Chantiers Jacquaires : bâtir pour se rebâtir

Chantiers Jacquaires : bâtir pour se rebâtir
Fabrice Cuisinier, directeur de l’association, Claude Perrier son Président et Emmanuel Pion, chef de travaux.

Depuis vingt ans, Les Chantiers des Chemins Jacquaires, association loi 1901, œuvrent pour la réinsertion professionnelle de personnes en difficulté ou éloignées de l’emploi.

Si aujourd’hui le champ de l’insertion propose un large panel d’offres, ce n’était pas le cas voilà deux décennies lors de la création des Chantiers des Chemins Jacquaires.
« L’association a été créée à l’initiative de Jacques Delpey qui était secrétaire général de la Préfecture, il désirait créer une association afin de réhabiliter le patrimoine communal placé sur les routes de Saint Jacques de Compostelle grâce à un chantier d’insertion rappelle Claude Perrier président. Il m’a contacté, j’ai accepté le poste pour trois ans et vingt ans après, je suis toujours là. A l’époque, l’insertion n’était pas structurée, nous avons recruté un coordonnateur chef d’équipe puis l’effectif a augmenté au fil des ans ».
Après démolition de ses premiers locaux près du collège Calmette, l’association a acquis voilà cinq ans une maison à deux pas de là. Quant au public, il n’a pas changé ainsi, les chantiers ont permis à plus de 500 personnes de bénéficier d’un Contrat à Durée Déterminée d’Insertion et de trouver une solution à 40% d’entre elles, à savoir une formation qualifiante ou un emploi classique.

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David et Yoann ont appris les bases de la maçonnerie.

restaurer le petit patrimoine

« Nous recrutons des agents polyvalents pour l’entretien des espaces publics au Val de L’Aurence et des manœuvres afin de restaurer le petit patrimoine bâti précise Fabrice Cuisinier, directeur. Les contrats sont de quatre mois renouvelables, ils restent un an en moyenne parfois deux. Le profil est large mais ces personnes sont éloignées du monde du travail suite à un accident de la vie, divorce, détention, addiction… D’autres sont sans formation, certains étrangers n’ont pas été à l’école ».
Ils sont sélectionnés par différents prescripteurs, le Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi de l’Agglo, Pôle Emploi, Cap Emploi, les assistants sociaux et le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation.
Les deux conseillères en insertion définissent avec eux un projet professionnel pour les amener vers un métier via une formation en alternance. Ils interviennent sur des chantiers supports en maçonnerie (16 personnes) et l’entretien d’espaces publics (18 personnes) avec possibilité d’intégrer temporairement une entreprise durant leur contrat. Ils bénéficient également d’une remise à niveau en français.
« Le but est de leur redonne des bonnes habitudes, le respect de la hiérarchie, des codes du travail et horaires » ajoute-t-il. L’an denier, 40% sont entrés en formation ou ont retrouvé un emploi. « Nous avons eu une réussite exceptionnelle avec une Ougandaise qui parlait bien l’anglais mais pas le français raconte Véronique Gineste, conseillère en insertion. Elle a obtenu son Bac réceptionniste hôtellerie à l’AFPA après avoir appris le français ».

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Le mur de la terrasse du château de Losmonerie est achevé

Mur de 350 m

Propriétaire du château de Losmonerie, Guillaume de Villelume a fait appel à l’association pour remonter le mur d’enceinte de 350 m.
« J’ai connu l’association par l’intermédiaire de son ancien chef d’équipe précise-t-il, une première équipe est intervenue au départ puis une seconde et aujourd’hui, j’ai recruté l’un des jeunes à mi-temps pour deux mois. Je suis très satisfait du travail qu’ils ont effectué, j’ai même fait quelques recommandations à des propriétaires privés et des structures publiques ».
Plusieurs mois seront nécessaires pour achever le mur et restaurer la porte principale. Les projets ne manquent par la suite dans ce domaine du XVI ème siècle qui reprend vie. Les jardins seront ouverts au public en 2018. Les visiteurs découvriront la première collection française de framboisiers avec cent dix variétés.

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Le personnel intervient sur le petit patrimoine bâti.

Tremplin

Yoann, 23 ans, a été recruté par l’association depuis dix mois. Sans formation, il est intervenu sur différents chantiers, dernièrement il a participé à la restauration d’un lavoir à La Croisille-sur-Briance et posé des pavés à Magnac-laval et Oradour-sur-Glane.
« J’étais demandeur d’emploi lorsque la Mission Locale m’a proposé ce poste aux Chantiers Jacquaires et cela m’a intéressé. Après un entretien, j’ai été embauché et j’ai découvert le métier de maçon. En septembre, je commencerai une formation en maçonnerie chez les Compagnons. Cela me plaît de travailler à l’extérieur, de tailler des pierres, de les poser ». David, un cuisinier de 24 ans, ne trouvait d’emploi après son CAP.
« Je ne faisais rien hormis quelques petits jobs se souvient le jeune homme, on m’a proposé de travailler ici 24 h par semaine. Je suis en poste depuis huit mois, c’est un passage pour me remettre dans le bain du travail et trouver une formation. L’ambiance est conviviale, chacun a ses propres responsabilités comme dans une vraie entreprise, tout se passe bien. Au début, c’était difficile de maçonner, maintenant je sais caler les pierres. Je serai content de mon travail une fois que le mur sera terminé. L’association est vraiment un bon tremplin ». A la fin de son contrat, il compte préparer une mention complémentaire charcuterie traiteur.

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Au Val de l’Aurence, dix-huit personnes entretiennent l’espace public. (Photo © Les Chemins Jacquaires)

Corinne Mérigaud
Photos © Corinne Mérigaud & DR

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