de voir comme si on était à bord, pas étonnant que les drones aient été nombreux au pied des sapins l’an dernier, et seront encore les vedettes de Noël 2016.
Au-delà d’une utilisation ludique, dans un périmètre privé, ces quadricoptères ont commencé à causer divers incidents. Face à leur multiplication, les autorités ont renforcé la réglementation obligeant désormais à déclarer tout aéronef d’une masse égale ou supérieure à 800 g et imposant aux vendeurs de neuf ou d’occasion d’y adjoindre une notice d’utilisation rappelant les règles de sécurité.
Cette situation n’étonne pas Lydie Quéroi, la propriétaire du magasin Minimodels à Limoges qui rappelle que « la prise de vues aériennes est réservée à l’armée depuis 1902 ». Certes, il y a toujours eu des photos aériennes depuis des aéronefs, mais ces vols étaient encadrés et déclarés auprès de la Direction Générale de l’Aviation Civile.
« Les drones sont très faciles à piloter, bien plus qu’un hélicoptère, et ils sont plus ludiques que d’autres modèles radiocommandés. La caméra embarquée est également un bon argument de vente, mais j’insiste sur le fait que les images captées en dehors de la sphère privée ne doivent pas être publiées, sous peine d’enfreindre le droit à l’image ou à la protection de vie privée ».

Drones : la réglementation se renforce
Rapides, faciles à piloter et souvent dotés d’une caméra embarquée…

ZONES INTERDITES

Contrairement à l’aéroport de Roissy, la DGAC Sud-Ouest n’a, pour l’heure, déploré aucun incident sur ses installations. Elle rappelle d’ailleurs que le survol de l’aéroport de Limoges Bellegarde sans autorisation est strictement interdit, ainsi que certaines zones sensibles ou à forte densité de population, comme la ville de Limoges.
« Nous avons un accord avec les opérateurs professionnels qui doivent nous prévenir lorsqu’ils envisagent d’utiliser des drones pour des prises de vue aériennes. » ajoute-t-on à la DGAC.
Mario Ventura, qui a créé l’Œil de Zeus il y a deux ans, a dû passer son brevet théorique de pilote d’ULM pour exercer son activité et déclare toujours ses scénarios de vol à la DGAC.
« Je dois même demander l’autorisation de décollage à la tour », prévient-il. Il opère deux modèles agréés, qu’il ne peut cependant pas faire voler à plus de 150 m de haut et ne doit jamais perdre du regard.
« Il faut de bonnes conditions météo, pas de pluie, ni de brouillard ou de vent trop fort », ajoute-t-il. Et pas question de déroger à ces règles sous peine d’une forte amende ou d’emprisonnement.
Cela n’a cependant pas empêché certains individus de survoler à plusieurs reprises, des centrales nucléaires, provoquant une certaine émotion des pouvoirs publics qui ont été contraints de déployer différentes méthodes pour neutraliser ces drones.
L’une consiste à brouiller la fréquence radio assurant la télécommande, l’autre est animale, avec des faucons dressés à les intercepter.

Drones : la réglementation se renforce
Avant de décoller, le drone doit être correctement initialisé

PARFOIS DANGEREUX

Mario Ventura est un pilote certifié dont les deux drones possèdent chacun leur manuel d’activité particulière, une sorte de carnet de bord de l’aéronef, qui doit être strictement tenu à jour. Mais il peine encore à vivre de cette activité.
Le drone rendant nettement plus facile et beaucoup moins chère la photo aérienne, le nombre de prestataires a explosé.
« En 2012, il n’y avait que 90 entreprises de ce genre en France, aujourd’hui, nous sommes plus de 2.900 ».
Avant chaque vol, il vérifie le bon état de fonctionnement de ses drones. Le risque principal reste la collision avec un piéton ou un autre usager du ciel. Les dégâts peuvent être conséquents, surtout lorsqu’il s’agit d’un drone puissant, raison pour laquelle les engins de plus de 2 kg doivent être équipés de parachutes. Il y a également eu des cas d’explosion des batteries.
« Si une des quatre hélices se brise, l’engin devient vite incontrôlable », prévient Bernard Taupin, le président de l’Aéro-modèle Club du Limousin.
« Le public ignore la réglementation. Certains organisent des courses dans des champs sans même penser à demander l’autorisation au propriétaire », déplore-t-il, insistant sur l’utilité de se rapprocher d’un club.
La nouvelle loi, qui s’appliquera à compter de juillet 2018 touche aussi les amateurs d’aéromodélisme, dont les avions dépassent souvent les 800 g.
« Cette obligation est contraignante pour ceux qui possèdent plusieurs avions, mais nous espérons surtout qu’elle ne débouchera pas vers une nouvelle taxe », redoute Bernard Taupin.

Drones : la réglementation se renforce
L’aéro-modèle club du Limousin forme à l’utilisation des drones…
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Les images captées par le drone sont très spectaculaires…

http://amclmodelisme.fr/
http://oeil-de-zeus.fr/

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